Le BELEM à La Rochelle (13-17 octobre 2010)
Françoise Massard
 
Toujours cliquer sur les photos petit format pour les agrandir - Un clic gauche sur l'ancre-vignette dans le bandeau de bas de page ramène en haut de page

Le BELEM est arrivé à La Rochelle le 13 octobre au soir pour la présentation des skippers de la course Velux 5 océans qui emmènera les monocoques ECO 60 autour du monde (de La Rochelle à La Rochelle), en franchissant le Cap de Bonne Espérance et le Cap Horn. Cette course en solitaire, avec escales, durera environ neuf mois. Ci-dessous quelques photos du BELEM amarré au quai Eric Tabarly du Bassin des Chalutiers à La Rochelle (photos du 16.10.2010).

BELEM
BELEM
BELEM
BELEM
BELEM

BELEM
BELEM
BELEM

Jolie mâture acier destinée à recevoir les 21 voiles (1 200 m2 en tout) - Cf. plan de voilure

BELEM
BELEM
BELEM

Précédé de l'ex canot de sauvetage CPT DE FREGATE LEVERGER, le plus vieux "voilier marchand" français encore en service a quitté le Bassin des Chalutiers de La Rochelle ce 17 octobre aux alentours de 12h00. La vedette de lamanage ROCHEBONNE lui a passé sa remorque à l'avant, tandis que la vedette JULIAR a croché à l'arrière. Le convoi progresse tout doucement, passant sous le pont levant (bloqué en position haute pour une bonne partie de la journée, festivités obligeant).

Le CPT DE FREGATE LEVERGER est un canot de sauvetage tous temps construit en 1954 par le chantier fécampois Lemaistre pour la SNSM. Il était affecté à la station du Cap Ferret (Arcachon) qui le désarma en 1991 et en fit don au Musée Maritime de La Rochelle. Il est désormais labellisé bateau d'intérêt patrimonial (BIP) par la Fondation du Patrimoine Maritime et Fluvial.

Le BELEM est stoppé au milieu du sas, amarres tournées sur les bittes du quai. Puis les gabiers commencent à monter dans la mâture afin de commencer à dérabanter les voiles pour les établir. Le public, impressionné, retient son souffle.

BELEM
BELEM
BELEM
BELEM
BELEM

Lorsque les premières voiles sont déferlées, le convoi se remet tout doucement à avancer. Le pavillon de la course Velux - 5 océans flotte au vent (assez fort d'ailleurs).

BELEM
BELEM
BELEM
BELEM
BELEM

Le BELEM va rapidement larguer ses remorques

BELEM
BELEM
BELEM
BELEM

et faire route vers le large, au point de rassemblement des voiliers de la course, avant le grand départ ce 17.10.2010 à 16h00.

BELEM
BELEM

Le départ du BELEM marque le début de l'appareillage des bateaux de course qui, les uns après les autres, vont gagner la ligne de départ au large. Ci-dessous, les deux premiers concurrents. Prochaine escale : Le Cap (distant de 7 500 milles). Bonne route, bon vent !


Amarrés de l'autre côté du pont levant, quelques-uns des bateaux patrimoniaux du Musée Maritime de La Rochelle : la vedette météorologique FRANCE I (coque blanche), le chalutier ANGOUMOIS (coque rouge brique) et, à couple du FRANCE I, le remorqueur SAINT-GILLES et la vedette de sauvetage CPT DE FREGATE LEVERGER.

ANGOUMOIS - FRANCE I - SAINT-GILLES - CPT DE FREGATE LEVERGER
ANGOUMOIS - FRANCE I

La frégate météorologique FRANCE I fut lancée en 1959 par les Forges et Chantiers de la Méditerranée, avec comme port d'attache La Rochelle-Pallice. Elle quitta le 31.12.1985 le point géostationnaire R ou Roméo (47° N - 17° O), ses missions étant désormais relayées par les satellites météorologiques. Acquise par le Musée en 1988, cette vedette d'un peu plus de 76 m de long est le fleuron du Musée Maritime. Elle est classée au titre des Monuments Historiques depuis le 24 février 2004. Quant à l’ANGOUMOIS, c'est un ancien chalutier de pêche arrière, lancé en 1969 par les Ateliers et Chantiers de la Manche, pour le compte de l'Association Rochelaise de Pêche à Vapeur (ARPV). Racheté en 1984 par la SARMA (l'un des derniers armateurs Rochelais de pêche industrielle), il poursuit ses campagnes de pêche. En mai 1986, il est abordé par un palangrier espagnol, qui lui détruit tout son train de pêche. En panne de moteur depuis 1991, il est finalement retiré du service en 1992 (après 23 années de pêche). La SARMA en fait don au Musée Maritime et le chalutier est classé aux Monuments Historiques le 6 septembre 1993.

ANGOUMOIS
Photos complémentaires de l'ANGOUMOIS et du FRANCE I (La Rochelle, 29.09.2008)
ANGOUMOIS
FRANCE I
FRANCE I

FRANCE I (La Rochelle) - IMO 5119155 - Indicatif d'appel FNEJ - Navire-musée stationnaire - 76,41x12,58x7,17 m - TE 4,40 m - JB 1 886 - JN 389 - PL 650 t - Ptot 2 316 kW (trois moteurs diesel 4T-8cyl Paxman 8YLCM couplés à trois générateurs (de 825 kW chacun) alimentant deux moteurs électriques qui entraînent deux hélices à pas fixe) - V 12 nd - Constr. 1959 (Forges et Chantiers de la Méditerranée, Le Havre, France) - Pav. FRA.
ANGOUMOIS (La Rochelle) - IMO 6915831 - Indicatif d'appel FVRR - Navire-musée stationnaire - 38,21x8,41x6,10 m - TE 4,35 m - JB 289 - JN 113 - PL 213 t - P 809 kW (mot. 4T-8cyl Crepelle 8SN / hélice à pas variable) - V 14 nd - Cap. 200 m3 réfrigérés (trois cales) - Mâts de charge 2 x 3 t - Constr. 1969 (Ateliers et Chantiers de La Manche, Dieppe, France) - Pav. FRA.



Visite à bord du BELEM (le 16.10.2010)

Ci-dessous, le plan global du BELEM, dans sa configuration actuelle (Crédit Fondation Belem).

A gaillard - B atelier du Bosco
C cuisine - D grand roof - E petit roof
F dunette - G timonerie - H quartier officiers
J batterie - K quartier équipage
L cales - M salle machines

Sur le gaillard, les lignes de mouillage et le guindeau servant à virer l'ancre. C'est aussi de ce gaillard que l'homme de bossoir (le veilleur) scrute l'horizon et signale à l'officier de quart l'éventuelle présence de dangers difficilement visibles de l'arrière. Une cloche toute neuve (25 septembre 2010), don de la Caisse d'Epargne Normandie.


Ci-après, l'atelier du "Bosco" où sont entretenus les éléments du gréement et où sont préparés les éléments à renouveler (selon un programme d'entretien décidé avec le "Second Capitaine"). Le "Bosco" ou "maître d'équipage" est le chef des "gabiers". Il fait le lien entre les officiers et l'équipage. Sur la deuxième photo, l'atelier du "Charpentier". qui entretient, à bord, de nombreuses pièces de boiseries, perpétuant par la même occasion un savoir-faire tendant à disparaître. Les deux photos de droite montrent la cuisine située à l'emplacement de celle d'origine, mais reconstruite aux normes actuelles d'hygiène et de sécurité. Deux cuisiniers y préparent jusqu'à 128 repas par jour. Equipage et stagiaires sont conviés à table au son de la cloche située sur le mât de misaine (cf. ci-dessus).


Pont supérieur. Quelques poulies parmi les 250 (simples, doubles ou triples). Bois parfaitement vernis et cuivres reluisants.


C'est le Duc de Westminster qui fit construire le "grand roof" et le fit aménager en luxueuse salle à manger, afin d'y recevoir familles royales, grands industriels, artistes, etc. Ce grand roof a conservé les revêtements muraux en acajou de Cuba, ainsi que la grande descente à double révolution menant à l'actuelle "batterie". Devant la balustrade, le "charnier à eau", sorte de baquet qui contenait la ration journalière d'eau douce à l'époque où le BELEM naviguait comme navire marchand. Aujourd'hui, l'eau douce est produite par dessalement d'eau de mer grâce à deux osmoseurs. Conçue pour recevoir 48 stagiaires, la "batterie" occupe une partie des anciennes cales à marchandises. C'est le lieu de vie des stagiaires (postes avec bannettes, sanitaires communs). Autour de la longue table centrale de la partie salle à manger (ci-dessous à droite), les stagiaires se réunissent avec l'équipage pour partager leurs repas.


Le "petit roof" a été construit à l'époque irlandaise, puis rallongé vers l'avant pour être rattaché au "grand roof" pendant la période italienne. C'était, à l'origine, le fumoir de Sir Arthur Ernest Guinness. Il abrite un magnifique "coffre de Nuremberg" du XVIIe siècle, dans lequel les capitaines déposaient autrefois l'argent du navire et les documents importants. Le petit roof est la salle à manger des officiers. Sur la photo de droite, une "pioche" de rechange.


De construction beaucoup plus récente (1984), la timonerie (installée sur la dunette) protège des intempéries les instruments de navigation, de positionnement, les radios et instruments de transmission par satellites, ainsi que la table à cartes, la collection de cartes et les ouvrages nautiques. Derrière la timonerie, au fond de la dunette, la barre à roue dont l'axe est protégé par un coffre joliment décoré.


Vues plongeantes de la dunette vers le pont donnant accès à la salle machines


Clairevoie d'accès et escalier de descente à la salle machines



© Françoise Massard
  www.cargos-paquebots.net