Il y a peu de temps encore, sur les cargos de la Marine
Marchande, les hommes d'équipage : matelots, chauffeurs, cuisiniers,
séparés dans la journée par leurs tâches diverses
ou par le quart, mettaient à profit leurs heures de repos à
la mer ou au mouillage pour se retrouver dans les réfectoires ou
sur le pont arrière. L'endroit le plus apprécié pour
ces retrouvailles était le panneau de la cale IV. On y jouait aux
cartes, on y bavardait, on y chantait parfois en s'accompagnant de quelques
instruments (guitare ou accordéon) et, surtout, on y savourait
les dernières histoires du bord. Celles qui faisaient sans détour
la réputation des sympathiques figures de proue et des
vilaines gueules de raie (ce dernier terme est le nom d'un noeud
à nombreuses torsades servant à réduire une élingue
et, par analogie, le surnom dont on affuble les marins grimaciers).
Ces récits ou rengaines de la cale IV apparaissent aujourd'hui
comme la suite logique des contes et chansons du gaillard d'avant. ET
cric! Et crac!... Elles appartiennent au patrimoine légué
par les marins de la “Marmar”. |