Navigation en Baltique (juin 2009) - Suite et fin
Françoise Massard

Navires cités dans cette page ( cliquez sur leurs noms ) : - Abbe - Europa - Madicken - Silja Europa - Silja Serenade - Vasa -


NAVIGATION DE TURKU (Finlande) A STOCKHOLM (Suède)

Ma courte navigation en Baltique arrive hélas à sa fin. Après une journée passée à Turku (navigation sur le fleuve Aura, puis visite du musée maritime et du chantier STX), j'embarque en soirée à bord du SILJA EUROPA, cap sur Stockholm. Nous chenalons pendant presque deux heures entre des myriades d'îles (l'Archipel de Turku en compterait 20 000 dit-on), au soleil couchant. Très agréable, mais sans doute moins drôle pour l'équipage par temps de brouillard, ce qui est évidemment fréquent à ces latitudes. Dîner à bord, dans une belle salle à manger panoramique (avec, qui plus est, un excellent buffet accompagné de bons crus). Puis l'obscurité nous enveloppe peu à peu..Rapide visite du navire, et je rejoins ma bannette car l'atterrissage est prévu tôt demain matin.



L'ensemble de la Finlande comporterait 300 000 lacs (de toutes grandeurs bien sûr) et 190 000 îles ! Soixante pour-cent des Finlandais ont une "cabine" en bois (plus ou moins grande) dans la forêt ou sur le bord d'un lac comme celle que nous voyons ci-dessus.

 
Pour mémoire, le port de Turku (60° 26' N - 022° 13' E / GMT+2) est situé sur la côte sud-ouest de Finlande, à l'embouchure du fleuve Aura, à peu près à égale distance (environ 320 milles) de Stockholm et de Saint-Pétersbourg. Il est ouvert toute l'année, et bien sûr accessible l'hiver grâce aux brise-glaces. Quatre chenaux, à travers l'Archipel de Turku, permettent d'atteindre le port (selon que le navire arrive de la Baltque, de la mer d'Aland, du Golfe de Finlande ou de Botnie). Son tirant d'eau maximal est de 10 m. Il comprend 5 km de quais et 220 ha de desserte et stockage. Ses installations portuaires lui permettent d'accueillir vraquiers, Ro-Ro, porte-conteneurs, citerniers, etc. Il possède plusieurs terminaux ferries (cf. cartes ci-contre - crédit Turku Harbour). Il reçoit annuellement environ 3 500 navires, ce qui correspond à un trafic marchandises autour de 4 Mt. Le nombre des passagers s'élève à 4 300 000.
 


Nuit à bord et arrivée à Stockholm au petit matin du 11 juin, par une atmosphère fort brumeuse. Je m'essaye quand même à quelques photos de notre navire, ce qui n'avait pas été possible au moment de l'embarquement. Ce transbordeur SILJA EUROPA est un véritable navire de croisières, avec un emport possible de près de 3 800 passagers (près de 1 200 cabines). Il peut égalerment embarquer quelque trois cent-cinquante voitures et une soixantaine de camions. Nous avions vu à Helsinki un autre navire (un peu plus petit) de la même compagnie : le SILJA SERENADE.

SILJA EUROPA
SILJA EUROPA
SILJA EUROPA
SILJA EUROPA
SILJA EUROPA

SILJA EUROPA (Mariehamn) - IMO 8919805 - Indicatif d'appel OJFN - Navire à passagers / Ro-Ro - 201,78x32,00x14,70 m - TE 6,80 m - JB 59 912 - JN 41 309 - PL 4 650 t - Ptot 31 800 kW (quatre moteurs MAN-B&W-Diesel AG 6L58/64 / deux hélices à pas variable) - V 21,5 nds - Cap. 3 746 passagers (1 194 cabines) / 60 remorques (52 couchettes pour les chauffeurs) / 350 voitures (926 m de linéaire) - Equipage 300 - Constr. 1993 (Jos L. Meyer, Papenburg, Allemagne pour les sections avant et arrière / Neptun Reparaturwerft, Rostock, Allemagne, pour la section centrale) - Propr./Gérant Silja Line (Helsinki, Finlande) - Pav. FIN.- Lancé comme EUROPA (1992).

A couple du ferry, la barge MADICKEN (IMO 1588293) et le remorqueur ABBE

Gros plan sur la cheminée du SILJA EUROPA et quelques vues de ses emménagements.

SILJA EUROPA
SILJA EUROPA
SILJA EUROPA
SILJA EUROPA
SILJA EUROPA

Le port de Stockholm (59° 20' N - 018° 03' E / GMT+1) est situé sur la côte est de la Suède. D'un tirant d'eau max de 11 m, il peut accueillir des navires jusqu'à 245 m de long et 35 m de large. Il dsipose de quelque16 km de quais et couvre environ 1 750 ha. Il y transite chaque année de l'ordre de 6 Mt de marchandises et 7,5 millions de passagers.

Quelques photos de Stockholm, capitale de la Suède, partiellement construite sur des îles. Temps malheureusement maussade, ciel très bas.



Et, bien sûr, on ne quitte pas Stockholm sans visiter le célèbre Musée Vasa (ouvert depuis juin 1990)
"Entre quatre heures et cinq heures, le nouveau vaisseau royal Vasa a chaviré et sombré".... c'était le 10 août 1628., lors de son voyage inaugural.
C'était le début d'une longue histoire, puisque le "vaisseau royal" fut retrouvé presqu'intact (1), debout sur le fond de la mer, trois siècles plus tard.

Le 10 août 1628, il faisait beau, le vent était faible, les quais au pied du palais royal étaient noirs de monde, et le fier VASA – avec à son bord une centaine d'hommes d'équipage et de nombreux invités (dont des femmes et des enfants) – s'apprétait à appareiller pour son "maiden voyage". Oui, mais voilà (sic) : "Quand les voiles se gonflèrent un peu plus, le Vasa se mit à donner fortement de la bande sous le vent, puis il se redressa quelque peu, mais en arrivant vers Beckholmen (en plein centre de Stockholm - NDLR), il se coucha entièrement sur le flanc, l'eau entra par les sabords et il sombra lentement, voiles et pavillon dehors." Son voyage avait été de... 300 m. Une cinquantaine de victimes furent hélas à déplorer.

(1) Les navires de bois coulés dans la Baltique se conservent étonnamment bien durant des centaines d'années, voire plus, car le taret, ce petit mollusque qui détruit tout ce qui est en bois, est absent des eaux trop peu salées de la Baltique.

VASA
VASA
VASA
VASA - Longueur hors tout de la coque 69 m (longueur de quille 47,5 m) - Largeur max. 11,7 m - Hauteur maximale (de la quille au sommet du grand mât de pavillon) 52,5 m - Tirant d'eau 4,8 m - Déplacement 1 210 t - Nombre de voiles 10 (surface totale 1 275 m2) - Equipage 145 hommes - Armement 64 canons (qui devaient être mis en action par 300 soldats)

Et pourtant, le lest maximum avait été embarqué, les 64 canons étaient bien arrimés, mais trop lourd dans les hauts, le bâtiment était instable. Son constructeur, le hollandais Henrik Hybertsson, était nonobstant très expérimenté. Simplement, les calculs de stabilité à l'époque étaient quasi inexistants et les naufrages étaient nombreux (et pas tous par faits de guerre). Ainsi, la Suède perdit, entre 1625 et 1629, quinze de ses plus grands vaisseaux auxquels le roi Gustave II Adolphe tenait tant : "Après Dieu, le salut du royaume repose sur sa flotte."

VASA (maquette)
VASA (maquette)
VASA (maquette)
Maquette au 1/10 (6,93 m de long pour 4,75 m de haut) réalisée par le Musée Maritime de Stockholm, entre 1985 et 1990. La coque est en chêne du Japon, les dix voiles en toile de lin et les cordages en chanvre.

De nombreux essais de renflouage furent tentés dès le XVIIe siècle, mais seuls des canons (une cinquantaine d'une tonne chacun) purent être remontés en 1664-1665 (en utilisant une cloche à plongeur). C'est l'ingénieur Anders Frenzén, l'un des plus éminents experts de l'histoire navale suédoise, qui découvrit l'épave le 13 septembre 1956. Une grande campagne nationale "Sauvez le Vasa" fut lancée et le sauvetage commença à l'automne 1957, sous la direction du découvreur Anders Frenzén et du chef-scaphandrier Per Edvin Fälting. Six tunnels furent creusés sous la coque (à 30 m sous l'eau) pour y faire passer d'épais câbles qui furent arrimés à des pontons remplis d'eau placés de part et d'autre de l'épave. L'eau des pontons fut progressivement pompée, les faisant remonter et par là-même tendre les câbles passés sous la coque. Celle-ci sortit peu à peu de sa gangue de vase et fut amenée, en une quinzaine d'étapes, dans des eaux de moins en moins profondes. Cela avait déjà demandé deux ans d'efforts. Bravo à la société suédoise Neptun (groupe Broströms) qui, en plus, a opéré gracieusement. Deux années supplementaires furent nécessaires pour calfater la coque et la consolider (des milliers de chevilles en bois furent enfoncées dans les trous laissés par les clous en fer rongés par la rouille, les sabords furent dotés de nouvelles portes étanches, etc.), et c'est le 14 avril 1961 qu'émergea le Vasa, soit 333 ans après son naufrage. Il était suffisamment bien conservé pour que, une fois l'eau à son bord pompée, il puisse de lui-même flotter sur sa propre quille et être remorqué jusqu'à un bassin de radoub. C'était alors aux archéologues, sous la direction de Per Lundström, de partir à la découverte des trésors cachés du Vasa (14 000 pièces furent répertoriées, dont 500 figures sculptées et 200 ornements).


VASA
VASA
VASA
VASA
VASA

Sa construction au chantier "Skeppsgärden" de Blasieholmen (un quartier de Stockholm) avait duré trois ans. Environ mille chênes avaient été abattus pour construire sa coque et ses mâts de plus de 50 m de haut. Aujourd'hui restauré (il a été, pendant plusieurs années, arrosé en permanence d'un produit de conservation à base de polyéthylène-glycol, afin d'éviter fissures et gauchissement) et reconstitué, il comporte 95 % de pièces d'origine.

VASA
VASA
VASA
VASA
VASA
A droite, peinture de Göte Göransson reconstituant la poupe du Vasa

La restauration du Vasa et les fouilles qui ont suivi ont permis non seulement de comprendre comment on vivait à bord d'un vaisseau du Roi au XVIIe siècle, mais aussi de découvrir un véritable trésor artistique, dont de nombreuses têtes de lion (le lion était le symbole de la puissance royale suédoise, le "Lion du Nord" étant d'ailleurs le surnom de Gustave II Adolphe), mais aussi des guerriers, des démons et des anges, des sirènes, etc., sculptures toutes chargées de symbolique évidemment.

Françoise Massard - 16.11.2009

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Escales

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