Un demi-tour du monde à bord du CMA CGM NABUCCO (déc.2006-févr. 2007)
Françoise Massard




Exercice antipollution

Le 3 janvier 2007 s'est passé dans le Golfe d'Aden. Cette longue journée de navigation a permis à l'équipage de s'entraîner, en vraie grandeur, à une forme de lutte antipollution. Le but de cet exercice est de circonscrire le déversement accidentel d'un produit dangereux émanent d'un conteneur.

C'est aux environs de 16 h que l'alarme générale du navire a retenti : une série de coups brefs, suivie d'un coup long, puis un message annonçant l'exercice.

Tous les membres d'équipage munis de leurs casques se rendent au plus vite à leurs postes (situés au pont principal), bien sûr sans emprunter l'ascenceur ! Certains enfilent les "combinaisons chimiques" tandis que d'autres mettent les "tenues de pompiers" et les masques respiratoires Fenzy™ (au cas où la pollution chimique dégénèrerait en incendie), équipements stockés dans le local AIS (armoire incendie secondaire). Des collègues les aident à s'équiper le plus rapidement possible. Pendant ce temps-là, d'autres membres d'équipage se munissent qui de sciure ou autres produits absorbants, qui de manches à incendie, raccords et lances (stockés dans le local SOPEP / Ship Oil Pollution Emergency Plan). Chacun connaît parfaitement son rôle.

Chaque manche à incendie
mesure 20 m
Quelques infos supplémentaires
du Second
L'équipage se dirige, par tribord,
vers l'avant du navire...
... puis monte par une échelle
vers le panneau de cale 5

C'est en effet un conteneur de la Bay 38 qui est sensé avoir fui, et l'exercice va donc être réalisé à l'avant du navire, sur le panneau de la cale 5. Une mousse simulant la fuite a été répandue. La passerelle a donc été prévenue de "l'accident" et le lieutenant de service a immédiatement vérifié la nature du produit incriminé (via les documents à sa disposition : plan de chargement des produits dangereux, classes de ces produits, fiches sécurités les concernant, etc.), de façon à donner les informations au Second Capitaine qui coordonne la lutte antipollution. Dans le cas présent, le produit n'émet pas de vapeurs toxiques (il n'est donc pas nécessaire de faire des prélèvements suivis d'analyse avant d'envoyer du personnel sur zone) et peut être traité à l'eau sans risque d'explosion.

Ouverture de la vanne
d'arrivée d'eau
La mousse, préalablement répartie sur le lieu de l'exercice,
est chassée par l'eau sous pression envoyée en amont (1)
Mallette de prélèvement et
d'analyse rapide des toxiques

(1) En effet, la lance à incendie n'est pas dirigée directement sur la mousse à évacuer (qui simule le produit toxique), car l'eau sous pression aurait l'effet inverse de celui recherché, en faisant gonfler la mousse (et donc augmenter son volume) au lieu de l'éliminer. Elle entraînerait surtout d'inévitables projections de produits toxiques sur les opérateurs. En revanche, c'est le rideau d'eau créé en avant du mur de mousse qui va pousser celui-ci et l'évacuer.


L'exercice est terminé, il faut ranger le matériel et les équipements...
... et nettoyer à l'eau douce le canon à mousse comme l'explique le Lt Bucur

Le "Cadet" prépare son plan de débriefing, tandis que le Second répond à quelques questions...
... en attendant que tous les membres d'équipage aient rejoint le gymnasium (après avoir rangé leurs équipements)
Le Second Capit aine, le Second Mécanicien et le Bosco, qui ont coordonné l'exercice, concluent
L'un des masques respiratoires utilisables en urgence sur un "sinistre" afin d'évaluer la toxicité avant d'envoyer du personnel sur zone (2)
(2) EEBD : Emergency Escape Breathing Device.

Grâce à la conscience professionnelle de chacun, l'exercice s'est parfaitement déroulé.

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© Françoise Massard
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