Le RENARD à Paris (3-9 avril 2006)
Françoise Massard
Navires cités dans la page (ciquez sur leurs noms pour un accès direct) : - Alphea - Aurore - Bisquine - Clarisse - Créole - Emilie - Kent - La Confiance - Renard - Triton -

Mais quelle est l'histoire de cette réplique du dernier bateau de Surcouf ? C'est en 1988 que naquit l'Association du Cotre Corsaire dont le but était de concevoir un bateau à la hauteur du passé corsaire de Saint-Malo. Après réflexion, leur choix se fixa sur le RENARD, dernier bateau armé par Robert Surcouf en 1812. La construction débuta en mai 1989 et le bateau fut mis à l'eau le 18 mai 1991. Elle fut réalisée dans le célèbre Chantier Labbé qui ne sortit pas moins de 250 bateaux en une cinquantaine d'années. Le créateur de ce chantier, le charpentier de marine Raymond Labbé, qui s'est éteint fin 2005, était Conseiller technique pour les vieux gréements auprès du ministère de la Culture. Il fut le maître-d'œuvre non seulement de la réplique du Renard mais aussi de celle de la Bisquine de Cancale.


18 mai 1991 : le Renard est lancé depuis la cale de Dinan, à Saint-Malo
après des milliers d'heures de travail et un investissement d'environ 760 000 € (dont une grande partie prise en charge par la Ville)


Ses caractéristiques
Longueur
Longueur au pont
Largeur
Tirant d'eau arrière
Déplacement
Surface de voilure

19 m
17,35 m
5,78 m
2,78 m
44,5 t
249 m2




 
Gaillard d'avant et beaupré - Dunette et barre franche
 


Et Robert Surcouf, dans tout cela ? Né à Saint-Malo le 12 décembre 1773, il appartenait à une famille d'armateurs et comptait parmi ses ascendants des capitaines de corsaires du temps de Louis XIV (il était d'ailleurs apparenté à Dugay-Trouin par sa mère). Ses parents le destinaient à la prêtrise... il sera corsaire, l'un des derniers d'ailleurs (c'est en effet un autre malouin, Chateaubriand, alors Ministre des Affaires étrangères, qui met fin en 1814 aux "lettres de course", loi qui ne sera toutefois appliquée qu'à partir de 1856 !
Embarqué le 3 mars 1789 sur l'AURORE... qui se perdit au retour des Indes sur la côte du Mozambique; il débuta donc sa vie maritime par un naufrage ! En fait, embarqué comme mousse à 15 ans (certains textes disent 13), second capitaine à 17 ans et capitaine à 20 ans, il commanda le CRÉOLE, puis l'ÉMILIE (1795), le TRITON et la CLARISSE. Vers le milieu 1800, il se rendit célèbre sur toutes les mers après avoir capturé un vaisseau anglais de la Compagnie des Indes, le KENT, armé de 38 canons de gros calibre alors que son brick, LA CONFIANCE, n'en comptait que 18 (ou 20, selon les archives ?).
Durant ses quelques années de guerre de course, il ne fut jamais capturé ni bl
essé.


A partir de cette date (il a 28 ans), il rentra à St-Malo, y fonda famille (il n'eut que des filles) et devint un riche armateur. Il sera d'ailleurs l'un des premiers décorés de la Légion d'Honneur ! Il conserve néanmoins le goût de la course et c'est ainsi qu'il se fit construire en 1812 un petit cotre de 70 tx... le RENARD avec lequel il coula, en 1813, la navire anglais ALPHEA (illustration ci-dessus). Il mourut... dans son lit (de maladie), dans sa ville natale le 8 juillet 1827.

Nota : contrairement aux "pirates", souvent sans foi ni loi, et qui agissaient pour leur propre compte, les "corsaires" munis de "lettres de marque" ou "commission d'armement en course" agissaient pour leur pays. De Louis XIV à Napoléon 1er, les corsaires constituaient une véritable force d'appoint à la Marine nationale. Comme dit en préambule, les guerres maritimes, à cette époque, ne consistaient pas seulement à détruire les forces navales de l'ennemi, mais aussi à le ruiner en affaiblissant son commerce et son industrie. Et là, les corsaires, malouins en particulier, excellaient !

Serge LUCAS — Le Renard, cotre corsaire de Saint-Malo. Chasse-marée N° 74 (nombreux schémas, plans et photos durant la construction de 1989-1991)

Robert SURCOUF —
Un capitaine corsaire, Robert Surcouf. La Découvrance Editions, 1997, ISBN 2-910452-64-6 (ouvrage écrit par l'ancien Sous-Préfet Robert Surcouf, un descendant du frère (Nicolas Surcouf) du célèbre corsaire

Mes remerciements à Françoise Hilaire, Service de Presse de la Mairie de Saint-Malo,
et à Jean-Claude Weisz, directeur de l’Office du Tourisme de Saint-Malo, pour m'avoir laissé libre accès au Renard

Page précédente

© Françoise Massard
  www.cargos-paquebots.net