Le BELEM est un "
Antillais", surnom des navires qui assuraient, depuis le XVII
e siècle, le transport des épices, du sucre et du cacao entre les Antilles, le Brésil et le port de Nantes. Ces navires, de faibles tonnages (400 à 500 t), appartenaient à de petites compagnies maritimes dont la flotte comprenait généralement cinq à dix navires. D'abord construits en bois, ces voiliers commencent, à partir de 1890, à être construits en fer puis en acier. Lorsque l'armement
Crouan commande le BELEM en 1895 (pour remplacer le PARA, navire en bois construit en 1888 et qui vient d'être vendu à un armateur de pêche Fécampois), la technique acier est maîtrisée et la coque du voilier sera donc en acier, entièrement rivetée. Ses formes s'inspirent de deux navires précédents du même armement : les DENIS CROUAN et CLAIRE MENIER. La construction du BELEM débute aussitôt la commande passée et le navire est lancé le 10 juin 1896 et francisé le 20 juillet, après avoir été gréé en
trois-mâts barque. Vendu en 1914 au Duc de Westminster, il devient — sans changer de nom — un luxueux yacht de croisières (il est motorisé à cette époque). Revendu en 1921 au célèbre brasseur irlandais Arthur Ernest Guinness, il parcourt tous les océans du monde sous le nom de
FANTOME II jusqu'à la mort de son propriétaire en 1939. Abrité en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale, il est racheté en 1951 par la Fondation (italienne) Cini qui en fait un bateau-école sous le nom de
GIORGIO CINI. Il redevient français en 1979 et fait l'objet de travaux de restauration en 1980 afin de poursuivre sa carrière de navire-école sous les couleurs françaises de nouveau et sous son nom d'origine
BELEM. Il répond bien sûr aux exigences de sécurité / sûreté des codes
ISM et ISPS.