Croisière Italie - Brésil à bord du COSTA FAVOLOSA (nov.-déc. 2014)
Françoise Massard

 
La photo-vignette ci-dessus à gauche renvoie à la première page du dossier

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Mardi 25 novembre 2014

Quelques photos de la ville de BARCELONE (Espagne)

Avec 1,7 million d'habitants, Barcelone est la deuxième ville espagnole (après Madrid). Avec ses quartiers périphériques, sa population monte à 3 millions d'âmes. C'est, depuis le XIIe siècle, la capitale de la Catalogne, province qui compte en tout à peu près 7,5 millions d'habitants. Cette ville du nord-est de l'Espagne s'est développée le long de la côte méditerranéenne, dominée par plusieurs collines, dont la plus connue est celle de Montjuic. Elle est le siège d'une université parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses au monde. C'est un centre commercial très riche, siège d'activités industrielles fondamentales pour l'économie de l'Espagne toute entière. Son port domine la Méditerranée septentrionale. Les Catalans ont toujours revendiqué une particularité par rapport aux autres régions espagnoles, dont l'origine vient de la suprématie, pendant au moins 400 ans, de Barcelone dans l'histoire politique de la monarchie espagnole, aussi bien que dans celle du commerce européen. C’est, de nos jours, une ville très dynamique, une ville universitaire, avec un port très actif. Ville culturelle, elle compte de nombreux musées, théâtres, salles de concerts, etc. C'est une ville artistique très riche, marquée par de nombreux artistes (Picasso, Dali, Miro, Gaudi, Bofill, etc.).

Un peu d'histoire

Fondée par les Phocéens, la ville se développe à l’époque romaine, dans les premiers siècles de notre ère, sous le nom de Barcino (les Romains se seraient installés sur le mont Taber dès le Ier siècle av. JC). Les vestiges retrouvés dans le Barri Gòtic prouvent que cette colonie devait être déjà importante pour l'époque, tirant ses revenus de la pêche et de l'agriculture. Du Ve au XIIe siècle, la ville subit de nombreuses invasions (hordes Germaniques, puis d'Asie centrale, Musulmans, Francs, etc.). Mais au XIIe siècle, le mariage du comte de Barcelone (Raymond-Béranger IV) avec Pétronille d'Aragon donne naissance à la Confédération catalo-aragonaise dont l'expansion en Méditerranée est de plus en plus importante. La prospérité de la cité catalane est basée sur les activités du port : c'est à Barcelone que maquirent les premiers chantiers espagnols et que se développa le système bancaire. Les commerçants catalans furent pendant longtemps parmi les plus puissants du monde. C'est aux juristes catalans que l'on doit la rédaction du premier code de lois maritimes d'Europe. Barcelone devient un très grand centre de marché, et de nombreux édifices sont construits : l’art gothique catalan s’y épanouit et la ville déborde alors de ses murailles érigées au IIIe siècle. Mais à la fin du XVr siècle, la découverte de l'Amérique a pour conséquence de déplacer les échanges commerciaux vers l'Atlantique au détriment de la Méditerranée, et Barcelone entre un temps en déclin.

Au moment de la Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), les Catalans prennent parti pour l’Archiduc d’Autriche, mais, pas de chance pour eux, ce sont les Bourbons qui gagnent et le duc d'Anjou (petit-fils de Louis XIV) devient roi d'Espagne sous le nom de Felipe V. Par son décret de Nueva Planta, il supprime l'autonomie administrative et commerciale de la Catalogne. Felipe V fait alors construire un énorme fort, la Ciutadella, avec une garnison de 8 000 soldats pour surveiller les frondeurs catalans. Le quartier de Montjuic est fortifié. Un nouveau quartier, Barceloneta, est construit (sur les plans de l'ingénieur militaire Juan Martín Cermeño) pour reloger les pêcheurs et marins expulsés par la construction de la citadelle (de nos jours, ce quartier, parfois appelé "Naples barcelonnais", est encore un quartier de pêcheurs). Enfin, la langue catalane est interdite, la Catalogne est totalement soumise à la monarchie espagnole.
Le fichier pdf (agrandissable à volonté) joint au plan ci-contre permet de bien repérer les différents quartiers dont il est question dans ce succinct historique et dans les textes suivants.

En 1778, l'étau se desserre avec la levée de l'interdiction de commercer avec l'Amérique. L'économie de la ville en est stimulée. Une cinquantaine d'années plus tard, l'industrialisation (textile et liège, en particulier) et la viticulture sont en plein essor. C'est à cette époque que le catalan, de langue orale, devient une langue écrite (premières publications de livres et de journaux en catalan). Mais la vie est toujours difficile dans les quartiers populaires, et les grèves et manifestations qui y sont menées sont le plus souvent très durement réprimées. Avec le Front Populaire, la "République de Catalogne" est proclamée et un gouvernement régional, la Generalitat, est créé en 1936, donnant à la Catalogne une véritable autonomie. Celle-ci sera toutefois de courte durée car, dès son arrivée au pouvoir en février 1939, le général Franco interdit la langue catalane et même la sardane. Barcelone restera ainsi contrainte jusqu'au décès du Caudillo en 1975. Barcelone redresse alors la tête. Les Jeux olympiques de 1992 lui donnent un nouveau souffle : les grands travaux se multiplient, les infrastructures et les activités culturelles se développent, ce qui profite au tourisme alors en plein essor. Barcelone est aujourd'hui l'une des villes les plus dynamiques de Méditerranée du point de vue culturel. Elle voue un véritable culte à l'art de la rue, surtout sur les très célèbres ramblas. Le centre universitaire a attiré beaucoup de jeunes, et a ainsi contribué au développement de l'art underground, de la musique, des cafés et des boîtes de nuit ! La Generalitat est autonome pour la culture, l'urbanisme, le commerce, le tourisme et les affaires sociales. Mais elle doit en référer au pouvoir central espagnol pour les transports et l'énergie, par exemple.


Voici quelques photos de cette belle ville de Barcelone. Comme je ne souhaitais pas rester longtemps à terre lors de cette escale, afin de pouvoir faire des photos des emménagements du COSTA FAVOLOSA sans qu'il y ait beaucoup de croisiéristes à bord, les photos présentées ici ont été majoritairement faites lors de mon escale précédente à Barcelone, en juillet 2013, lors d'une navigation méditerranéenne à bord du ROYAL PRINCESS. Ci-dessous, le front de mer qui fut totalement remodelé dans les années 1980. puis de nouveau à l'occasion des Jeux olympiques de 1992. Les vieux bâtiments industriels furent démolis; sauf les plus beaux qui furent réhabilités. Le vieux port tombé en désuétude, Port Vell, fut transformé en un port de plaisance et une grande promenade piétonne fut aménagée le long de la façade maritime. C'est sur ce front de mer qu'aboutit La Rambla, la fameuse grande avenue (en partie piétonnière) de Barcelone, qui part de la place de Catalogne. A son emplacement coulait autrefois un ruisseau "Rambla", d'où le nom de l'avenue.


Sur les deux photos de gauche, l'imposant bâtiment des Douanes Royales, en front de mer. Par sa puissance, il voulait affirmer l'omniprésence de la couronne espagnole dans la capitale de la "frondeuse" Catalogne. Au milieu de la Plaça de la Porta de la Pau s'élève le Monumento a Colón, une colonne en fonte, montée sur un piedestal de pierre et surmontée de la statue de Christophe Colomb (le tout mesure 60 m de haut). La statue proprement dite, due au sculpteur catalan Rafael Atché, mesure 7 m de haut. Ce monument, construit pour l'exposition universelle de 1888, fut érigé à l'endroit même où Christophe Colomb aurait débarqué en 1493 à son retour d'Amérique.


Douanes Royales
Douanes Royales
Monumento a Colón
Monumento a Colón

A gauche, le COSTA FAVOLOSA à quai, puis bateaux à passagers amarrés dans Port Vell. Sur les deux photos de droite, le siège du Port de Barcelone.


COSTA FAVOLOSA
Port de Barcelone
Port de Barcelone

Ci-dessous, quelques vues du téléphérique du port. Théoriquement construit pour l'Exposition Universelle de 1929, il ne fut en fait terminé qu'en 1931. Il mène du port jusqu'au pied du château de Montjuic, après un parcours de 1 300 m et une élévation d'une centaine de mètres. La tour du téléphérique est haute d'environ 50 m. Elle est située, comme on le voit sur la première photo ci-dessous, à côté du World Trade Center Barcelona (WTCB), le grand centre d'affaires de Barcelone, conçu par l'architecte américain Henry N. Cobb. Cet espace, ouvert mi-1999, offre 40 000 m2 de bureaux et de salles de conférences. Dans son enceinte, également un grand hôtel et des commerces.



Sur les deux premières photos, le complexe commercial du Maremagnum, construit à l'emplacement des vieux docks du Moll d'Espanya (lequel est en prolongement de La Rambla). En dehors des boutiques, il comprend de nombreux restaurants et, sur l'arrière, un aquarium et un cinéma Imax. On y accède de la Rambla del Mar, via le Moll de la Fusta (quai en bois) et un pont tournant piétonnier. Un peu plus loin, la Marina. Sur la photo de droite, une sculpture monumentale en forme de poisson, le Peix. Elle est l'œuvre de l'architecte canadien Frank O. Gehry (architecte connu pour être l'auteur du musée Guggenheim de Bilbao, ou de la Fondation Louis Vuitton qui a été récemment inaugurée dans le Jardin d'acclimatation du bois de Boulogne de Paris). Elle fut installée sur le front de mer juste avant les Jeux olympiques de 1992. Mesurant 55 m de long et 35 m de haut, c'est une sorte de treillis de lames d'acier inoxydable doré, enroulé sur une structure comportant une arête centrale et des nervures. Elle change de couleur selon l'incidence des rayons lumineux.


Peix

Quelques photos prises dans le Barri Gòtic, quartier médiéval de Barcelone. Ce cœur historique de la cité catalane est situé à l'est de La Rambla (avenue très animée de 1,2 km de long qui traverse le cœur de Barcelone, du port à la place de Catalogne). Le long du front de mer, il s'étend jusqu'au Parc de la Citadelle. Nombreux bâtiments des XIIIe et XIVe siècles d'architecture gothique catalane, ruelles étroites. Passage neo-gothique et Cathèdrale de la Santa Creu ou Cathédrale de Santa Eulalia (la Patronne de Barcelone), avec la Tour de l'Horloge (photo de droite). La construction de la cathédrale débuta en 1298, mais le corps principal ne fut terminé qu'en 1460. La façade ne fut achevée qu'à la fin du XIXe siècle (sur le style gothique du XVe). Cette cathédrale mesure 93 m de long, pour 40 m de large. La tour centrale culmine à 70 m de haut, tandis que les tours latérales octogonales sont hautes de 50 m. C'est dans ce quartier gothique que Picasso débuta sa carrière entre 1895 et 1904 (le Musée Picasso, le plus riche au monde en oeuvres du maître, se trouve à l'est du Barri Gòtic, dans le quartier La Ribera).


Santa Eulalia
Santa Eulalia
Santa Eulalia

Ci-dessous, la place de Catalogne, construite entre 1925 et 1927 sur les plans de l'architecte catalan Puig i Cadafalch. Sur cette place; plusieurs fontaines dont une grande avec de nombreuses statues. Cette place est entourée de beaux immeubles. Sur la troisième photo, la Caixa Catalunya, siège de la Caisse d'épargne de Catalogne. A droite, un luxueux hôtel.



Incontournable pour qui visite Barcelone, la fameuse Sagrada Familia de Antoni Gaudi, chef du mouvement "Art Nouveau" en Espagne ! La construction de cette cathédrale néo-gothique commença en 1882 sur les plans de l'architecte Francisco de Paula del Villar y Lozano. Mais Gaudi, reprenant le projet au bout d'un an, en modifia complètement le plan, pour y laisser sa marque très "personnelle" : son projet était sensé reproduire l'exubérance de la nature ! A sa mort en 1926, seules la façade de la Nativité, une tour (sur les 18 prévues), l'abside et la crypte étaient terminées. Peu de plans, détruits pour la plupart pendant la Guerre civile. La construction s'est pourtant poursuivie, au gré des fonds disponibles. Elle devrait être achevée, dans le meilleur des cas, vers 2030. Gaudi prévoyait une église de 95 m de long et 60 m de large, dont la plus haute tour culminerait à 170 m, pouvant accueillir quelque 13 000 fidèles. Gaudi y est enterré dans la crypte.



Autre bâtiment imputable à Gaudi : la Casa Milà (encore appelée La Pedrera, "la carrière"), immeuble d'habitation construit entre 1908 et 1910. Aucune ligne droite, ni verticalement, ni horizontalement, étages irréguliers, avec des hauteurs de plafonds variables, des balcons en forme de vagues et couronnés de fers forgés en forme d'algues, toit formant une vaste terrasse ondulée, etc. Sur les deux photos de droite, la Casa Battló, batisse de 1877 entièrement remodelée par Gaudi entre 1904 et 1906. La encore, aucune ligne droite, façades couvertes de mosaïques catalanes ("trencadis", mosaïques réalisées avec des fragments de céramiques cassées), fenêtres irrégulières entourées de montants en forme d'os, toit en forme d'écailles, etc. Je n'ai pas eu le temps de la visiter, mais l'intérieur est parait-il aussi "Gaudien" que l'extérieur… Cette Casa Battló fait partie d'un ensemble de trois immeubles appelé Manzana de la discordia ("pomme de la discorde"), faisant peut-être allusion au fait que les propriétaires des trois maisons étaient brouillés entre eux (les deux autres maisons étant les  Casa Lleo Morera et  Casa Amatller — que l'on voit à gauche de la troisième photo ci-dessous).


Casa Milà
Casa Milà
Casa Battló
Casa Battló

A gauche, les Tours Vénitiennes (qui encadrent l’avenue María Cristina). Elles furent construites par Ramon Raventos pour l'Exposition universelle de 1929. Elles tirent leur nom du fait qu'elles font un peu penser au Campanile de Saint-Marc. Elles mesurent 47 m de haut. Elles sont situées sur la grande Place d'Espagne (dont on voit une partie sur les deux photos suivantes), construite à la même époque (sur les plans de l'architecte Josep Amargos). Cette place se situe au pied de la colline de Montjuic (cf. ci-dessous).


Tours Vénitiennes
Place d'Espagne
Place d'Espagne

Construit sur la colline de Montjuic (au S-E de la ville), le Palau Nacional, autrement dit le Palais National. Ce bâtiment néobaroque fut édifié pour l'Exposition Universelle de 1929 (c'était le Pavillon principal). Il héberge de nos jours le plus grand musée de Barcelone, le MNAC (Musée National d'Art de Catalogne). Ce musée regroupe tous les arts (peinture, sculpture, gravure, dessins, affiches, photographies, etc.) et met en valeur l'art catalan, de la période romane jusqu'a la première moitié du XXe siècle. 



A droite, le Caixaforum, ancienne manufacture textile transformée en centre culturel. Il comporte des salles d'exposition, une médiathèque, un auditorium, etc.



Egalement sur la colline de Montjuic ("Mont des Juifs" en catalan), le principal site des Jeux Olympiques de 1992. A gauche, la Torre Calatrava, tour de télécommunications construite pour couvrir la transmission télévisée des Jeux. Cette tour blanche en acier, haute de 136 m, fut conçue par l'architecte espagnol Santiago Calatrava. Sur les photos suivantes, principal groupe de bâtiments du stade olympique.


Torre Calatrava
stade olympique
stade olympique

A gauche ci-dessous, et toujours à Montjuic, bâtiment de la Fondation Mirò, où sont exposées principalement les œuvres du peintre, céramiste et sculpteur catalan Joan Mirò. Cette fondation privée expose aussi des œuvres des artistes français Fernand Léger, allemand Marx Ernst ou encore américain Alexander Calder. A droite, la station du funiculaire de Montjuic qui, interconnecté au métro, permet de rejoindre le Parc de Montjuic à partir du centre-ville.


Fondation Mirò

Le téléphérique de Montjuic relie la ville au sommet de la colline. Long de 750 m, il fait gravir une centaine de mètres. Il dessert le Parc de Montjuïc, le Jardin Miramar et le château de Montjuic. Ses cabines peuvent accueiilir jusqu'à huit personnes.



Ici quelques photos en vrac. A gauche, une autre curiosité de Barcelone, la Torre Agbar. Achevé mi-2005, ce curieux bâiment qui domine Barcelone est le siège social du Grupo Agbar, la Compagnie des Eaux catalane. Cette tour de 142 m de haut (l'un des plus hauts bâtiments de la ville) fut conçue par l'architecte français Jean Nouvel. Elle comporte 34 étages, dont 25 de bureaux. Elle est constituée d'une âme en béton, recouverte d'une "peau" d'aluminium, elle-même recouverte de milliers de panneaux de verre. La nuit, elle est éclairée de multiples couleurs. Elle fait un peu penser aux tours de la cathédrale de Gaudi (ses détracteurs l'appellent "le suppositoire" !). Sur la photo suivante, Barcelona-Sants, la gare principale de Barcelone, construite dans les années 1970 dans le quartier de Sants. Devant le parvis, une multitude de "taxis jaunes" très nombreux dans la ville. Sur la troisième photo, l'entrée du Parc de la Citadelle (laquelle fut démolie entre 1869 et 1878). Sur la photo de droite, vue partielle du Palau de Mar construit au milieu des années 1880 sur les plans de l'ingénieur Maurici Garrán. Ces docks maritimes hébergent aujourd'hui le Museu d'Història de Catalunya (MHC).



Pour finir, quelques photos du Poble Espanyol ("Village Espagnol" en langue catalane). Il s'agit d'une reconstitution d'un ensemble de plus de cent bâtiments représentant les styles architecturaux des principales régions d'Espagne. Certains bâtiments sont des répliques exactes, d'autres sont des synthèses architecturales. Cet ensemble, situé sur la colline de Montjuic, a été construit pour l'Exposition Universelle de 1929.



Ici à gauche, la Tour de l'Horloge d'Utebo qui est, elle, une copie conforme de la réalité.



D'autres bâtiments du "Village espagnol" de Montjuic.




 
Dernière mise à jour : 21.12.2014

© Françoise Massard
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