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Mis sur cale le 11.10.1972 aux Chantiers Navals de La Ciotat (France), le cargo polyvalent / porte-conteneurs FRANCOIS VIELJEUX fit ses essais à la mer les 21 et 22.06.1973 au large de Toulon. Baptisé le 28 06.1973 (sa marraine était Madame Tristan Vieljeux, épouse du président directeur général de la Société Navale Chargeurs Delmas-Vieljeux), il entra en service dès le lendemain. Il fut affecté, au début de sa carrière, sur la ligne France - Afrique Occidentale. Il opéra ensuite sur la Mer Rouge et l'Océan Indien. Sa carrière fut hélas courte puisqu'il sombra le 14.02.1979, peu après midi, au large de Vigo (42° 07' N - 09° 037' W), pris dans une violente tempête alors qu'il se rendait de Mombasa (Kenya) à Rotterdam (Pays-Bas), ses cales pleines de cuivre, de zinc, de café et de sisal, sa cargaison comptant en plus 160 conteneurs. En faisant son trou dans l'eau, il entraînait avec lui vingt marins et trois de leurs épouses. Il y aura seulement 8 survivants. |
FRANCOIS VIELJEUX (Le Havre) - IMO 7301001 - Indicatif d'appel FNEP - Cargo de divers - 171,00x23,80x12,50 m - TE 9,74 m - JB 12 458 - JN 6 385 - PL 16 000 t - P 12 806 kW (mot. 2T-6cyl Sulzer-Cie de Constructions Mécaniques 6RND90) - V 19 nd - Générat. 3 x 780 kW - Cap. GRN 21 460 m3 (5 cales) / 508 evp - Equipage 24 - Bigue 80 t - Mâts de charge 14x22 t / 6x15 t / 1x5 t - Constr. 1973 (Chantiers Navals de La Ciotat, La Ciotat, France) - Pav. FRA. Il faisait partie d'une série de huit sisterships, cargos automatisés de 16 000 tpl. Le premier construit fut le LEONCE VIELJEUX, deuxième du nom (1967) et le dernier le STEPHANE VIELJEUX (1974). Perte totale le 14.02.1979. |
Extraits du texte de l'ouvrage de Charles Limonier (cf. infra) établi à partir du Rapport de mer (déposé à Bordeaux le 21.02.1979) par le CLC Thoreux qui commandait le cargo FRANCOIS VIELJEUX le jour de son naufrage (14.02.1979) |
Le 9 décembre 1978, le FRANCOIS VIELJEUX est en rade de Dar-es-Salaam en attente d’un poste à quai. Il y restera une dizaine de jours. Cette période sera mise à profit par le bord pour effectuer différents travaux d’entretien (…).
Le navire restera à quai jusqu’au 12 janvier 1979. Il y chargera quelques 7 700 t dont 186 destinées à Mombasa. Le FRANCOIS VIELJEUX quittera Dar-es-Salaam pour une escale de 10 j à Tanga (Tanzanie) où il chargera environ 3 100 t et 46 conteneurs.
Le 23 janvier, il arrivera à Mombasa où il faudra 4 j pour décharger les 186 t et prendre en charge quelque 3 500 t dont 93 conteneurs. Quand il quittera ce port, le chargement total sera d’environ 14 000 t dont 7 200 t de cuivre et de zinc (répartis dans les fonds dans les cales 2, 3 et 4). Avant de quitter Mombasa, une bande d’étanchéité avait été posée sur les lèvres de tous les panneaux latéraux.
Le 6 février, le FRANCOIS VIELJEUX transite par le canal de Suez. Il appareille de Port-Saïd le 7 février. Les prévisions météo en Méditerranée et en Atlantique étant très mauvaises, le commandant prend toutes les précautions de mauvais temps dès le départ de Port-Saïd. Le 8 février, vent d’ouest force 9, mer grosse, le FRANCOIS VIELJEUX ralentit à 60 tr/min. Les cales 2, 3 et 4 sont pompées à la suite d’alarmes fugitiges des puisards. Le 9 février, le second capitaine effectue une ronde dans les cales et fait bâcher le café des entreponts pour éviter la mouille à la suite d’infiltrations d’eau par les panneaux. Le 10 février, deuxième coup de vent de noroît, force 9, mer grosse et paquets de mer sur le pont. Venu aux environs du 315 et ralenti à 50 tr/min. Donné l’ordre de pomper les cales à 8 h et 17 h. Le 12 février, le FRANCOIS VIELJEUX s’apprête à passer Gibraltar. Pour donner une meilleure assiette au navire, le peak arrière est rempli à 23 h. Puis le navire fait route sur Saint-Vincent qu’il passera le 13 février vers 13 h. A ce moment là, la houle est très grosse (…).
Les conditions météo s’aggravent dans les heures qui suivent. A 3 h du matin, le 14, le commandant monte à la passerelle à la suite d’un violent grain de grêle. A 8 h, le point d’étoiles, effectué par le second capitaine, donne une vitesse de 15 nds. Le navire se comporte bien, légèrement appuyé sur tribord par suite du fort vent. Ce n’est qu’au moment où il remonte à la passerelle, vers 9 h, que le commandant constate une gîte sur tribord. Le navire accuse des coups de roulis tribord et en se relevant il ne dépasse pas la verticale (…). Le commandant décide alors de remplir le ballast 3 bâbord et effectue un transfert de FO de 4 tribord à 4 bâbord. Mais la gîte s’accentue. Il est 10 h quand le commandant fait réduire l’allure et vient se mettre à la cape à l’ouest. La gîte s’accentue alors soudainement jusqu’à 22°.
A 10 heures 15, le FRANCOIS VIELJEUX envoie un SOS. Plusieurs navires dont le SAINT-DOMINIQUE de la Société Navale de l'Ouest et l’ABEILLE NORMANDIE font route. C’est alors qu’un coup de mer particulièrement violent amène le navire à coffrer de l’avant. Le commandant constate que le caisson Flume (caisson anti-roulis, NDLR) avant se remplit très rapidement et peu après le Flume arrière en fait autant. Devant l’aggravation de la situation, il décide alors de faire route sur Vigo. Il envoie une équipe pour essayer de larguer les conteneurs du pont 5 tribord.
Aux environs de midi, le commandant donne l’ordre de se préparer à l’abandon et regroupe l’ensemble de l’équipage et les trois femmes dans la coursive bâbord, pont des embarcations. La gîte du navire s’accentue très rapidement et le moteur s’arrête. Quelques instants plus tard, une lame pénètre dans la passerelle et le commandant est éjecté à la mer. Il réussira alors à s’accrocher au youyou rempli d’eau. Il verra son navire sombrer en se couchant sur tribord puis s’enfoncer par l’arrière. Il est alors 12 h 45".
Bilan très lourd : 11 morts (dont trois épouses de marins), 12 disparus. Les 8 rescapés furent recueillis par le SAINT-DOMINIQUE (il en recueillit même un neuvième, mais qui devait hélas décéder peu après). |
Sources : LIMONIER C. — 125 ans de Delmas-Vieljeux (Groupe et Filiales, 2 tomes). Marines Editions, décembre 1999, ISBN 2-909675-60-2 |
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