Façade
nord, en plein soleil de midi (02.07.2006)
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La gare maritime actuelle
Cette
gare est celle de 1933, la troisième
gare maritime de Cherbourg, mais remaniée à de nombreuses
reprises. En partie détruite durant la Seconde guerre mondiale,
puis reconstruite, elle est partiellement amputée en 1979,
puis 1982. Après quelques temps d'hésitation sur son
devenir, elle est finalement classée à l'inventaire
supplémentaire des Monuments historiques et devient, en avril
2002, un complexe culturel voué aux grands fonds marins, la Cité
de la Mer.
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Conçue
sur les plans de l'architecte René Levavasseur et de l'ingénieur Chalos, c'était au
moment de sa construction l'un des plus grands bâtiments publics
français après, disent certains, ... le château
de Versailles (quand même !). C'est vrai qu'elle couvrait alors
plus de 20 000 m2. Elle était destinée
à recevoir, certains jours, plusieurs luxueux trains amenant
de Paris les passagers devant embarquer sur les paquebots des plus
prestigieuses compagnies maritimes (Hamburg Amerika Linie, White Star
Line, Red Star Line, Cunard, etc.).
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Pignon
nord et façade
opposée au quai de France |
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Dans
les années trente, près d'un millier de paquebots ont
escalé à Cherbourg, faisant transiter quelque 180 000
passagers, soit pratiquement trois fois plus que lors de l'inauguraton
de la gare
précédente, c'est-à-dire en 1912. Le port
de Cherbourg vient alors juste après celui de Marseille pour
son tonnage.
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L'extrémité
nord de la gare (le Quai de France se trouve à sa gauche) |
A
droite de la gare, on devine
le Quai de France |
Le
nouveau Quai de France permet l'accostage des plus grands navires,
deux pouvant y escaler en même temps, et ce quelle que soit
l'heure de la marée... car l'autre personnage providentiel
du moment, c'est le génial polytechnicien Paul Minard qui a conçu le port en eau profonde, dont la construction est
bien avancée. La nouvelle gare transatlantique sera inaugurée
le 30 juillet 1933 (cf. "Historique"
page suivante).
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Diverses
vues du Quai de France, auquel est accosté, en ce 2 juillet 2006,
le QUEEN ELIZABETH 2 |
Les
passagers quittant le paquebot par les passerelles de quai arrivent
directement dans la magnifique Salle des Douanes, ci-dessous à
différentes heures et sous différentes lumières.
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De
la Salle des Douanes, le passager traverse un autre grand hall (mêmes
dimensions), la Salle des Pas perdus. En ce 2 juillet 2006, des étals
recouverts de produits locaux y étaient installés, avec
des cherbourgeois et autres normands en habits folkloriques attendant les passagers du QUEEN ELIZABETH 2 arrivant en escale. Puis
le passager emprunte un grand escalier de pierre (du style de celui
ci-dessous) qui le conduit directement dans le grand hall d'entrée
(cf. ci-dessous à gauche), lequel sert maintenant aussi de
hall d'accès à la Cité de la Mer.
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Entrée
générale |
Le
hall des trains de la gare transatlantique
en 1933 (Doc. Ph. Jean / Cité de la Mer) |
La Cité de la Mer comprend deux grands espaces
: la Grande Halle, située dans l'ancien hall des trains, et
le Pavillon des Expositions permanentes, construit au-dessus de la
darse qui accueille le premier sous-marin construit à Cherbourg,
le REDOUTABLE. Y est également exposé le bathyscaphe Archimède qui, juste un an après son lancement
à Toulon, atteignit le 25 juillet 1962 une profondeur de près
de 10 000 m dans la fosse japonaise des Kouriles. Il participa
à de nombreuses missions scientifiques jusqu'en 1974.
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Détails
sur le Redoutable - Détails
sur l'Archimède
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Parallèlement
à la Cité de la Mer, la gare transatlantique continue
de jouer son rôle de gare maritime : pas moins de 16 escales
sont programmées en 2006 et le Quai
de France accueillera 13 navires de croisière, dont quatre
n'y sont encore jamais venus. C'est pourquoi un nouveau Terminal
Croisières est en cours d'aménagement, comme on
le voit ci-contre sur la photo du 02.07.06. Y seront effectués
l'enregistrement des bagages, ainsi que les contrôles de douane
et de police. C'est le JEWEL OF THE SEAS (Royal Caribbean Cruise)
qui l'inaugurera le 12 septembre prochain.
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Un
autre bâtiment dont l'histoire est liée à celle
des gares transatlantiques de Cherbourg est le fameux Hôtel
Atlantique (photos ci-dessous) capable d'accueillir 2 500 personnes.
En effet, cet hôtel fut construit — avec le financement
des grandes compagnies maritimes (Cunard, White Star et Red Star)
— pour recevoir les émigrants avant leur embarquement
(Cherbourg est devenu un grand port d'émigration à partir
de 1920 : environ 50 000 émigrants par an). Il faut
imaginer que, certains jours, il pouvait y avoir jusqu'à six
ou sept paquebots escalant à Cherbourg ! Ce bâtiment
comportait des installations ultra-modernes pour l'époque,
avec cabinets médicaux, salles de désinfection, dortoirs
spacieux auxquels étaient annexées des salles de bains
avec baignoires et des lingeries, vastes réfectoires, immenses
cuisines servant des menus adaptés aux... différentes
religions des émigrants ! Un autre établissement, beaucoup
plus modeste, l'Hôtel de New York (une ancienne scierie), fut
lui construit par la Royal Mail, compagnie alors spécialisée
vers l'Amérique du Sud.
Ces établissements avaient aussi (et peut-être
surtout) pour but de limiter le temps de quarantaine (une semaine,
voire plus) des passagers... et donc des navires lorsqu'ils arrivaient
à New York, les Américains étant hantés
par les épidémies. Un suivi sanitaire avant le départ
de Cherbourg permettait de limiter le temps d'immobilisation des paquebots
à l'arrivée... Pour la petite histoire, avant la construction
de l'Hôtel Atlantique, le ROYAL GEORGE avait été
transformé en bateau-hôtel... mais très vite assimilé
à un "ponton"... vous savez ces tristement célèbres
prisons pour marins anglais.
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