Croisière La Havane - Gênes à bord du MSC ARMONIA (mars 2017)
Françoise Massard

Navires cités dans la page (ciquez sur leurs noms pour un accès direct) : - Anjanvel - Bouzas - Burondi - Canopus - Capotillo - CFS Panavera - Cocle - Colon - Dabhol - GC-107 - Guarionex - Herrera - La Surprise - L'Audace - LD-31 - Los Santos - Neyba - Ocean Quest - Ocoa - Paul Clark - Perseverance - Persistence - PM-204 - Scapino - WPC 1106 -
 
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Samedi 18 mars 2017
Lever du soleil 06h10 - Coucher du soleil 17h57

Journée de navigation

Nous avons appareillé de Montego Bay (Jamaïque) hier soir à 20h00. Pour notre prochaine escale, nous accosterons à Santo Domingo (République Dominicaine), les deux ports étant distants de 490 milles. Nous allons naviguer toute la journée et toute la nuit, dans une direction Nord-Est-Sud-Ouest, puis Sud-Ouest-Nord-Est (à partir de la pointe du Cabo Rojo). Notre arrivée à Saint-Domingue (située sur la côte Sud de l'île bi-nationale — Haïti / République Dominicaine — d'Hispaniola, cf. carte) est prévue le 19.03 vers 07h00. Ci-dessous, le seul navire que nous verrons dans la journée ! Ce paquebot est trop loin pour que je lise son nom, ou plus exactement son numéro, car il s'agit d'un des paquebots de TUI Cruises, un MEIN SCHIFF (l'un des sisterships 3, 4 ou 5, le 6 n'étant pas encore livré, il devrait l'être le mois prochain).


Point de 20h00 le 18.03.2017 : latitude 17° 25' 17" N - longitude 71° 32' 25" W - vitesse du vent 25 nd - route au 66° - Nous doublons la petite île Isla Beata



Dimanche 19 mars 2017
Lever du soleil 06h45 - Coucher du soleil 18h44

Escale de Santo Domingo  (République Dominicaine)
Lat. 18° 28' N - Long 069° 53' W - GMT-4

Le jour se lève sur Santo Domingo au moment où nous accostons un peu avant 07h00. Comme on le voit sur la carte Google Earth, la ville de Saint-Domingue est située au Sud-Est de l'île. Elle fut officiellement fondée le 4 août 1496, sur la rive ouest de la rivière Ozama, par le gouverneur Don Bartolomé Colomb (frère de Christophe Colomb). C’est la ville la plus ancienne du Nouveau Monde. Aujourd'hui, avec ses plus de 2,5 millions d'habitants, c'est non seulement la plus importante ville de la République Dominicaine, mais c'en est aussi le centre industriel (pétrochimie, métallurgie, plasturgie, textiles, etc.), commercial, financier, culturel et touristique. Son port est le plus grand de l'île. Nous sommes amarrés face à la vieille ville justement. En face de mon balcon de cabine, trois "tugs" : OCOA (deuxième photo) - GUARIONEX et ANJANVEL (à gauche et à droite respectivement sur la troisième photo).

OCOA
GUARIONEX & ANJANVEL
OCOA (Santo Domingo) - IMO 9256585 - Indicatif d'appel HIRD269 - MMSI 327802000 - Remorqueur - 30,80x11,14x5,21 m - TE 4,78 m - JB 397 - JN 119 - PL 145 t - Ptot 3 730 kW (deux moteurs 4T-16cyl Caterpillar 3516B / deux propulseurs Z-Drive) - V 12 nd - Générat. aux. 2 x 165 kW - Traction au croc 50 t - Constr. 06.2002 (East Isle Shipyard, Georgetown, Canada) - Propr./Gérant/Opérat. Remolcadores Dominicanos (Saint-Domingue, République Dominicaine) - Pav. DOM - Ex ATLANTIC OAK (06.2002-10.2003). Sisterships : COCLE (IMO 9247027 / 11.2001) - COLON (IMO 9247015 / 09.2001) - HERRERA (IMO 9256561 / 08.2002) - LOS SANTOS (IMO 9256573 / 10.2002).
GUARIONEX (Santo Domingo) - IMO 9313852 - Indicatif d'appel HI625 - MMSI 327807000 - Remorqueur - 26,09x7,95x4,05 m - TE 3,44 m - JB 200 - Ptot 2 348 kW (deux moteurs 4T-12cyl Caterpillar 3512B-TA / deux propulseurs directionnels) - V 13 nd - Traction au croc 28 t - Constr. 08.2005 (Astilleros Navales Bahia Las Calderas C por A / ANABALCA, Las Calderas, République Dominicaine (coque) / Damen BV Shipyards, Gorinchem, Pays-Bas) - Propr./Gérant/Opérat. Gouvernement de la République Dominicaine (Saint-Domingue, République Dominicaine) - Pav. DOM.
ANJANVEL (Punta Caucedo) - IMO 9239367 - Indicatif d'appel HIRD709 - MMSI 327801100 - Remorqueur - 32,65x10,50x5,40 m - TE 4,70 m - JB 425 - JN 127 - PL 300 t - Ptot 2 998 kW (deux moteurs 4T-6cyl Niigata 6L26HLX / deux propulseurs directionnels) - V 12 nd - Générat. aux. 2 x 210 kW - Traction au croc 50 t - Constr. 04.2002 (ABG Shipyard, Surat, Inde) - Propr. Remolcadores Dominicanos (Saint-Domingue, République Dominicaine) - Gérant Svitzer Caribbean (Doral, Etats-Unis) - Pav. DOM. Sisterships : BURONDI (IMO 9239379 / 02.2004) - DABHOL (IMO 9239393 / 07.2002) - OCEAN QUEST (IMO 9239381 / 06.2002) - PERSEVERANCE (IMO 9237565 / 03.2006) - PERSISTENCE (IMO 9237553 / 03.2006) - SCAPINO (IMO 9237577 / 10.2005).

Une embarcation de service qui participe au nettoyage des eaux portuaires, ce qui n'est pas inutile semble t-il.


Sur la deuxième photo, le voiturier L'AUDACE. Sur la troisième photo, le garde-côtes américain PAUL CLARK (WPC 1106). A droite, le LCU (Landing Craft Utility) NEYBA (LD-31), barge amphibie de la classe LCU-1600 utilisée pour le transport de troupes (jusqu'à 450 hommes) et de matériels (camions, bulldozers, pièces d'artillerie).

L'AUDACE
PAUL CLARK (1106)
NEYBA
L'AUDACE (Santa Cruz de Tenerife) - IMO 9187318 - Indicatif d'appel EAXA - MMSI 224876000 - Voiturier - 142,00x21,00x20,68 m - TE 6,00 m - JB 15 224 - JN 10 304 - PL 4 567 t - Ptot 12 960 kW (deux moteurs 4T-9cyl MAN-B&W 9L40/54 / deux hélices à pas variable) - V 20 nd - Prop. d'étrave (600 kW) - Générat. aux. 2 x 648 kW / 1 x 110 kW - Cap. 1 253 voitures (1 500 m de linéaire garage) - Constr. 11.1999 (Hijos de J. Barreras, Vigo, Espagne) - Propr./Gérant/Opérat. Grupo Suardiaz (Madrid, Espagne) - Pav. ESP. Sisterships : BOUZAS (IMO 9249996 / 10.2002) - LA SURPRISE (IMO 9198719 / 03.2000).
PAUL CLARK / WPC 1106 (Miami) - Garde-côtes - 46,94x7,62 - TE 2,89 m - Déplac. 353 t - Ptot 8 600 kW (deux moteurs) - V 28 nd - Prop. d'étrave (75 kW) - Autonomie 2 500 milles - Equipage 22 - Gérant/Opérat. United States Coast Guard (Etats-Unis) - Constr. 05.2013 (Bollinger Shipyards, Lockport, Louisiane, Etats-Unis) - Pav. USA.
NEYBA / (LD-31) - Barge de débarquement autopropulsée - 41,10x8,80 m - TE 2,74 m - Déplac. lège 203 t - Déplac. à pleine charge 381 t - Ptot 508 kW (deux moteurs Detroit 12V-71 / deux hélices en tuyères Kort) - V 11 nd - Autonomie 120 milles - Equipage 11 - Constr. 1970 - Pav. USA.

Ci-dessous, trois autres unités de la marine dominicaine. Sur la première photo, le CAPOTILLO (PM-204), navire de soutien pour la patrouille côtière. Sur la deuxième photo, le patrouilleur CANOPUS (GC-107) à gauche et la vedette multifonctions (patrouille côtière, navire de sauvetage, etc.) SIRIUS (GC-110) à droite. Sur la photo de droite, le cargo CFS PANAVERA au mouillage en zone d'attente de Santo Domingo.

CAPOTILLO (PM-204)
CANOPUS (GC-107) & SIRIUS (GC-110)
CFS PANAVERA
CFS PANAVERA (Montego Bay) - IMO 9328613 - Indicatif d'appel 6YRJ4 - MMSI 339400116 - Cargo de divers - 126,95x20,40x10,35 m - TE 7,75 m - JB 7 578 - JN 3 553 - PL 8 508 t - P 7 200 kW (mot. 4T-6cyl MaK-Caterpillar 6M20 / hélice à pas variable) - V 18 nd - Prop. d'étrave - Générat. aux. 1 x 1 032 kW / 2 x 960 kW - Cap. GRN 11 835 m3 (3 cales) / 712 evp (dont 135 reefers) - Grues 2 x 40 t - Constr. 12.2005 (Cassens Werft, Emden, Allemagne) - Propr./Gérant Harren & Partner (Brême, Allemagne) - Opérat. Caribbean Feeder Services / CFS (Davie, Etats-Unis) - Pav. JAM. Une quinzaine de sisterships.

L'île au sud de laquelle nous accostons — autrefois baptisée Hispaniola par les Espagnols et même La Española lors de sa découverte par Christophe Colomb en 1492, nous y reviendrons — est constituée de l'actuelle République Dominicaine (sur la partie Est) et de la République d'Haïti (sur la partie Ouest). Elle est baignée au Nord par l'Océan Atlantique et au Sud par la mer des Caraïbes. Cette île bi-nationale est située entre Cuba (à l'Ouest) et Porto Rico (à l'Est). Elle s'étale entre 17º 40’ et 19º 56’ de latitude Nord et entre 68º 20’ et 72º 01’ de longitude Ouest. L'ensemble de l'île mesure 77 914 km2, dont 48 442 km2 pour la seule République Dominicaine (soit un peu plus de quatre fois la surface de la Jamaïque que nous avons quittée il a deux jours). Elle s'étend en gros sur 650 km d'Ouest en Est et sur 250 km au maximum de sa largeur du Nord au Sud (environ 1 600 km de côtes). Ce territoire fut, lui aussi, découvert par Christophe Colomb, le 5 décembre 1492, lors de son premier voyage au Nouveau Monde. Quand les Espagnols débarquèrent sur l'île, celle-ci était peuplée par les Amerindiens Taïnos, dont nous avons déjà parlé à propos de Cuba et de la Jamaïque (ce nom signifie "les bons" dans leur langue). Leur nombre fut estimé entre 300 000 et 600 000 (là encore, les chiffres divergent selon les auteurs). Le nom d'origine de l'île était alors Quisqueya, qui signifie "Mère de toutes les terres" en langue Taïno. C'est sur ordre du roi Ferdinand d'Espagne que l'île fut rebaptisée Santo Domingo, ce qui est logique puisque les premiers missionnaires qui s'installèrent sur l'île d’Hispaniola, en 1510, étaient des missionnaires de l’Ordre de Saint Dominique (dirigés par Fray Pedro de Córdoba). Ils y fondèrent le 28 octobre 1538 la première université d'Amérique (Université Saint-Thomas d’Aquin), laquelle existe toujours, maintenant sous le nom d’Universidad Autónoma de Santo Domingo (c’est grâce à sa grande activité intellectuelle que la ville de Saint Domingue fut surnommée "l’Athènes du Nouveau-Monde" ; il faut d'ailleurs noter que, de nos jours, l'enseignement aussi bien public que privé est fortement subventionné par le gouvernement dominicain). La population de la République Dominicaine est d’environ 10 millions d’habitants, dont plus du quart vit dans la capitale, Santo Domingo de Guzmán (de son nom complet). La langue officielle est l'espagnol, mais de nombreux mots d'origine indigène émaillent encore la langue des paysans. La religion catholique est prédominante, mais la liberté de culte est un droit constitutionnel. La monnaie locale est le "peso dominicain" (100 DOP = 2 € environ). Le climat est doux toute l'année, la température moyenne ne descendant pas au-dessous de 18-20 °C et montant jusqu'à 28-30 °C. Les très grosses chaleurs lui sont épargnées en raison des alizés qui soufflent du Nord-Est. Le point culminant de l'île, le Pico Duarte, situé dans le massif montagneux au centre de l'île, domine celle-ci de ses 3 096 m. Deux produits typiques de Saint Domingue : l'ambre d'abord, "pierre précieuse" nationale (appelée localement "gemme des siècles" car elle contient souvent des insectes et autres organismes emprisonnés lors de la formation de cette ambre dont les plus anciens spécimens dont datés de plusieurs millions d'années). J'ai écrit "pierre" entre guillemets car l'ambre n'est pas un minéral mais une résine fossilisée, résultant du durcissement de la sève d'une essence de pin aujourd'hui disparue. L'ambre était autrefois considérée comme une amulette par les indigènes car, frottée, elle attire les objets légers, pouvoir simplement dû à l'électricité statique qu'elle contient. L'autre produit typique de Santo Domingo est le larimar ou "turquoise de la République Dominicaine". De nombreux bijoux et objets décoratifs sont réalisés avec ces deux pierres.



Avant de consacrer le principal de mon temps libre à la visite, à pied, de la vieille ville coloniale de Santo Domingo (inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1990, et déclarée Capitale américaine de la Culture en 2010), je fais un saut au Mausolée de Christophe Colomb, évidemment incontournable, même si je ne suis pas séduite par son architecture massive et quelque peu démesurée. Les plans de ce monument furent établis dès 1931 par l'architecte écossais Joseph Lea Gleave (1907-1965), son projet ayant été retenu après un concours où il fut confronté à plusieurs centaines d'autres propositions venant du monde entier. Il ne verra toutefois jamais son projet réalisé, puisque la construction ne démarra réellement qu'en 1986 (les fondations avaient été réalisées en 1948, mais les travaux arrêtés par manque de financement). Le mausolée / musée dédié au grand navigateur fut finalement inauguré en 1992, lors des commémorations du 500e anniversaire de la découverte de l'Amérique. Sur la photo de droite, au pied du monument, buste de Joaquín Balaguer Ricardo (1906-2002), président de la République dominicaine au moment de la construction de ce mausolée.


Cet édifice, situé dans la périphérie Est de Saint-Domingue, est appelé El Faro a Colón (Phare à Colomb). Le navigateur Christophe Colomb est né en 1451 (date précise encore controversée) sans doute à Gênes (Italie) — bien que d'autres pays (Espagne, Portugal, Corse) s'attribuent parfois son lieu de naissance. Certains historiens le disent catalan d'origine juive (curieusement, Colomb écrivait d'ailleurs toujours en espagnol et jamais en italien). Ses années de jeunesse sont de toute façon globalement mal connues (on sait que son père, Domenico Colombo, était tisserand et destinait ses deux fils à ce métier…). Sa vie de marin est elle beaucoup mieux connue, ainsi que la fin de sa vie. Christophe Colomb est mort le 20 mai 1506 à Valladolid (Espagne). Ses funérailles eurent lieu dans la cathédrale de Valladolid et il fut inhumé dans le couvent de l'Observance à Valladolid. En 1509, sa dépouille fut transportée à la chartreuse de Las Cuevas, à Séville (son fils Diego Colomb l'y rejoindra en 1526). Comme Christophe Colomb avait toujours dit qu'il souhaitait être enterré à Saint-Domingue, Doña María de Toledo — épouse de Diego Colomb — fit transférer en 1540 les restes de son époux et de son beau-père en la cathédrale de Saint-Domingue. Les restes du grand amiral furent finalement déposés dans ce mausolée en 1992. Ce gigantesque bâtiment de béton abrite, en plus du tombeau de Christophe Colomb et de son fils, différentes salles transformées en musées des différents pays d'Amérique Latine qui ont participé financièrement à sa construction. Je ne pourrai toutefois pas le visiter car il est fermé le dimanche. Petite précision : des restes d'un membre de la famille Colomb y furent effectivement transférés, mais sont-ce réellement ceux du Grand Amiral ou ceux de son fils, les historiens semblent encore partagés. En effet, pour ne pas être encore plus longue dans mon propos, je n'ai pas mentionné le transfert de sa dépouille de Saint-Domingue à Cuba (fin 1795… après que le Traité de Bâle ait donné à la France l'entièreté de l'île de Saint-Domingue, obligeant les Espagnols à fuir), puis un retour à Séville après l'indépendance de Cuba (Traité de Paris de 1898), avant de revenir à Saint-Domingue…



Le paquebot MSC ARMONIA vu de l'esplanade située devant le phare de Colomb, esplanade sur laquelle flotte le drapeau de la République dominicaine. Ses couleurs (bleu - blanc - rouge) sont le fruit de son histoire. En effet, il est directement inspiré du drapeau haïtien, lequel est issu du drapeau français. En son centre, on trouve les armoiries du pays (cf. détail ici).



Je poursuis par un rapide tour en bus de la ville moderne (en tout cas la plus touristique), en passant d'abord au pied de la muraille (côté mer). Je ne publie que quelques photos (à titre d'exemples), mais c'est une suite ininterrompue d'hôtels de luxe dont certains avec casino (comme sur les deuxièmes et troisièmes photos ci-dessous), de bâtiments publics (comme le Palais des Beaux Arts sur la photo de droite ci-dessous) et de parcs.


Sur la première photo ci-après, autre extrémité du Palacio de Bellas Artes (et jardin qui l'entoure). Sur la deuxième photo, le Ministerio de Educacion. Sur la photo de droite, l'Oficina de Cooperacion Internacional.


Ci-dessous, le Palais Présidentiel (visible que de l'extérieur) et un peu de sa flore (j'ignore malheureusement le nom de ces plantes).



Deux exemples d'habitats à Saint-Domingue, à quelques rues d'intervalle. La première propriété est toute proche du palais présidentiel. La photo suivante représente une rue à quelques centaines de mètres dudit palais. Des modes de vie très différents et pourtant relativement proches géographiquement semblent cohabiter, ou en tout cas, coexister.


La République Dominicaine compte, on l'a déjà dit, environ 10 millions d'habitants, dont plus du quart habitent la capitale Saint-Domingue (son nom complet en espagnol est Santa Domingo de Guzman). Fondée le 4 août 1496 par Don Bartolomé Colomb, ce fut la première ville fondée dans le "Nouveau Monde". Bien sûr, comme tous ces nouveaux territoires prometteurs de richesses, Saint-Domingue suscita les convoitises des autres nations du Vieux Continent et fut envahie à plusieurs reprises par la France et l'Angleterre notamment, mais aussi par les Etats-Unis et par Haïti. La ville dut, par conséquent, s'entourer de murailles et construire des forteresses. Ainsi, ci-dessous à gauche, vue générale de la Forteresse Ozama, dominée par la Torre del Homenaje ("Tour de l'Hommage"), massive tour médiévale construite entre 1503 et 1507 sur ordre de Nicolás de Ovando, alors gouverneur de l'île. Cet ensemble militaire, dont le nom vient du fait qu'elle domine le rio Ozama ("rivière profonde" en langue Taïno), était destiné à protéger la ville contre les attaques de pirates et les potentiels envahisseurs. Cette forteresse comporte des donjons et de nombreux souterrains qui servaient de prisons. Don Diego Colomb fit son entrée triomphale dans cette forteresse le 9 juillet 1509, investi des titres de "Deuxième Vice-roi du Nouveau Monde, Deuxième Amiral de la Mer Océan, Duc de Veragua, Marquis de Jamaïque et Gouverneur de La Española".


J'entre (à pied) dans la vieille ville par la Puerta del Conde, y accédant en surplombant les fondations du Muro de contencion del puerto ou "mur de retenue du port" datant du XVIe siècle (deuxième photo). Ce qui signifie que la mer venait jusqu'au pied de la muraille lors de la fondation de la ville, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, même si elle n'en est pas très éloignée. Sur la photo de droite, juste derrière la muraille fermant la ville, la Plaza Patriótica sur laquelle se trouve un buste du General Juan Pablo Duarte (1813-1876), l'un des trois "Padres de la Patria " (fondateurs et héros nationaux de la République dominicaine). La République Dominicaine est indépendante depuis le 27 février 1844. Les "Pères Fondateurs de la Patrie", tels que leur mémoire reste dans la culture dominicaine, sont en effet les indépendantistes Juan Pablo Duarte, Francisco del Rosario Sánchez et Matías Ramón Mella.


De la base de cette rue joliment restaurée part un grand escalier menant au Palais Vice-royal (deux photos de droite).


Les photos suivantes présentent le Palais Vice-royal Alcazar de Diego Colomb, connu aussi sous le nom de Casa del Príncipe ou "Maison du prince" (photos extérieures et intérieures). Cet imposant édifice fut construit en 1509-1510, sur la Plaza de España, à la demande de Don Diego Colomb — fils aîné de Christophe Colomb — qui souhaitait en faire sa résidence principale alors que la Royauté espagnole l'avait envoyé en 1509 à Saint-Domingue pour devenir le Vice-Roi de la colonie (Diego Colomb naquit probablement en 1480 dans l'île de Porto Santo, archipel de Madère, et mourut à Montalban, près de Tolède, en 1526). C'est de cette grande demeure que les colonies espagnoles du Nouveau Monde étaient administrées. C'est de là aussi que furent montées les expéditions qui allaient permettre la découverte et la colonisation du Pérou, de la Colombie, du Guatemala, de Cuba, de Porto Rico, etc.



Environ 1 500 ouvriers indigènes participèrent à sa construction sous la direction d'architectes venus d'Espagne. Belle façade avec cinq arches sur deux niveaux.


Assez austère de l'extérieur, construite en pierre corallienne locale, cette résidence est plutôt somptueuse à l'intérieur. Diverses influences architecturales y sont présentes (mélange de styles gothico-mudéjar et Renaissance espagnole et italienne). L'ensemble du bâtiment comporte 22 pièces, 72 portes et fenêtres.


Les plafonds sont décorés de belles poutres sculptées.


A l'intérieur des pièces, environ 800 objets (armures, vêtements, tapisseries, meubles coloniaux, matériels de cuisine, plats et céramiques, sculptures, peintures, objets religieux, etc.) datant du XIIIe au XVIIIe siècle.






Sur la photo de gauche, très belle salle de musique.


Deux filles de Diego Colomb et de son épouse María de ToledoJuana et Isabel — naquirent dans ce palais en 1512 et 1513. Cette résidence abrita pendant plusieurs siècles les différents conquérants espagnols qui partaient à la conquête de nouveaux territoires en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Abandonné au XVIIIe siècle, le bâtiment a été profondément restauré en 1955-1957 sous la conduite de l'architecte espagnol Javier Barroso (1903-1990).


Ci-dessous, le MSC ARMONIA vu de la Place d'Espagne, en quittant l'Alcazar.


Sur les deux premières photos, sur une rue partant de la Place d'Espagne, la Casa de Francisco Davila. La famille Davila était l’une des familles influentes de l’île. Sur les deux photos de droite, des acajous (ces arbres sont sur l'un des côtés de la place d'Espagne).


En bordure de la Plaza de España, de superbes palmiers. C'est de la partie supérieure de leur "tronc" (je devrais dire "stipe", car contrairement au tronc de la plupart des arbres — qui s'épaissit avec les années, le nombre de leurs anneaux de croissance permettant d'ailleurs de les dater — celui des palmiers conserve son diamètre, ne faisant que s'allonger par ajout de nouvelles gaines foliaires qui durcissent et brunissent) que l'on produit les "cœurs de palmier" que nous utilisons dans nos salades. C'est la partie centrale du "bourgeon terminal" vert clair qui donne ce que nous appelons "cœur de palmier" en métropole et qui est appelé "chou palmiste" dans toutes les îles de la Caraïbe.


Je me rends ensuite au Musée de las Casas Reales, qui fait l'angle de la Calle Las Damas et de la Calle Las Mercedes. Dans la cour, une statue de Alonso de Zuazo. Né à Olmedo (près de Valladolid, au centre de l'Espagne) en 1466, ce juriste de formation fut envoyé par la couronne espagnole à Saint-Domingue en 1516 pour y jouer le rôle de surintendant (en même temps que Las Casas). Il réforma la justice et la police. Il occupa son poste jusqu'en 1522 et mourut à Saint-Domingue en 1527. A droite, une paonne en liberté dans la cour.


Une des entrées du musée et quelques détails de plafonds et de pavements.


Installé depuis 1976 dans l'ancien Palais des Capitaines Généraux construit en 1520 et dans l'ancienne Salle d'audience royale (premier palais de justice du Nouveau Monde) construite en 1521 — ces deux bâtiments étant appelés "las Casas Reales" au temps de la colonisation — ce "musée des maisons royales" retrace l'histoire de Saint-Domingue, depuis la culture Taïno jusqu'à la post-colonisation par les Espagnols. Ce musée est très intéressant, présentant l'histoire politique, militaire, économique, sociale et religieuse du pays.


Cette partie du musée évoque Christophe Colomb, découvreur de l'île en 1492 comme on l'a déjà dit, avec présentation de quelques instruments de navigation et des maquettes de caravelles.


Ici biographies succinctes des "conquistadores" de Porto Rico (Juan Ponce de Leon), de Cuba (Diego Vellasquez de Cuellar) et de la Jamaïque (Juan de Esquivel) sur la première photo, du Mexique (Hernan Cortes) sur la deuxième photo, du Nicaragua (Gil Gonzales Davila) sur la troisième photo. D'autres explorateurs qui ont participé à ces expéditions sont également mentionnés, comme Vasco Nunez de Balboa qui navigua dans l'océan Pacifique, comme Bartolome Colon qui fonda Santo Domingo, ou encore comme Alonso de Ojeda qui obtint de l'Espagne l'autorisation de créer le premier "asiento" en Amérique du Sud (l'asiento étant une sorte de monopole commercial qui s'appliqua malheureusement… sur le trafic des esclaves en premier lieu).


Ici, le guide dominicain (fort sympathique et parlant un excellent français) présente les routes suivies par différents explorateurs, dont Christophe Colomb lors de ses quatre expéditions vers le "Nouveau Monde". On le sait, c'est auprès du Roi d'Espagne Ferdinand d'Aragon et surtout de la Reine Isabelle de Castille que le Gênois obtint le financement de ses expéditions. La première s'étala entre août 1492 et mars 1493. Le deuxième voyage eut lieu entre septembre 1493 et juin 1496. Le troisième voyage, en 1498, lui tourna court et fut un échec. Malgré cela, il parviendra à en faire un quatrième entre mai 1502 et novembre 1504.


Matériel utilisé dans "l'industrie" de la canne à sucre. Sur les deux premières photos, la "trapiche", pressoir en bois à trois cylindres typique utilisé pour extraire le jus de la canne à sucre.


Les pressoirs étaient bien sûr alimentés en tiges de canne à sucre et actionnés par des esclaves qui, s'ils n'étaient pas jugés assez performants, subissaient toutes sortes de châtiments (comme celui ci-dessous à droite).


Les photos ci-dessous rappellent que la culture du tabac à Saint-Domingue remonte aux indigènes Taïnos.


Sur les deux premières photos, autres vues du Musée de las Casas Reales. Sur la deuxième photo, on voit les armoiries de la reine Jeanne de Castille, connue aussi sous le nom de "Jeanne la Folle", femme de Philippe le Beau (ce sont, m'a t-on dit, les seules qui existent dans le monde). La gravure en est malheureusement très altérée. Face à ce musée, un cadran solaire construit en 1753 sur ordre de Don Francisco Rubio y Peñaranda qui était alors Gouverneur de l'île.


Stationnée devant la Casa de Los Jesuitas, sur l'avenida Mercedes, une des nombreuses calèches sillonnant la vieille ville. Cette maison, l'une des plus anciennes de la ville, fut construite au tout début du XVIe siècle sur ordre de Nicolas de Ovando, Gouverneur de la colonie de 1502 à 1509. Cette "casa" fut donnée à la Compagnie de Jésus en 1701. Elle en fit un collège, puis une université. Lorsque les Jésuites furent expulsés de Saint-Domingue en 1767, la maison revint à la Couronne espagnole. Jouxtant cette maison, sur la Calle Las Damas, un bâtiment assez austère (cf. photos suivantes) construit entre 1714 et 1745 et qui était à l'origine l'Eglise de la Compagnie de Jésus aussi connue sous le nom de Templo de San Ignacio de Loyola. De 1745 à 1767, elle fut rattachée à l'Université Royale et Pontificale de Santiago de La Paz. De 1792 à 1798, elle servit de chapelle au Séminaire Royal et Conciliaire de San Fernando. Restaurée, elle fut consacrée, le 2 juin 1956, Panthéon de la Patrie pour accueillir dans une ambiance religieuse, d'amour et de vénération les restes d'hommes et de femmes illustres. "Reconnaissance de la Patrie et Gloire à eux".



Ci-dessous à gauche, la nef centrale de l'église des Jésuites. Cet nef forme une croix avec les chapelles latérales. Surplombant le centre de cette croix, une coupole où est suspendu un énorme lustre en bronze offert au gouvernement dominicain par… le Général Franco, comme contribution de l'Espagne à la restauration du monument.


A droite, le blason de la République dominicaine (adopté en 1913). Il reprend les couleurs bleu-blanc-rouge du drapeau national. Au centre, une page de l'évangile surmontée d'une croix, en hommage sans doute aux Dominicains fondateurs de Saint-Domingue et, plus généralement, aux valeurs religieuses des Dominicains. A gauche, une branche de laurier : vert toute l'année, il est le symbole de l'immortalité (et aussi de la victoire). A droite, une branche de palmier : c'est un symbole de souveraineté et de liberté (il nourrit l'homme, le désaltère, l'habille, etc.). En haut du blason, la devise du pays : "Dios, Patria y Libertad" (Dieu, Patrie et Liberté) qui résume les autres symboles précédemment mentionnés.


Quelques-uns des tombeaux présents dans les allées latérales du Panthéon de la Patrie, ex Casa de Los Jesuitas comme nous venons de le voir.


Je poursuis mon parcours sur l'historique Calle Las Damas (pour mémoire, première rue tracée — en 1502 — dans l'antique ville de Santo Domingo, première ville d'Amérique !). C'est donc le long de cette rue que furent construites, au début du XVIe siècle, les premières maisons de pierre destinées aux personnages importants de la ville et aux "Conquistadores". Elle a changé plusieurs fois de nom, et dans les écrits on la trouve aussi sous les noms de "Calle de la Fortaleza", "Calle de la Fuerza", "Calle de la Capitania", "Calle de Los Jesuitas", "Calle del Reloj" ou encore "Calle del Arsenal y de Colon". Mais c'est bien sous le nom de "Calle Las Damas" qu'elle est la plus connue (nom qu'elle doit au fait que les dames de l’époque aimaient s'y promener, notamment Doña María de Toledo, la femme du gouverneur Diego Colomb). Sur les deux photos de droite, l'Embajada de Francia. Cette Ambassade de France fut construite en 1502 sur ordre du Gouverneur Ovando. C'est l'ancienne maison de B. Hernan Cortes (c'est là, selon de nombreux historiens, qu'il mit au point sa stratégie pour la conquête du Mexique). La maison fut restaurée en 1978 et remodelée en 1999 pour abriter les bureaux de la "Maison de la France".


Sur les deux premières photos ci-après, la Academia de Ciencias de la Republica Dominica. Sur la troisième photo, la Sociedad Dominicana de Bibliofilos. Cette "casa" fut construite en 1528. C'était l'une des deux maisons de Gaspar de Astudillo, lequel était né à Burgos en 1485 et était arrivé à Saint-Domingue en 1509, appartenant à la suite de l'Amiral Don Diego Colon. Il devint "observateur" des fonderies d'or et d'argent. Mort le 27 avril 1553, il fut enterré à la cathédrale de Saint-Domingue. Cette vieille maison de pierres fut restaurée en 1977 et abrite donc la Société dominicaine des Bibliophiles depuis le 23 avril 1978. Aujourd'hui, la Société dominicaine des Bibliophiles a pour objectif principal la conservation et la restauration des œuvres littéraires ayant trait à la République Dominicaine. Elle en réédite également, avec de luxueuses reliures, pour les distribuer à ses membres.


Quittant la Calle Las Damas pour rejoindre la cathédrale, je passe devant un magnifique tulipier du Gabon en pleine floraison.


Au coin de la Calle Isabel La Católica, j'emprunte la Plazoleta de los Curas. Jolie petite place arborée sur laquelle donnent différents édifices religieux liés à la cathédrale, comme le "Vicaria de Servicios Pastorales" (deuxième photo), qui débouche juste sur l'arrière de la Cathédrale de Santa María de la Encarnación, Primada de America / Sainte-Marie de l’Incarnation, Primat des Amériques (photo de droite), laquelle ne comporte pas de transept.



Construite dans les années 1540 (cf. infra), la Cathédrale de Santa María de la Encarnación fut la première cathédrale construite en Amérique. C'est le plus vieil exemple de bâtiment gothico-plateresque d'Amérique, mêlant les styles gothique, Renaissance espagnole, Renaissance italienne et baroque. On y entre par trois portes. Ici, à gauche, la Porte Sud, face à la Plazoleta de los Curas (la petite place des prêtres), qui est aussi connue sous le nom de Puerta del Perdón (la porte du pardon). Au pied de l'escalier, le buste de l'Archévêque de Saint-Domingue, Mgr Fernando Arturo de Meriño (1833-1906).


Sur les deux séries de photos suivantes, façade principale de la cathédrale, sur laquelle donne la deuxième porte (porte Ouest). Cette porte est la porte principale. Elle est dite de "style plateresque" (de "platería" qui signifie "orfèvrerie"), qui est un style purement espagnol caractérisé par des éléments décoratifs foisonnants, d'origine gothique traditionnel et mêlés à des emprunts de la Renaissance italienne (ce style prévalut en Espagne avec l’arrivée massive d’or et d’argent venant du Nouveau Monde, "plata" signifiant justement "argent"). Elle est précédée d'un grand parvis (… transformé en marché lors de la domination haïtienne au XIXe siècle !).


L'architecte Alonzo Rodriguez reçut, le 25 mai 1510, du roi d'Espagne l'ordre de construire une cathédrale à Saint-Domingue. Il embarqua pour l'île dès le 13 juin, accompagné de onze maçons et de deux tailleurs de pierre. Don Diego Colomb posa la première pierre et les travaux commencèrent aussitôt. Mais les artisans espagnols étaient aussi opportunistes que les conquistadores, et se vendaient souvent aux plus offrants. C'est ainsi que Alonzo de Rodríguez partit vers le Mexique avec ses plans et y construisit la cathédrale de Mexico ! En 1519, l'évêque Alejandro Geraldini arrive à son tour à Saint-Domingue, dans le but de reprendre les travaux. Ils ne débutèrent réellement qu'en 1523 et la cathédrale ne fut consacrée qu'en 1540. Le beffroi et le clocher n'ont toutefois jamais été totalement achevés. Promue "Catedral Metropolitana y Primada de las Indias" ("Cathédrale Métropolitaine et Primat des Indes") en 1546, elle devenait ainsi le centre de la chrétienté du Nouveau Monde, ayant autorité sur toutes les églises de cette région du monde.


Ce bâtiment massif en pierres coralliennes dispose, en plus du maître-autel, de quatorze chapelles latérales où reposent les cendres d'illustres personnages. L'une d'elles renfermait le tombeau de Christophe Colomb, jusqu'à ce que celui-ci soit transféré (en 1992) dans le Phare de Colomb (comme vu précédemment).


Ci-dessous, côté de la cathédrale donnant sur le parc Colomb. On voit très bien, sur la photo de droite, la troisième porte d'accès de la cathédrale, la Porte Nord.


Sur cette place arborée, autrefois appelée Plaza Mayor et aujourd'hui Parc Colomb (El Parque Colón en espagnol), se dresse un monument édifié par l'artiste Ernesto Gilbert et inauguré le 27 février 1887, en l'honneur du Grand Amiral Christophe Colomb, "découvreur du Nouveau Monde, premier Gouverneur d'Amérique" (texte inscrit sur le socle de la statue). On notera la présence, sur la partie intermédiaire du piedestal (troisième photo), d'une femme sensée représenter Anacaona ("Fleur d'Or" en langue indigène), la belle et intelligente cacique ("chef de tribu") des Taïnos, première indigène à savoir lire et écrire.


Quelques autres vues du Parc Colomb, très fréquenté aussi bien par les locaux que par les touristes. A droite, le Museo de la Catedral (non visité).


Ci-dessous à gauche, donnant sur la Calle Isabel la Catolica qui longe le parc Colomb, le Palacio de Borgella, anciennement maison de Diego de Herrera (un important juriste de la colonie au XVIe siècle). La partie supérieure du palais a été ajoutée au XIXe siècle, durant l'occupation haïtienne (1822-1844), au moment où elle devint la résidence du Gouverneur haïtien Geronimo Borgella. Il abrite de nos jours des bureaux administratifs. Sur les deux photos suivantes, la Escuela Nacional de Artes Visuales (ENAV) sur la jolie rue piétonnière El Conde (qui conduit du Parc Colomb au Parc de l'Indépendance). Cette école fut inaugurée le 19 août 1942.


Au cours de son histoire, Santo Domingo sera confrontée à différents envahisseurs et passera successivement sous plusieurs dominations (anglaise, française, haïtienne). Les Français s'établirent à partir de 1625 sur l'ïle de la Tortue (à l'Ouest d'Hispaniola) et sur la partie occidentale de l'île. La partition de l'île entre Français et Espagnols remonte à 1697, et c'est le 1er janvier 1804 que la colonie française devint — après des mouvements insurrectionnels menés sous l'impulsion de Toussaint Louverture (1743 - 1803) — une "république noire et indépendante" sous le nom d'Haïti (27 750 km2). Suite à de nombreux mouvements en faveur de l'indépendance face aux Haïtiens, sous l'impulsion de Juan Pablo Duarte en particulier, l'ancienne colonie espagnole obtiendra, elle, son indépendance en 1844, et prendra alors son nom actuel de République Dominicaine (48 730 km2). Mais en 1861, les Espagnols l'annexent de nouveau, mais ce ne sera que temporaire et les Dominicains retrouveront leur indépendance, définitive cette fois-ci, en 1865. Saint-Domingue sera une dictature entre 1930 et 1961, pendant la "présidence" de Rafael Trujillo (1891-1961). Ne doutant de rien, il fit rebaptiser Santo Domingo en Ciudad Trujillo et le Pico Duarte en Pico Trujillo (cela serait risible si ce n'était que les seules conséquences de cette dictature !). Sous son régime, les riches s'enrichirent davantage, mais la misère s'installa pour tous les autres. Une véritable "chasse aux sorcières" fut menée contre les habitants d'origine haïtienne (le plus souvent d'anciens esclaves africains ou leurs descendants") afin de "blanchir" la population dominicaine. S'il fit évoluer positivement l'île au niveau éducation, santé, et même développement économique, il mena une répression de fer contre tous les éventuels opposants. Il sera assassiné en mai 1961. Cette période de l'île est retracée, m'a t-on dit, dans le Musée de la Résistance Dominicaine que je n'ai hélas pas eu le temps de visiter.



Appareillage de Santo Domingo  (République Dominicaine)


Prochaine escale : Philipsburg (Saint-Martin / Sint Maarten)

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Dernière mise à jour : 16.05.2017

© Françoise Massard
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