Il n'y a pas si longtemps, on pouvait encore lire, inscrite sur les vieux wagons de marchandises des Chemins de fer, la mention : "Chevaux 12, hommes 40". Chiffres à ne pas dépasser pour éviter la surcharge. Cela signifiait aussi, hélas, que les hommes étaient logés à la même enseigne que les chevaux, et il en était de même à bord des navires. A bord d'un paquebot, les hommes avaient tout de même un petit avantage sur les animaux et les prisonniers : ils pouvaient se promener librement sur les ponts ou dans les entreponts qui leur étaient dévolus, mais ne devaient surtout pas se mêler aux autres passagers du navire. Le confinement et l'entassement à l'intérieur d'entreponts sans air, surchauffés, malodorants, un jour de tempête, avec l'appréhension, la peur, la fatigue, la puanteur et surtout le mal de mer, rendaient le transit assez dantesque. L'auteur nous raconte l'histoire des paquebots qui transportèrent régulièrement des troupes à destination de l'Extrême-Orient et de l'Afrique du Nord entre 1946 et 1962, tout en continuant d'assurer leur service civil. |