Croisière La Havane - Gênes à bord du MSC ARMONIA (mars 2017)
Françoise Massard

 
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Vendredi 17 mars 2017
Lever du soleil 06h20 - Coucher du soleil 18h21

Escale de MONTEGO BAY  (Jamaïque)
Lat. 18° 29' N - Long 077° 55' W - GMT-5

Nous avons appareillé de La Havane le 15.03.2017 à 17h15, cap sur la Jamaïque, puis avons navigué toute la journée du 16.03 et la nuit suivante. Notre port d'escale sera Montego Bay, au Nord-Est de l'île, port connu de tous les marins à cause de la "Convention de Montego Bay". C'est en effet dans cette ville que fut signée, le 10.12.1982, la "Convention des Nations Unies sur le droit de la mer" (cf. ici document officiel), ratifiée par la France en 1996. Cette convention (avec ses mises à jour ultérieures) définit les droits et devoirs des nations dans les espaces maritimes. Ciel chargé de nuages au lever du jour. Le temps sera d'ailleurs couvert toute la journée, avec même quelques gouttes vers midi, mais sans pour autant que nous ayons à mettre le K-Way ni même une "petite laine" :-)


Point de 08h30 le 17.03.2017 : latitude 18° 30' 17" N - longitude 77° 59' 20" W - vitesse du vent 38 nd - route au 117°

Le 17.03 à 08h30, comme prévu, nous embarquons le pilote.


Puis nous chenalons doucement jusqu'à notre poste à quai dans le port bien abrité de Montego Bay.


Comme on le voit sur les cartes précédentes, l'île de la Jamaïque — la troisième plus grande île des Caraïbes, quasi équidistante (env. 150 km) de Cuba (au Nord) et de Haïti (à l'Est) — est une île qui s'étire selon une direction NW-SE. Longue de 230 km, pour une largeur maximale ne dépassant pas 90 km, cette île a une superficie de 10 830 km2 et compte (recensement de 2013) autour de 2 714 000 habitants (dont 585 000 vivent à Kingston, la capitale, située sur la côte Sud, et autour de 800 000 habitants pour la conurbation au sens large). Montagneuse en son centre (le massif des Blue Mountains, long de 45 km, culmine à 2 250 m), avec environ le quart de sa superficie situé à plus de 650 m d'altitude, le pourtour de l'île est fait de plaines très fertiles, propices à la culture intensive de la canne à sucre, des bananiers et autres arbres fruitiers (comme le manguier par exemple). Elle jouit d'un climat tropical, avec une saison humide (d'avril à septembre) et une saison sèche le reste de l'année (ce qui n'exclue pas cependant une averse forte mais brève de temps en temps, même en période sèche). Contrairement à sa voisine Cuba (plus rarement touchée), la Jamaïque subit assez souvent des ouragans (de fin août à fin septembre). La température ne descend jamais au-dessous de 20°C (et ce de façon exceptionnelle), et atteint plus couramment les 30-35°C la majorité du temps. De par sa géographie, l'île ne manque pas d'eau douce, sillonnée par plus d'une centaine de rivières qui ont pris leurs sources dans les massifs montagneux. Du point de vue administratif, la Jamaïque est une démocratie parlementaire, membre du Commonwealth. Le Chef de l’Etat est la Reine Elizabeth II d’Angleterre, représentée sur place par un gouverneur général (qui a surtout un rôle de représentation), le réel Chef de gouvernement étant le Premier Ministre de Jamaïque (cf. encadré économique en bas de page). La langue officielle est l'anglais (plus un créole jamaïcain qui est un "créole anglais").



Le nom "Jamaïque" viendrait du mot arawak (ethnie présente sur l'île lors de l'arrivée des Espagnols, cf. infra) "xaymaca" qui signifie "la terre du bois et de l’eau".


Premières découvertes de la Jamaïque (côte nord) lors de la phase d'approche du MSC ARMONIA.


Montego Bay est une région touristique (en raison de ses belles plages et ses eaux turquoises de la mer des Caraïbes), mais aussi un pôle industriel et c'est ce volet là de la ville que nous découvrons en chenalant jusqu'au port.


A droite, au mouillage, le cargo OSLO BULK 4.

OSLO BULK 4

OSLO BULK 4 (Singapore) - IMO 9589956 - Indicatif d'appel 9V8769 - MMSI 564433000 - Cargo de divers - 108,21x18,20x9,00 m - TE 7,057 m - JB 5 629 - JN 2 867 - PL 8 039 t - P 2 998 kW (mot. 4T-6cyl MaK-Caterpillar 6M32C / hélice à pas variable) - V 12,4 nd - Prop. d'étrave (255 kW) - Générat. aux. 2 x 365 kW - Cap. GRN 10 248 m3 (3 cales) - Grues 2 x 25 t - Constr. 11.2010 (Jiangsu Yangzijiang Shipbuilding, Jiangyin, Chine) - Propr. Oslo Bulk Holding (Singapour) - Gérant/Opérat. Bulkship Management (Norvège) - Pav. SGP. Navire-catalogue : plus d'une cinquantaine de sisterships dont un certain nombre déjà présentés sur ce site comme les ANDREA ANON (IMO 9362657 / 04.2006) - ANGELA (IMO 9406958 / 07.2008 / Ex TIN 12.2012-02.2013 / Ex CHRISTINE C 02.2009-2.2012) - ANJA C (IMO 9362669 / 07.2006) - CELINA (IMO 9306378 / 02.2005) - EVITA (IMO 9381433 / 10.2009 / Ex SCL NICOLE 10.2009-03.2016) - HONOR (IMO 9306316 / 09.2005 / Je l'ai photographié il y a moins d'un an dans le port de Willemstad, Curaçao) - LEUVEBORG (IMO 9421063 / 05.2008 / Ex LEUVEDIEP 05.2008-11.2016) - LINGEDIEP (IMO 9421075 / 07.2008) - OSLO BULK 3 (IMO 9485784 / 09.2010), pour n'en citer que quelques-uns qui me reviennent en mémoire.


Ici, d'importantes réserves de gaz naturel liquéfié (GNL ou LNG en anglais pour "Liquefied Natural Gas").


Les sept énormes cuves de stockage du méthane précèdent le quai (à droite ci-dessous) le long duquel nous allons accoster.


Les défenses du quai sont variées : de la volumineuse bouée cylindrique dite "yokohama" (deuxième photo) aux simples pneus de camions (efficaces aussi !).


Ici, les lamaneurs de Montego Bay capellent notre pointe avant sur une bitte du quai. Les amarres sont lourdes et, même à deux, cette opération est physique.


Derrière les bâtiments de bord de quai, dont le terminal croisières, le parc de stockage des conteneurs. Visiblement, c'est l'armement Crowley qui est ici omniprésent (c'est un armement familial, fondé en 1892 à San Francisco, et qui est désormais présent dans différents ports en Amérique du Nord et Amérique Centrale).


Port de service pour la vedette de pilotage et pour les trois remorqueurs de Montego Bay : les LAWFUL - H. B. LONG (ex BARRANQUILLA, nom que l'on voit encore en lettres soudées sur la coque) - G.F. MUNRO.

LAWFUL - H. B. LONG - G. F. MUNRO
LAWFUL - H. B. LONG - G. F. MUNRO
LAWFUL - H. B. LONG - G. F. MUNRO
LAWFUL - H. B. LONG - G. F. MUNRO
LAWFUL
(Kingston)
IMO 6727715 - Indicatif d'appel 6YRA3 - Remorqueur - 26,45x6,61x3,69 m - TE 3,137 m - JB 128 - P 916 kW (mot. 2T-12cyl EMD-GM 12-645-E2 / hélice à pas fixe) - Générat. aux. 2 x 20 kW - Constr. 06.1967 (N.V. Scheepswerven v/h H.H. Bodewes, Millingen a/d Rijn, Pays-Bas) - Gérant/Opérat. Portside Towing (Jamaïque) - Pav. JAM - Ex FAITHFUL (06.1967-01.1990).
H. B. LONG
(Montego Bay)
IMO 9100011 - Indicatif d'appel 6YRZ9 - MMSI 339391000 - Remorqueur - 29,20x8,53x4,27 m - TE 3,71 m - JB 276 - JN 83 - PL 337 t - Ptot 3 900 kW (deux moteurs 2T-16cyl EMD-GM 16-645-E2 / deux hélices à pas fixe) - V 11,5 nd - Prop. d'étrave - Générat. aux. 2 x 70 kW - Traction au croc 24 t - Constr. 11.1993 (Union Ind. y Ast. Barranquilla / UNIAL, Barranquilla, Colombie) - Gérant/Opérat. Portside Towing (Jamaïque) - Pav. JAM - Ex BARRANQUILLA (01.1994-01.2015) - Ex COVENAS II (11.1993-01.1994).
G. F. MUNRO
(Montego Bay)
IMO 8129515 - Indicatif d'appel 6YRR6 - MMSI 339324000 - Remorqueur - 26,09x9,15x3,38 m - TE 2,44 m - JB 146 - JN 99 - Ptot 1 250 kW (deux moteurs 4T-12cyl Caterpillar D398SCAC / deux hélices à pas fixe) - V 11 nd - Générat. aux. 2 x 90 kW - Constr. 01.1981 (Dakota Creek Industries, Anacortes, WA, Etats-Unis) - Gérant/Opérat. Portside Towing (Jamaïque) - Pav. JAM - Ex ISLAND FOX (01.2001-01.2014) - Ex POINT BROWER (01.2001-03.2006) - Ex ARCTIC KNIGHT (1994-01.2001) - Ex ARCTIC FOX (1981-1994).

Lorsque nous approchons de Montego Bay, le petit paquebot CELESTYAL CRYSTAL est déjà à quai.

CELESTYAL CRYSTAL
CELESTYAL CRYSTAL
CELESTYAL CRYSTAL
Nous connaissons déjà ce navire, mais sous l'un de ses précédents noms, en l'occurrence CRISTAL, nom qu'il a porté entre 01.2007 et 03.2011.
CELESTYAL CRYSTAL
CELESTYAL CRYSTAL
CELESTYAL CRYSTAL

CELESTYAL CRYSTAL (Valletta) - IMO 7827213 - Indicatif d'appel 9HA2978 - MMSI 229001000 - Paquebot de croisières - 158,88x25,20x15,60 m - TE 5,913 m - JB 25 611 - JN 12 637 - PL 1 703 t - Ptot 19 124 kW (quatre moteurs 4T-12cyl Pielstick-Wartsila 12PC2-5V-400 / deux hélices à pas variable) - V 21 nd - Prop. d'étrave (2 x 590 kW) - Générat. aux. 1 x 2 372 kW / 2 x 1 800 kW / 1 x 256 kW - Cap. 1 409 passagers (548 cabines) - Equipage 400 - Constr. 06.1980 (Oy Wartsila, Turku, Finlande) - Propr. Louis Cruise Lines (Limassol, Chypre) - Gérant Optimum Shipmanagement Service (Grèce) - Opérat. Celestyal Cruises (Limassol, Chypre) - Pav. MLT - Ex LOUIS CRISTAL (03.2011-04.2015) - Ex CRISTAL (01.2007-03.2011) - Ex OPERA (08.2006-01.2007) - Ex SILJA OPERA (05.2002-08.2006) - Ex SUPERSTAR TAURUS (2000-2002) - Ex LEEWARD (1995-2000) - Ex SALLY ALBATROSS (1986-1995) - Ex VIKING SAGA (1980-1986).


Sur les trois premières photos, le yacht d'exploration allemand HANSE EXPLORER. Je l'ai déjà présenté sur ce site, pour l'avoir photographié le 10.02.2008, mais sous un tout autre climat puisque c'était dans le port argentin d'Ushuaïa… capitale de la Terre de Feu. A droite, un bateau-promenade local, le TREASURE QUEEN de Xaymaca Cooler Cruise.

HANSE EXPLORER
HANSE EXPLORER
HANSE EXPLORER
HANSE EXPLORER (Saint John's) - IMO 9346110 - Indicatif d'appel V2EI4 - MMSI 304977000 - Yacht d'exploration - 47,76x10,40x4,60 m - TE 3,52 m - JB 885 - JN 266 - PL 199 t - P 1 360 kW (mot. 4T-8cyl MaK-Caterpillar 8M20 / hélice à pas variable) - V 13,2 nd - Prop. d'étrave (300 kW) - Générat. aux. 1 x 480 kW / 2 x 200 kW - Cap. passagers 12 - Membres d'équipage 6 - Constr. 09.2006 (Fr. Fassmer, Berne, Allemagne) - Propr./Gérant Harren & Partner (Brême, Allemagne) - Pav. ATG. Lancé comme HANSEATIC EXPLORER.

Je vais passer la journée à terre, mais ayant envie de m'imprégner un peu de la vie locale de l'île, je n'irai pas voir ses plages (parait-il idylliques) sur la mer des Caraïbes, mais parcourerai ses rues bruyantes et encombrées, visiterai une église anglicane, puis me baladerai dans une plantation où je déjeunerai "local". Retour au port par un quartier plus huppé de la ville.

Un peu d'histoire — Les anthropologues font remonter l'arrivée des premières populations à la Jamaïque vers 5 000 ans av. JC. Comme à Cuba, arrivèrent d'abord les "Siboneys" (venant d'Amérique du Sud), puis plus tard (vers 700 av. JC) les "Arawaks" d'Amazonie (le nom "Jamaîque" vient d'ailleurs du mot arawak "Xamayca" qui signifie "la terre du bois et de l’eau"). On trouvait aussi des "Taïnos"(comme à Cuba), originaires du delta de l'Orénoque. C'est, semble t-il, entre 500 000 et un million de Taïnos (les chiffres divergent beaucoup selon les auteurs) qui vivaient sur l'île lorsque… Christophe Colomb y débarqua en mai 1494 (à Santa Gloria exactement, aujourd'hui St Ann's Bay, sur la côte Nord de l'île, à l'Est de Montego Bay, cf. carte). Pas vraiment bien accueilli par les indigènes, il poursuit son chemin, vers Cuba (nous en avons parlé dès le début de ce dossier). Il y revient près de dix ans plus tard, en 1503, lors de son quatrième voyage. C'est finalement l'un de ses fils, Diego Colomb (dont nous reparlerons à Saint-Domingue), qui fonde la première "ville espagnole", sur la côte Nord de l'île, là où son père avait accosté la première fois : il la nomme Sevilla Nueva. Mais entourée de marais, ce premier établissement n'est pas destiné à grandir, et c'est une installation sur la côte sud, Villa de la Vega, fondée en 1534, qui deviendra la vraie colonie espagnole de la Jamaïque. Cette ville, aujourd'hui Spanish Town (à l'Ouest de Kingston) demeurera la capitale de la Jamaïque jusqu'en 1874. Les Espagnols furent toutefois moins intéressés par cette île que par leurs autres colonies caribéennes (Cuba, Hispaniola — aujourd'hui Haïti + Saint-Domingue) ou encore par le Mexique et le Pérou. Aussi, développèrent-ils assez peu l'île, même s'ils y introduisirent les premières cultures de canne à sucre. Ce qui ne les empêcha pas, hélas, de décimer les Taïnos (comme sur toutes les îles conquises) à force de mauvais traitements et en leur transmettant des maladies contre lesquelles ils n'étaient pas immunisés… Ils n'installèrent pas non plus de défenses autour de lîle. Aussi, les Britanniques, après avoir envoyé en éclaireurs quelques corsaires, attaquèrent l'île en 1655… sur les ordres de l'intraitable Cromwell.

L'Amiral William Penn et le Général Robert Venables furent chargés par Oliver Cromwell (lequel s'était arrogé les pleins pouvoirs après avoir dissous le Parlement) d'aller attaquer Santo Domingo, ce à quoi ils échouèrent, aussi se dirigèrent-ils vers la Jamaïque qu'ils savaient peu protégée (s'ils rentraient en Angleterre sans nouveau territoire conquis, ils savaient qu'ils seraient condamnés à mort par Cromwell). Ils débarquèrent ainsi à Passage Fort (aujourd'hui Fort Charles) le 10 mai 1655. Ils s'y installèrent sans que les Espagnols ne s'y opposent farouchement, préférant fuir vers Cuba. C'est ainsi que la Jamaïque devint officiellement possession anglaise par le Traité de Madrid du 8 juillet 1670, seule île britannique au beau milieu de possessions espagnoles ! N'ayant pu vaincre les Espagnols dans leurs autres possessions, les sujets de la "perfide Albion" attirèrent en Jamaïque le plus de corsaires, pirates et flibustiers possible afin de leur faire attaquer les riches convois espagnols dont les galions rapportaient en Espagne (débarquement à Cadix en particulier) l'or et les épices des colonies. Le pire de ces corsaires, un certain Henry Morgan (1635-1688) devint même "Gouverneur de la Jamaïque" en 1684 (héritant au passage de plantations de canne à sucre… "Captain Morgan" est d'ailleurs encore aujourd'hui une marque de rhum) ! C'est dans ce contexte également que sévirent le fameux capitaine Jack Rackham et les deux pirates féminins les plus connues : Mary Read et Ann Bonny (lire "Louves de mer" de Zoé Valdés).
Oliver Cromwell (1599 - 1658) — Portrait par Samuel Cooper (1656).
Après cette période mouvementée, les Anglais, incités par la couronne britannique, se mirent au travail pour développer la colonie. Faute de métaux précieux, les plantations semblaient la meilleure source de développement, et en premier lieu la canne à sucre (introduite sur l'île dès 1640). Mais bien sûr, pour cela, il fallait de la main-d'œuvre et les Anglais eurent recours eux aussi à l'esclavage. Leur commerce triangulaire entre l'Angleterre, la côte Ouest de l'Afrique et la Jamaïque dura jusqu'en 1834. C'est ainsi que sur une population de l'île estimée à 40 000 personnes au début du XVIIIe siècle, plus des trois-quarts étaient des esclaves. Parmi eux, certains plus combattifs ou plus chanceux arrivaient à s'enfuir. Ces "esclaves marrons" (ou "Maroons" en anglais) se cachèrent dans les montagnes de la ligne médiane de l'île — The Blue Mountains à l'Est et The Cockpit Country au centre Ouest — où l'on retrouve encore de nos jours leurs descendants). Les idées françaises du "Siècle des Lumières" s'étant répandues en Angleterre, de plus en plus d'intellectuels commencaient à s'élever contre l'esclavage. Les rebellions d'esclaves se faisaient par ailleurs de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes, comme la Christmas Rebellion de 1831, menée à l'instigation de Sam Sharpe, au demeurant non-violent (une grève pacifique à l'origine dégénéra, entraînant la mort de planteurs blancs et l'exécution de centaines d'esclaves, dont Sharpe qui s'écriat au pied du gibet : "Je préfère mourir en potence, que de vivre une minute de plus dans l’esclavage" ; il est considéré aujourd'hui par les Jamaïcains comme un héros national et je crois que son effigie figure sur certains billets de banque du pays). Ce fut finalement le 1er août 1834 que fut définitivement aboli l'esclavage en Jamaïque (chaque année, le 1er août est, depuis, une fête nationale, l'Emancipation Day). Alors, bien sûr, la production de sucre, qui était à son apogée au début du XIXe siècle, ne pouvait que décliner, supplantée par la production de Cuba et du Brésil qui eux n'avaient pas encore aboli l'esclavage (il ne le sera qu'en 1886 à Cuba, comme nous l'avons dit précédemment, et en 1888 au Brésil — dernier pays à abolir l'esclavage). Des Indiens et des Chinois vinrent alors travailler dans les plantations, mais désormais leurs salaires diminuaient d'autant les marges des planteurs, tandis que le sucre de betterave produit par les Européens commençait à concurrencer le sucre de canne. L'esclavage était aboli, mais régnait toujours une sorte d'apartheid, qui entraîna diverses rébellions. En 1872, le gouvernement britannique déplaça la capitale de l'île de Spanish Town (qui l'était depuis 1534 comme on l'a vu précédemment) vers Kingston (port naturel sur la côte Sud-Est). Ce port commerçait en effet déjà avec l'Angleterre, qui était alors en plein développement industriel. Nous parlerons de l'indépendance de la Jamaïque plus loin, quand nous évoquerons l'économie du pays.


Visite de MONTEGO BAY  (Jamaïque)

Nous débarquons à 10h00, mais il y a une heure de décalage avec l'heure que nous avons sur le paquebot (la Jamaïque a 6 h d'avance sur la France, alors que nous n'avons décalé nos montres que de 5 h en embarquant à Cuba). Le commandant nous a donc demandé de ne surtout pas nous mettre à l'heure de Montego Bay afin que nous restions en phase et que le MSC ARMONIA n'ait pas à attendre une heure les retardataires avant de pouvoir appareiller ! Le lecteur notera que les normes électriques en Jamaïque doivent être un peu moins strictes qu'en France.


Comme on le voit sur les différentes photos prises au hasard de mon cheminement en ville, la population est très majoritairement noire (les chiffres qui m'ont été donnés localement donnent 80 % pour les descendants d'Africains sur l'ensemble de l'île, les 20 % restants étant constitués d'Indiens, de Chinois et d'Européens). D'ailleurs, sur le drapeau national (cf. le pavillon JAM par exemple), trois couleurs : le noir symbolise le peuple, le jaune le soleil et le vert la luxuriance de l'île. Montego Bay ("MoBay" pour les locaux), avec environ 100 000 habitants, est la deuxième ville du pays (derrière la capitale Kingston qui en compte autour de 800 000, soit environ le tiers de la population totale de l'île). La grande route que nous empruntons en quittant le port (pas de photos) a été construite par Bouyghes, mais ce sont maintenant les Chinois qui la remettent en état quand cela est nécessaire. Le centre-ville est plutôt embouteillé, d'autant que les rues sont assez étroites (notez que nous sommes bien dans une île du Commonwealth : on roule à gauche), et bruyant et ce sont plus les plages de la région qui attirent les touristes que la ville elle-même. Comme dans tous les pays du monde, les transferts de fonds (photos de droite ci-dessous) se font sous bonne garde.


Puisque nous parlons de banque, c'est l'occasion de préciser que la monnaie locale est le dollar jamaïcain (100 $Jam = 0,78 $US = 0,74 € au moment où j'écris ce texte, c'est-à-dire début avril 2017). A gauche ci-dessous, un bureau de la NCB (National Commercial Bank). Sur les photos du milieu, le "Ministry of Labour Social Security & Sport". A droite, un rond-point du centre-ville avec fontaine.


Le nom initial de cette ville donné par les conquérants espagnols au XVe siècle serait "Monteca Bahia", pas très poétique puisque "monteca" signifie "graisse de porc", mais réaliste puisque les colons élevèrent des cochons dans cette région côtière pour alimenter en lard toutes les colonies de la Caraïbe (le porc reste d'ailleurs une viande très consommée en Jamaïque, cuisinée avec beaucoup d'épices — j'ai eu l'occasion de l'apprécier). Les Anglais auraient transformé ce nom en "Montego Bay" lors de leur installation sur l'île, à partir de 1655. L'aspect général des rues de ce centre-ville, avec des bâtiments pas très bien entretenus, avec des vendeurs de rue un peu partout, ne reflète pas l'opulence pour une grande partie de la population, même si le caractère naturellement joyeux des Jamaïcains les poussent à chanter et à danser sans trop laisser voir leur plus ou moins grand dénuement.



Les Jamaïcains pratiquent de nombreuses religions. Le groupe le plus important est celui des protestants (60 %), contre 4 % pour les catholiques. Mais les protestants sont eux-mêmes divisés en de multiples "églises" : Anglicans (comme ici, "The Anglican Church - Bishop of Montego Bay"), Adventistes, Baptistes, Pentecôtistes, Méthodistes, etc.). Les pasteurs peuvent, ici comme ailleurs, se marier. A côté de ces religions chrétiennes, il existe beaucoup d'autres courants syncrétiques issus des croyances africaines.



La paroisse de St. James que je présente ici était précisément celle où Sam Sharpe (dont nous avons parlé précédemment à propos des révoltes des esclaves) était diacre. Ayant été condamné à mort suite à cette révolte de 1831, ce "père" de l'abolition de l'esclavage en Jamaïque (officielle en 1834 comme nous l'avons vu) est devenu un héros national (la place où il a été pendu est devenu un square qui porte son nom). Comme on le voit sur les photos ci-dessous, dans cette église anglicane ont souvent lieu des concerts, ici le "Steel Orchestra - Pans of Praise". En Jamaïque, les lieux de cultes sont souvent des lieux de rassemblement social. Belles boiseries en bois tropicaux (acajou massif local je suppose, y compris pour les tribunes).


Devant l'église, un vieux cimetière dont beaucoup de tombes semblent totalement abandonnées. Il y a toutefois une partie plus récente (à droite), le "Memorial Garden for Cremated Remains".


Dès qu'on s'éloigne de la ville, la végétation tropicale devient vite luxuriante (la Jamaïque ne manque pas d'eau, tant elle est parcourue de rivières venant des deux principaux massifs montagneux et tant elle reçoit de bonnes averses… de tout mon périple aux Caraïbes, c'est d'ailleurs ce seul jour où le ciel restera menaçant une bonne partie de la journée). Sur les grandes plaines de la région sont cultivées la canne à sucre (au XVIIIe siècle, Montego Bay était la première zone sucrière de la Jamaïque), les cocotiers, les ananas, comme on le voit ici, mais aussi beaucoup d'autres arbres fruitiers (manguiers, orangers, citronniers, bananiers, arbres à pain, etc.). Avec l'abolition de l'esclavage, les plantations sucrières devinrent moins rentables et ce sont les débuts du tourisme qui sauvèrent Montego Bay du déclin (son petit aéroport construit en 1940 pour les vols domestiques s'est transformé en aéroport international et un terminal croisières a été aménagé dans le port dès les années 1960).


Quelques spécialités de la petite plantation visitée (plantation Johnson) : noix de coco (à gauche), cabosse (fruit du cacaoier) ici vidée de ses graines qui sont la matière première de la fabrication du chocolat, et ce fruit rouge qu'est le ackee et que l'on trouve partout sur l'île (on voit l'arbre qui le porte un peu plus bas sur cette page). Cuisiné avec de la morue, il constitue l'un des plats nationaux (le ackee se consomme très mûr, voir bouilli dans du lait, car sinon il est toxique). Dans cette plantation, j'ai eu l'occasion de découvrir, au déjeuner, le callaloo (accompagné de jus de mangue…délicieux) — légume intermédiaire entre les épinards et les bettes — servi avec du fried chicken (du poulet frit donc) et de l'oxtail (porc). Pas de pain, mais du bammy (galette de farine de manioc frite dans de l'huile de coco) très apprécié (son goût doux et légèrement sucré compense les épices largement utilisées dans la cuisine locale).


Dès que l'on sort du centre-ville de Montego Bay, on est vite dans la nature !


Démontration (… pour les touristes) de la torréfaction du café telle qu'elle était pratiquée autrefois !


Nous saurons maintenant où nos cartes Vistaprint ("printed on demand") sont imprimées …


Pour revenir au port, nous empruntons un autre chemin qu'à l'aller. La majorité des activités commerciales échappent aux Jamaïcains : les boutiques de vêtements et de bijoux sont majoritairement tenues par des Indiens, les hôtels appartiennent le plus souvent à des Syriens, les sociétés de services (centres d'appels et entreprises de télémarketing par exemple) sont généralement gérées par des Français et des Haïtiens. Ce secteur tertiaire est quand même partagé avec les Jamaïcains.


Nous passons dans une zone résidentielle de Montego Bay, quartier de Covent Garden si ma mémoire ne me trahit pas.


La Jamaïque ne semble pas avoir de classe moyenne. C'est sans doute aux environs de 10 % la proportion de Jamaïcains riches, mais ceux-ci doivent l'être vraiment quand on voit l'importance de leurs "great houses". Propriétaires des grandes plantations ou autres notables du pays, sans doute.


Ces grosses demeures parfaitement entretenues tranchent avec les habitations du centre-ville, construites sans véritable plan d'ensemble et manquant d'entretien. Sur la photo du milieu ci-dessous, un ensemble commercial qui, bien qu'ayant pignon sur rue, ne vend rien de vraiment fabriqué par les artisans locaux, plutôt du "Made in China", dommage.


Bougainvilliers, lauriers-roses, hibiscus, rosiers, de nombreuses variétés d'orchidées, etc., les fleurs ne manquent pas sur l'île de la Jamaïque. Les bois tropicaux non plus : acajou, ébène, campêche, palmier royal bien sûr, etc. Sur les deux premières photos, l'arbre omniprésent sur l'île, l'ackee qui donne ces fruits rouges dont nous avons parlé précédemment lors de la visite de la plantation (cet arbre est originaire d'Afrique et il a sans doute été importé en Jamaïque sur un bateau négrier).


Avant de quitter la Jamaïque, intéressons-nous succinctement à son histoire économique.

Economie de la Jamaïque — Nous avons laissé la Jamaïque en 1872, date à laquelle Kingston en devient la capitale (cf. ici). On ne peut pas aborder cette fin du XIXe siècle sans parler de Marcus Garvey (1887-1940), considéré comme le "prophète noir" par les Jamaïcains. Né en 1887 (ses ancêtres étaient des "Maroons", ces esclaves qui ont fuit et se sont cachés et regroupés en communautés dans les régions montagneuses moins accessibles), il s'intéressa tôt aux mouvements ouvriers qui secouaient, entre autres, l'imprimerie dans laquelle il travaillait. Autodidacte, il s'expatria successivement en Amérique Centrale (où il fonda des journaux ouvriers), puis en Angleterre (où il connut des Africains qui le sensibilisèrent à l'émancipation des Noirs). C'est ainsi qu'il fonda, quelques années plus tard à Kingston, l'UNIA (Universal Negro Improvement Association), premier mouvement de masse international militant pour l’amélioration du sort des Noirs et dont l'objectif initial était de permettre aux Noirs de retourner en Afrique (il est d'ailleurs le promoteur du mouvement "Back to Africa" créé dans les années 1920). Il émigra de nouveau, mais cette fois-ci à New York où il fonda un nouveau journal, le "Negro World" destiné à tous les noirs d'Amérique. Son mouvement compta plusieurs millions d'adhérents, luttant tous contre le colonialisme et le racisme. Il mourut en 1940 à Londres, mais ses cendres furent rapatriées à la Jamaïque en 1964 (au National Heroes Park de Kingston).

Marcus Garvey avait ainsi sensibilisé progressivement ses compatriotes à la cause noire. Les conditions de vie des Noirs, déjà difficiles au début du XXe siècle sur l'île, devinrent pires encore après la crise de 1929 qui secoua le monde. Les trois-quarts d'entre eux vivaient au-dessous du seuil de pauvreté, et d'importantes émeutes commencèrent à soulever le pays. Un syndicat fut créé en 1938 (le premier de toutes les Caraïbes), le BITU (Bustamante Industrial Trade Union), du nom de son fondateur, un certain Alexander Bustamante (1884-1977). Ce dernier fonda ensuite le JLP (Jamaica Labour Party) conservateur malgré son nom, tandis qu'en parallèle Norman Manley (un cousin de Bustamante) fondait une branche politique du BITU, le PNP (People's National Party). Au moment de la Seconde Guerre mondiale, les Anglais étaient trop péoccupés par ce qui se passait sur le Continent pour, en même temps, "tenir" leurs colonies. La Grande-Bretagne desserra donc son étau sur la Jamaïque et autorisa les premières élections "libres". Les deux partis précédemment cités gagnèrent les élections à tour de rôle (entre 1944 et 1955), prenant de plus en plus d'autonomie. C'est finalement le 6 août 1962 que la Jamaïque devint indépendante (au sein du Commonwealth britannique), avec Bustamante comme premier "Premier ministre" de la Jamaïque libre. Mais l'économie (l'exploitation de la bauxite en particulier) restait aux mains des blancs et les bénéfices dégagés, au lieu de profiter à l'ensemble des classes sociales, fuyaient vers l'étranger.
Dans les années 70, le PNP (alors dirigé par Michael Manley — ci-contre, fils de Norman Manley cité ci-dessus) revint au pouvoir. Il mena alors une véritable politique sociale (pour les ouvriers et les agriculteurs), faisant du même coup fuir les compagnies étrangères qui s'étaient installées en Jamaïque. Le coup fut rude pour l'économie locale, d'autant qu'il coïncidait avec le premier choc pétrolier (1973). Les Blancs les plus riches émigrèrent alors en Angleterre ou aux Etats-Unis (comme ceux de Cuba ont émigré en Floride avec l'arrivée de Castro, comme on l'a vu sur la page consacrée à La Havane). L'économie continua de décliner et le gouvernement jamaïcain dut demander de l'aide au FMI. En 1980, à la suite de nouvelles élections (dont le JLP était sorti vainqueur), les Jamaïcains changèrent de tactique et se rapprochèrent des Etats-Unis alors dirigés par le Président Reagan. L'économie de l'île put redémarrer avec le retour des investissements américains. Mais les sacrifices demandés par le FMI touchaient toujours les plus défavorisés.
Manley fut remplacé en 1992 par Percival N.J. Patterson (né en 1935), premier "Premier ministre noir" de la Jamaïque (son mandat sera reconduit jusqu'en 2006). Il ramena une certaine sérénité dans son île, propice évidemment au développement du tourisme. Mais, comme nous l'avons vu précédemment à propos de l'habitat, les inégalités sociales restent très grandes en Jamaïque. L'alternance entre ces deux partis PNP et JLP se produit pratiquement à chaque nouvelle élection. C'est actuellement le JLP qui est au pouvoir (depuis le 25.02.2016), le Premier ministre actuel étant Andrew Holness, élu en 03.2016.
Percival N.J. Patterson, premier Premier Ministre noir de la Jamaïque, dont le mandat fut constamment renouvelé entre 1992 et 2006
Les principaux secteurs économiques sont, de nos jours, le tourisme (un million et demi de personnes viennent visiter la Jamaïque chaque année, Bob Marley — né en 1945, mort d'un cancer en 1981 — et son groupe "The Wailing Wailers", avec leur "Reggae", participent de cet attrait touristique) — le tourisme représente environ 50 % du total des recettes et 25 % des emplois, l'industrie de la bauxite (extraction du minerai et production d'alumine, secteur malheureusement en déclin) et l'agriculture (laquelle emploie un quart de la population active). Les grandes exploitations sont le plus souvent aux mains de groupes étrangers : la culture du café (régions de Saint-André et Kingston) par exemple est sous le contrôle des Japonais et les bananeraies sont gérées par des Américains et des Européens. Quant à la culture de la canne à sucre, elle tend à disparaître. La majorité des Jamaïcains restent ainsi sous le seuil de pauvreté. La balance commerciale du pays est déséquilibrée : il importe deux fois et demi plus qu'il exporte. Alors que le pays a des terres fertiles, il n'est pas auto-suffisant en matière alimentaire, et ce, parce que de grandes exploitations (héritées de la période coloniale) cultivent pour l'exportation (canne à sucre, café, cacao, bananes, noix de coco, gingembre, etc.) au détriment des cultures vivrières (moins rentables) surtout présentes dans la paroisse Saint-Elizabeth, obligeant la Jamaïque à importer des produits aussi basiques que le riz ou le blé ! La viande en revanche est produite sur place. Une culture illicite, mais pourtant pratiquée, est celle de la marijuana (localement appelée "ganja"), utilisée à des fins médicales… mais pas que ! C'est beaucoup la diaspora jamaïcaine (plus d'un million de Jamaïcains ont fini par émigrer pour fuir la pauvreté) qui aide financièrement les familles restées sur place (les transferts de la diaspora couvrent quelque 20 % de la richesse de la Jamaïque). Un chômage important (proche de 14 %), des trafics de drogues (de cocaïne en provenance de Colombie en particulier), un taux de criminalité plus élevé qu'ailleurs, sont les points faibles de la Jamaïque. Terminons ce bref résumé par un point positif : l'éducation. L'enseignement est obligatoire jusqu'à 16 ans et est totalement gratuit de la maternelle à la onzième année d'études (cycle sanctionné par un Certificat de fin d’études secondaires du Conseil des examens des Caraïbes), payant mais peu onéreux de la onzième à la treizième année d'études, plus cher ensuite (pour l'enseignement supérieur). Le taux de scolarisation est de plus de 85 %. Il existe plusieurs universités d'état à la Jamaïque dont l'University of the West Indies Mona Campus. On peut faire sur place des études de médecine, de gestion, de sciences politiques, des études artistiques, etc. Pour certaines disciplines, les étudiants doivent aller dans d'autres îles de la Caraïbe (La Barbade pour le droit, Trinidad pour les études d'ingénierie, les Bahamas pour le tourisme, etc.).

Mais il est temps pour moi de rejoindre le port, le MSC ARMONIA attend sagement ses croisiéristes. Le terminal croisières est immense comme on le voit ci-dessous, mais bien vide. Il manque très nettement de décorations et de plantes vertes pour être accueillant. Tel quel, il fait plutôt penser à un hangar à marchandises vide !


Nous n'allons quand même pas quitter la Jamaïque sans écouter un court instant l'idole musicale du pays, Bob Marley évidemment.

Pour écouter un extrait de One Love

Bob Marley

Voilà, il est 20h00 ce 17.03.2017, les propulseurs d'étrave entrent en action et le paquebot se décolle tout doucement du quai. Pilote à bord (puisque le pilotage est obligatoire), mais en revanche, le commandant (Giacomo Romano) ne commande jamais de remorqueurs, le MSC ARMONIA accostant et appareillant toujours par ses propres moyens (il dispose de deux propulseurs d'étrave, de 2 350 kW chacun). Le Chef Mécanicien, Michele Pollio, est également italien. Nous mettons le cap sur Santo Domingo (partie espagnole de l'ancienne île d'Hispaniola au moment de la colonisation aux XVe-XVIe siècles, la partie Ouest de l'ïle appartenant aux Français, c'est Haïti). Sur la photo de droite ci-dessous, l'aéroport international de Montego Bay. Il est si proche de la mer que lorsqu'on atterrit, les passagers ont plutôt l'impression d'amerrir m'a t-on dit :-)


Prochaine escale : Santo Domingo (République Dominicaine)

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Dernière mise à jour : 21.04.2017

© Françoise Massard
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