Attaquer
les navires de commerce du pays avec lequel on était
en guerre était la mission tout à fait légale
des corsaires. Au XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, priver le pays ennemi de ses approvionnements
en denrées alimentaires et en matières premières
contribuait à l'affaiblir en fragilisant son économie.
Les corsaires rusaient avec l'ennemi, d'autant plus que leurs
navires étaient souvent plus petits et moins bien armés
que les navires de commerce qu'ils attaquaient. |
|
Tableau
arrière du RENARD, Saint-Malo |
Les
navires pratiquant la "guerre de course" — laquelle
fut codifiée par une Ordonnance de 1778 — devaient
être munis d'une "Lettre de marque" paraphée
du Roi ou... de l'Empereur puisque c'est sous Napoléon
1er que cette "guerre économique"
trouva son apogée. Ces bâtiments civils suppléaient
une flotte de guerre insuffisante.
Au-delà du butin amassé, la capture des navires
marchands eux-mêmes de l'ennemi était l'autre but
des corsaires. |
|
"L'Angleterre
sentait si bien le mal que les corsaires bretons lui faisaient que la populace
de Londres, apprenant les captures faites par nos marins, se répandait
en lamentations et demandait la destruction de Saint-Malo. Des expéditions
furent tentées contre la ville aux remparts de granit, mais les bombes
incendiaires et les brulôts demeurèrent inoffensifs, la vieille
cité est toujours debout" (Archives, 1750) |
Insolite...
cette présence en ce 7 avril 2006 d'un cotre sur la Place
Raoul Dautry (du nom du brillant polytechnicien —1880-1951 —
qui présida pendant 10 ans à la destinée de ce
qui devait devenir la SNCF). Le RENARD est en effet installé sur cette esplanade de la Gare Montparnasse,
au pied de la Tour du même nom. C'est sur l'initiative de Jean-Claude
Weisz, directeur de l'Office de Tourisme de Saint-Malo que le RENARD s'offre
ainsi aux Parisiens du 3 au 9 avril, et ce pour attirer l'attention de l'arrivée
du TGV dans la ville malouine depuis décembre 2005 (St-Malo est désormais
à 2h45 de Paris). J.-C. Weisz insiste aussi sur le fait que 2006
sera, je cite, "l'année fabuleuse à Saint-Malo, avec
le rassemblement des Grands voiliers en juillet, la Route du Rhum en octobre,
sans oublier les autres évènements qui jalonnent habituellement
le calendrier (Étonnants voyageurs, Quai des bulles, etc.)". |
Comme le montre
la carte ci-dessus, le chemin n'est pas direct entre Saint-Malo et Paris...
Démâté, le Renard a donc navigué au moteur —
sous le commandement du Capitaine Vincent Bréavoine — entre
St-Malo et Le Havre, puis assisté de pilotes fluviaux, il a remonté
la Seine jusqu'au Quai de Javel où on le voit ici le 27 mars. C'est
une grue de 200 t qui sortit de l'eau les 70 t du cotre malouin
et le hissa à bord de la remorque. C'est donc en convoi exceptionnel
(longueur 24 m, largeur 6 m, hauteur 5 m) qu'il a traversé
Paris dans la nuit du 27 au 28 mars... au détriment de quelques branches
d'arbres (cf. article du Marin,
avec une superbe photo du Renard au pied de l'Arc de Triomphe !). |
Le
mât (plus de 18 m), les voiles et cordages (1,2 t) et les
canons et caronades ont été entièrement acheminés
par route. A l'arrivée à Montparnasse, les charpentiers de marine
ont dû s'activer pendant plusieurs jours pour remettre le Renard en
état. |
|