De Zeebrugge au Cap Nord à bord du PRINCESS DANAE (juin 2001)
Françoise Massard

 
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Eglise de Fantoft… sous la pluie
(les seules deux heures de pluie du séjour !)

Les « Stavkirker »

Avec l’immense forêt qui recouvre leur territoire et alimente aujourd’hui une grande partie de l’économie (la Norvège est l’un des principaux producteurs de pâte à papier, après le Canada), les Norvégiens acquirent très tôt dans leur histoire une parfaite maîtrise des techniques du bois, qu’il s’agisse de construction ou de décoration de drakkars ou de « stavkirker », ces églises aux multiples toits encore appelées « églises en bois debout ».
Lorsque les Vikings se convertirent au catholicisme, c’est tout naturellement le bois qu’ils choisirent pour construire leurs lieux de culte. Les premières églises du XIe  siècle étaient toutefois bien modestes : une seule nef, prolongée par un choeur plus petit en contrebas. Puis, pour les isoler du sol et les préserver de l’humidité, elles furent construites sur un socle de pierre. Mais elles manquaient de légèreté et d’élan vers le ciel, et leur faible capacité ne leur permettait plus de contenir l’ensemble des fidèles dont le nombre avait considérablement augmenté.

Vue générale de la stavkirke de Fantoft
(banlieue sud de Bergen)… sous la pluie
Vue partielle de la même
église en bois debout
 

C’est alors qu’apparurent ces insolites stavkirker, le mot "stav" signifiant poteau et "kirke" évidemment église. La nef initiale fut agrandie de bas-côtés et ceinte d’une galerie extérieure. L’ensemble de l’édifice prit de la hauteur et dressa son clocher vers le ciel, le tout soutenu et étayé par les fûts élancés des plus beaux arbres de la forêt. Mais, même les troncs les plus hauts ne pouvaient soutenir l’édifice de bas en haut : il fallut donc créer des plans différents pour répartir les charges, et donc couvrir l’édifice, non pas d’un toit, mais de plusieurs, à des hauteurs différentes, ce qui donne aux stavkirker ce petit air de "pagode".

A l’intérieur, quatre énormes poutres se croisent en rectangle sur le sol et supportent les poteaux qui y sont fichés. Ceux-ci constituent avec les quatre poteaux-corniers l’armature interne de l’église. Au faite des toits, les têtes de dragons, les mêmes qui pendant des siècles avaient orné la proue des drakkars, sont sensées éloigner les mauvais esprits.

Il existe encore 31 stavkirker parfaitement sauvegardées sur les 1 300 bâties avant le XIVe siècle.

Les « staver » ou « piliers » sur lesquels repose la toiture en écailles de bois
Détail de la charpente de l’église en « bois debout » de Fantoft
intérieurement (ci-dessous) et extérieurement (ci-contre)



Escale 2 : le Sognefjord…de Flåm… à Gudvangen

Atterrage à Flåm (à 134 milles, soit 248 km au nord de Bergen) par un soleil superbe (petit déjeuner sur le balcon de ma cabine…le PRINCESS DANAE, bien que de construction ancienne, comporte six cabines-suites avec balcon). Puis excursion en empruntant le célèbre Flåmbanen, train au dénivelé de 867 m sur 20 km (pente moyenne de 5 % ; les cinq wagons sont, chacun, munis d’un système de freinage autonome capable de stopper le convoi !). Flåm est un petit bourg au bord de l’Aurlandsfjord (ramification du Sognefjord).
 
Deux vues des bords du Sognefjord
Le Flåmbanen (ci-dessus) relie Flåm à Myrdal en 45 min, le temps nécessaire pour… permettre au conducteur de s’arrêter dans les endroits les plus grandioses !
Quelques-uns des paysages vus du Flåmbanen, entre Flåm et Myrdal, station où l’on peut emprunter le chemin de fer Bergen-Oslo pour atteindre Voss.

 
Après un parcours de 45 min au milieu de superbes paysages, le Flåmbanen rejoint Myrdal (860 m). La Norvège est formée presque exclusivement de hautes terres, la montagne (fjell) occupant trois-quarts du territoire : hormis les environs d’Oslo (non visités pendant cette croisière), l’altitude est presque toujours supérieure à 500 m et les sommets de plus de 2 000 m sont nombreux.
Ci-contre, cascades de Twindefossen
   

Avec ses 200 km de long, le Sognefjord est le plus grand des fjords de Norvège. Il est aussi le plus profond (1 200 m). Atteignant la mer à 80 km au nord de Bergen, il est bordé de falaises fortement stratifiées, couronnées de neige et de glace, d’où dévalent de multiples cascades.
Descente du train à Voss, petite ville commerciale et touristique d’environ 15 000 habitants, située au bord du lac de Bangsvatn et station de sports d’hiver très fréquentée.
De Voss, départ vers le Naeroyfjord, l’un des bras majestueux du Sognefjord. Mais avant de rejoindre Gudvangen, on emprunte la Route de Stalheim aux nombreuses épingles à cheveux et à la pente très raide (jusqu’à 20 %). Très jolis panoramas sur l’étroite vallée de Naeroy aux multiples cascades, dont les grandioses cascades de Stalheimfossen (ci-dessous, à droite).
Quelques maisons typiques de Stalheim
Cascades de Stalheimfossen

Ces magnifiques vues du haut de Stalheim inspirent depuis un siècle les peintres impressionnistes

Détail de deux à-pics de fjords différents
   
Cascades de Stalheimfossen, sur la route de Flåm à Gudvangen

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FM - Juillet 2001
© Françoise Massard
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