De Zeebrugge au Cap Nord à bord du PRINCESS DANAE (juin 2001)
Françoise Massard

 
Principales escales :BergenFlam & GudvangenHellesyltGeirangerIles LofotenCap NordTromsoBodo


Escale 2 (suite) : de Flåm… à Gudvangen, extrémité d’un autre bras du Sognefjord

Appareillage pour Hellesylt, 241 milles (soit 446 km) plus au Nord.
Quelques paysages au hasard de la navigation…
Grande variété des paysages, mais surtout des lumières
 


Escale 3 : d’un fjord à l’autre… ou du Sunnylvsfjord au Geiranderfjord

Accostage au matin du 11.06.2001 à Hellesylt, au fond du Sunnylvsfjord. Puis découverte par la route de paysages variés.
Sur la route menant au Mont Dalsnibba, en passant par le lac d’Horningdal (avec un temps fort menaçant).
Sur le chemin, quelques prises de vue d’habitations. En Norvège, comme en Suède ou en Finlande d’ailleurs, les maisons sont construites en bois, matériau naturel en ces contrées, assez souvent sur un soubassement de pierres.
Simples et fonctionnelles, mais non dénuées d’élégance et de confort, elles doivent protéger toute la famille durant les longs et rigoureux mois d’hiver. De couleur blanche, jaune, bleue ou rouge, leurs murs sont constitués de planches horizontales (comme sur ces quelques photos) ou de planches verticales comme les célèbres églises en « bois debout » (stavkirker).
Initialement, les couleurs claires étaient plutôt réservées aux habitations, le « rouge sang » plutôt aux bâtiments fonctionnels (ou aux maisons particulières plus "simples" car le pigment utilisé — à base de sang de bœuf séché — coûtait moins cher), mais cette distinction tend à disparaître totalement.

Mais revenons à nos somptueux paysages…nouveau changement de lumière… (photos prises à 1 h d’intervalle avec les précédentes)
Nous sommes sur la route menant à la station de ski d’été de Stryn : située à 1 100 m d'altitude environ et encore fortement enneigée (station de ski d’été) : près de 3 m de neige au pied des pistes…qui montent aux alentours de 1 500 m
 
Puis nous montons vers le Mont Dalsnibba, en passant par Grotli, et découvrant éboulis, cascades et lacs encore semi-gelés.
Du Mont Dalsnibba, sorte de plateau culminant à 1 496 m, vue superbe sur le fameux Geirangerfjord : l’un des fjords les plus étroits et les plus impressionnants de Norvège (photo malheureusement floue). Au deuxième plan, dans une légère brume, le PRINCESS DANAE que nous rejoignons en tender avant de lever l’ancre.
 
Le Geirangerfjord (vu de Fladalsjuv). Devant le gigantisme des panoramas, les navires ressemblent à des… maquettes

La remontée du Geirangerfjord jusqu’à la mer (… de Norvège), sur 170 km, nous permet d’admirer de magnifiques cascades dévalant d’énormes parois rocheuses, cascades aux noms évocateurs comme…
la Cascade à la bouteille (ci-contre), dite encore Cascade du prétendant (ou Friaren)… car il semble courtiser les "soeurs" d’en face (cf.ci-dessous).
 
Ci-dessus, la Cascade des Sept Sœurs (ou Syv Sostre)
en face de la Chaire du Prédicateur
(rocher en surplomb au milieu de la photo)
 
Une carrière sur le bord du Geirangerfjord, juste avant
de déboucher sur la mer à la nuit tombante (… 2 h du matin !)
   
Mais comment se sont creusés les fjords ?
Trois éléments sont nécessaires à la formation d’un fjord : une chaîne de montagnes, le lit d’une rivière et une période glaciaire. Ces trois éléments se sont trouvés rassemblés en Norvège il y a un million d’années (c’est-à-dire assez récemment à l’échelle géologique puisque la Terre a elle quelque quatre milliards et demi d’années).

Près de la côte norvégienne, la calotte glaciaire était relativement mince, son épaisseur allant en augmentant vers l’intérieur du pays, et son poids prenant des proportions énormes. Ainsi, là où les rivières avaient déjà creusé leur lit, la glace continua à creuser, érodant quelquefois des profondeurs égales à l’altitude des montagnes de roches dures s’élevant au-dessus du niveau de la mer. Sur la côte, toutefois, la pression de la glace était relativement moindre, ce qui explique le peu de profondeur de l’entrée des fjords. Celle-ci peut, en effet, varier de 180 à 1 350 m entre l’entrée et l’intérieur des fjords. les plus profonds. Lors de la régression de la calotte glaciaire, l’eau de mer vint remplir ces énormes bassins. La concentration saline, alliée à l’effet adoucissant du Gulf Stream, explique que les fjords, sauf dans leurs bras les plus reculés, ne gèlent jamais.

La calotte glaciaire n’a, en fait, pas complètement disparu. Elle subsiste sous la forme d’immenses glaciers qui constituent, pour la Norvège, un énorme réservoir capable d’alimenter d’impressionnantes chutes d’eau. Celles-ci, canalisées, fournissent l’énergie (hydroélectrique) nécessaire à l’industrie norvégienne.

Mais la tempête se prépare au moment même où nous atteignons la côte…
Les cieux peuvent se montrer hostiles dans ce pays farouche…

Pour reconnaître un troll…
Il est toujours possible, en Norvège, d’assister à la transformation d’une colline boisée en un énorme troll des forêts ! Premiers êtres apparus sur terre, ces géants malveillants ont une apparence monstrueuse, leur taille est phénoménale et leur force prodigieuse. Puissances des ténèbres – la lumière du jour les transforme en pierre ou les fait éclater – ils sont les ennemis des hommes, mails ont un goût prononcé pour les jolies femmes et les princesses qu’ils retiennent captives dans la forêt. De plus, ils peuvent vivre si vieux qu’ils en oublient leur âge, et lorsqu’ils s’appellent d’une montagne à l’autre, 100 ans peuvent s’écouler avant qu’ils n’aient une réponse. Enfin, pour terrifiants qu’ils soient, les trolls n’en sont pas moins peu intelligents, et les enfants peuvent facilement déjouer leurs plans maléfiques...

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FM - Juillet 2001
© Françoise Massard
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