Nous buvons un café ou faisons le plein d'essence grâce
au travail des marins qui les ont acheminés, parfois au péril
de leur vie, toujours au prix d'une existence particulière. Qui accepterait
de ne pas être présent lors de la naissance
de son enfant ? De la mort d'un proche ? Après avoir discuté
quelques aspects de l'ethnologie appliquée à nos propres sociétés,
l'auteur récuse quelques clichés : les marins au long cours
ne sont pas des aventuriers mais « des
hommes d'intérieur ». La lecture symbolique de l'espace révèle
la vie des marins qui vivent plusieurs temps simultanés. Dans cet
univers à haut risque, il convient de se protéger de la mer
par des croyances, mais aussi des hommes par des pratiques comme le recours
aux silences et aux plaisanteries, pour parler sans heurter. Cette vie particulière,
ils l'ont apprise en partie lors du bizutage à l'école de
la marine, puis lors du passage de la Ligne. Nul ne peut vivre longtemps
dans un huis clos total sans une forte capacité d'adaptation. |