Quelques navires de marine marchande escalant à La Rochelle
Françoise Massard
Navires cités dans cette page ( cliquez sur leurs noms ) : - Amerigo Vespucci -
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Août 2018 (suite)

Escale exceptionnelle à La Rochelle du voilier-école italien AMERIGO VESPUCCI (31.08.-03.09.2018)

J'ai eu le privilège de pouvoir visiter le superbe navire-école italien AMERIGO VESPUCCI le 31.08.2018, et c'est avec un immense plaisir que je vous le fais visiter à mon tour. Il a touché le GPMLR ce 31.08 à 06h30, accostant deux heures plus tard, bâbord à quai, au poste BF01 du bassin à flot. Ce n'est pas la première fois que ce grand voilier de la Marina militare (la marine militaire italienne) touche le Grand Port Maritime de la Rochelle (GPMLR), mais sa précédente visite remonte quand même au 26.07.1991 ! Je n'ai pu assister à son arrivée, aussi je remercie vivement mes amis Francis Le Corre, ancien patron de vedette de pilotage de La Rochelle, et Samuel Daguenet, officier de port, de nous faire profiter de leurs photos (présentées en fin de dossier). Le voilier quittera La Rochelle le 03.09 à 10h00, à destination d'Ibiza (Baléares) où il est attendu le 15.09. Puis ce sera le retour à Gênes, son port d'attache.
AMERIGO VESPUCCI
Dessiné par le lieutenant-colonel du Génie maritime italien Francesco Rotundi (1885-1945), à la demande de Benito Mussolini, le voilier-école de la marine italienne AMERIGO VESPUCCI a été mis à l'eau le 22.02.1931 dans l'ancien chantier naval royal de Castellammare di Stabia (dans les environs de Naples), après moins de dix mois de travaux (sa construction avait commencé le 12.05.1930). C'est la copie d'une frégate militaire à trois ponts du milieu du XIXe siècle, le RE GALANTUOMO. C'est l'un des plus grands trois-mâts avec gréement carré qui naviguent actuellement dans le monde. Son tirant d'air est de 62 m. L'AMERIGO VESPUCCI reçut son premier pavillon le 15.10.1931, dans le port de Gênes, de la part de son premier commandant, le capitaine de frégate Augusto Radicati di Marmorito. Les deux photos de droite ci-dessous montrent la figure de proue du voilier. Elle représente le célèbre navigateur florentin Amerigo Vespucci (Florence, 1451 - Séville, 1512) qui a donné son nom au navire. Cet explorateur fit plusieurs grands voyages vers les Antilles et les côtes du "nouveau monde", tantôt pour le compte de l'Espagne, tantôt pour celui du Portugal, comme nous le verrons plus loin.
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
En plus du rôle de navire-école (120 à 130 cadets de l’Académie navale de Livourne, futurs officiers de la marine italienne, s'y amarinent pratiquement chaque été au cours d'un stage de trois mois), l'AMERIGO VESPUCCI joue bien sûr un rôle d'ambassadeur, comme tous les grands voiliers de ce type, reflet de la Marine italienne à l'étranger (il participe à de grands rassemblements de voiliers, comme l'Armada de Rouen, mais aussi à des compétitions, comme la Tall Ships' Race ou la Coupe de l'America, ou encore à des commémorations historiques, comme celle de la Bataille de Trafalgar, etc.). Depuis son entrée en service (15.10.1931), il a effectué soixante-dix-sept croisières de formation des cadets italiens. Il navigue essentiellement dans les eaux européennes, mais aussi ponctuellement le long des côtes américaines (Sud et Nord), etc. Il n'a en revanche effectué qu'un seul tour du monde. Les deux bandes blanches sur sa coque noire font référence aux deux ponts canons des frégates du XIXe siècle mentionnées plus haut. Sa coque en acier mesure 82,40 m de long, sa longueur hors tout étant de 101,00 m (bout-hors de beaupré compris). Le gaillard d'avant et la dunette arrière sont peints en marron clair. Le voilier comporte deux superstructures, dont la timonerie située très à l'avant. A noter qu'il navigue souvent au moteur car ses performances à la voile ne sont pas exceptionnelles : il ne peut en effet naviguer à la voile qu'avec des vents portants. C'est d'ailleurs le propre des voiles carrées (voiles en fait trapézoïdales) qui fonctionnent très bien aux allures portantes et à la fuite (allure vent arrière, sous voilure réduite), mais répondent très mal lorsqu'il s'agit de remonter au vent. Sur la photo de droite, on voit deux des onze embarcations à bord du voilier (on en verra d'autres plus loin). Ces deux canots, sur tribord arrière, sont suspendus sous leurs bossoirs (ou portemanteaux), sorte de potences servant à les mettre à l'eau et à les remonter à bord.
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
L'équipage de base de ce trois-mâts carré est de 88 officiers et officiers-mariniers et 190 matelots (soit 278 marins professionnels). Lors des stages d'été des cadets, l'équipage monte à 420 membres. En quelques semaines, les cadets sont, paraît-il, capables d'établir toute la voilure en une quinzaine de minutes, après avoir préparé les manœuvres.
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
La devise de l'AMERIGO VESPUCCI est : "Non chi comincia ma quel che persevera", autrement dit "Pas celui qui commence mais celui qui persévère" ! Cette devise reprendrait un propos du célèbre peintre et homme de sciences de la Renaissance italienne, Léonardo de Vinci, qui disait qu'il n'était pas important de commencer un nouveau projet, mais que tout projet commencé devait être mené à son terme et le plus à fond possible. J'adhère pleinement à cette devise.
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
En plus de ses missions de formation des futurs officiers de la Marine italienne et d'ambassadeur de l'Italie à travers le monde, l'AMERIGO VESPUCCI participe à la sauvegarde de l'environnement et à la préservation de l'écosystème maritime. Dans ce cadre, il collabore avec diverses associations comme l'UNICEF (United Nations International Children's Emergency Fund, ou en français Fonds des Nations Unies pour l’Enfance), ou le WWF (World Wide Fund for Nature, soit Fonds mondial pour la Nature — le WWF France est présidé depuis 2009 par la navigatrice Isabelle Autissier, et dirigé par Pascal Canfin depuis janvier 2016), ou encore le Marevivo (association italienne de conservation marine fondée en 1985, et œuvrant pour la conservation de la biodiversité, le développement durable, la promotion des aires marines protégées, la lutte contre la pollution et la pêche illégale). Le pavillon de la Marina Militare flotte au bout de son digon (petit mât planté généralement sur une vergue, ici sur le bout-hors du mât de beaupré).
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
Quelques instants de relâche pour une partie de l'équipage, avant une réception officielle en soirée.
AMERIGO VESPUCCI AMERIGO VESPUCCI AMERIGO VESPUCCI
Dorures et ornements à la poupe du trois-mâts carré AMERIGO VESPUCCI. La galerie arrière n'est accessible que via le salon du capitaine.
AMERIGO VESPUCCI AMERIGO VESPUCCI AMERIGO VESPUCCI AMERIGO VESPUCCI
Ce trois-mâts carré est l'un des plus grands et des plus somptueux "grands voiliers" du monde. A noter que les mâts de perroquet (les mâts supérieurs) de misaine et de grand-mât peuvent être descendus le long des mâts inférieurs qui les supportent (on dit qu'ils sont "calés") pour permettre le passage du grand voilier sous l'intrados des ponts.
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI

AMERIGO VESPUCCI (Gênes) - Voilier-école - 101,00 (longueur HT) x 15,50 m (au maître-bau) - TE 7,30 m - Déplacement 4 200 t (à pleine charge) - Surface totale des voiles 2 650 m2  (26 voiles en toile de jute naturelle) - Manœuvres fixes et courantes en fibres végétales naturelles (36 km… en tout !) - Longueur des mâts (en acier) : mât de misaine (à l'avant) 43 m / grand-mât (au milieu) 54 m / mât d'artimon (à l'arrière) 50 m / mât de beaupré (tout à l'avant) 18 m - Motorisation auxiliaire Diesel (deux moteurs Fiat B308 ESS couplés à deux générateurs qui alimentent le moteur électrique de propulsion de 2 980 kW / une hélice à pas fixe) - Vitesse sous voiles 15 nd / Vitesse au moteur 11 nd - Quatre générateurs auxiliaires - Equipage (16 officiers / 72 officiers mariniers / 190 quartiers-maîtres et matelots (auxquels s'ajoutent, pendant les stages de formation, environ 130 à 140 cadets de l'Accademia Navale, soit au maximum 420 membres à bord) - 11 canots (pour l'instruction des cadets et pour les services portuaires) - Coque en acier avec tôles rivetées (82,40 m de long) - Constr. 02.1931 (Chantier naval de Castellamare di Stabia, Italie) - Propr. Académie navale de Livourne (Italie) - Pav. ITA. Sistership : CRISTOFORO COLOMBO (donné à la Russie en réparation des dommages de guerre à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est devenu en 1949 un voilier-école russe sous le nom de DANUY), détruit au début des années 1970.

Biographie résumée du navigateur Amerigo Vespucci (Americus Vesputius en latin)
Amerigo Vespucci naquit à Florence (Italie) le 9 mars 1454, dans l’une des plus riches familles de la ville. Fils de notaire, il reçut une solide culture de la part d’un de ses oncles, l’humaniste Giorgio Antonio Vespucci (religieux dominicain et propriétaire de l’une des plus riches bibliothèques de Florence) qui lui transmit aussi le goût des... voyages. Il devint secrétaire d’un autre oncle, Guido Antonio Vespucci, et le suivit (en 1480) à Paris où cet oncle venait d’être nommé ambassadeur (dans la cour de Louis XI) par Laurent le Magnifique. Revenu en Italie en 1481, il entra bientôt au service des banquiers Laurent et Jean de Medicis (cousins de Laurent le Magnifique). A ce poste, il rencontra de nombreux humanistes et savants de l’époque. Passionné d'astronomie et de cosmographie, il collectionne cartes et ouvrages spécialisés. Envoyé pour affaires à Séville en 1488, il aura à ce moment là connaissance des projets de Christophe Colomb. Retournant à Séville en 1492, il  s'y installe cette fois-ci et devint l’associé du banquier Gianetto Bérardi... lequel finançait l’armement et l’approvisionnement de bateaux espagnols.
Amerigo Vespucci - Estampe de Crispijn van de Passe l'Ancien, vers 1590, Bristish Museum, Londres (GBR)
Amerigo Vespucci fréquente ainsi de nombreux marins qui, par leurs récits, aiguise encore plus son intérêt pour l'aventure et la navigation déjà précédemment soulevé par son oncle. Berardi ayant, parmi ses missions, celle de financer le deuxième voyage de Colomb (voyage dont le but était l’installation d’une colonie dans ce qui sera plus tard appelé le " Nouveau Monde"), Vespucci a non seulement l'occasion de rencontrer Colomb, mais aussi d'être présenté par ce dernier à Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille. Vespucci participe, avec Berardi, aux préparatifs de ce deuxième voyage de Colomb, voilà de quoi alimenter l’envie de Vespucci de monter ses propres expéditions... 
Berardi décédant fin 1995, Vespucci (qui était son exécuteur testamentaire) est contraint de liquider sa compagnie. Il va alors gérer ses propres affaires. Ayant appris aux côtés de Berardi à monter des expéditions maritimes, Vespucci décide d'en monter pour son propre compte en devenant lui-même navigateur ! Le nombre exact de ses voyages divise, encore aujourd’hui, les historiens (son nom n'apparaissant pas dans les rôles d'équipage). Pour son deuxième voyage (après un probable premier voyage, au départ de Cadix, de mai 1497 à octobre 1498), il aurait quitté de nouveau Cadix mi-mai 1499, avec une flotte de quatre caravelles (la gravure ci-contre montre une caravelle portugaise du XVe siècle), ayant pu se faire embaucher comme cartographe par Alonso de Ojeda, chef de l'expédition (et ancien lieutenant de… Christophe Colomb). Il revint à Cadix en septembre 1500. Au cours de ce voyage, il avait longé la côte Nord et le haut de la côte Est de l’Amérique du Sud, allant plus loin que Colomb.
Durant ce voyage effectué pour la couronne espagnole, s'il ne fut pas le premier à fouler le sol des nouvelles terres, il fut en revanche le premier à remonter l’Amazone (avec l'une des caravelles) sur une centaine de kilomètres. Bien sûr, comme Colomb avant lui, il pensait encore à ce moment là avoir navigué sur les côtes de l'Asie.  Il fit un troisième voyage, de mi-mai 1501 à mi-octobre 1502, au départ de Lisbonne cette fois-ci (donc pour le compte du Portugal, sans qu’on en sache vraiment la raison). Il va longer la côte Est de l’Amérique du Sud, en descendant plus bas que lors de son précédent voyage. C’est vraiment lui qui, dès le début du XVIe siècle, va faire un tracé à peu près exact des côtes d’Amérique du Sud. A t-il fait ou non un quatrième voyage (entre mai 1503 et juin 1504), ou en a t-il organisé pour d’autres explorateurs (à la recherche du passage au Sud-Ouest, par exemple), les archives sont confuses à en croire les historiens. Une seule chose semble clair : contrairement à Christophe Colomb, il aurait compris le premier que les terres qu’il a longées à plusieurs reprises n'étaient pas celles des Indes mais qu'elles appartenaient bel et bien à un autre continent ! Il fut ainsi le premier à faire état du "Nouveau Monde" dans sa lettre de 1503 intitulée "Mundus Novus".
Mundus Novus (réimpression en latin et en italien, 2007, ISBN 9788881373024)
Amerigo Vespucci revint à Séville, mais ses principaux soutiens — Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon — sont morts (1504 et 1506 repectivement). Ses talents de cartographe sont toutefois reconnus par le Roi Ferdinand II d'Aragon qui le nomme, le 22 mars 1508, "Piloto Mayor" : à lui de dessiner les routes des prochaines expéditions et d'en trouver les capitaines. Il n’acheva pas le "Padron Real", cette carte officielle à laquelle devraient se référer les pilotes, car il mourut à Séville le 22 février 1512, avant de l’avoir achevée. Mais il laissa son nom au "Nouveau Monde"… le 15 avril 1507 quand parut une nouvelle édition de la "Cosmographia" de Ptolémée (publiée pour la première fois vers 150 apr. JC, et redécouverte au XVe siècle), corrigée par un géographe allemand, Martin Waldseemüller. Ne sachant quel nom donner à ce "Nouveau Monde", il décida de l'appeler "America" puisque "Americus Vesputius" l'avait mentionné le premier, alors que Christophe Colomb était mort sans avoir compris qu'il avait découvert un nouveau continent (croyant, comme on l'a dit, avoir navigué "dans les Indes").

Quatre photos de Thierry Rambaud, photographe et rédacteur de "L'Escale Atlantique" au GPMLR (merci à lui)

Comme on l'a dit plus haut, la figure de proue en bronze doré représente le célèbre navigateur florentin Amerigo Vespucci (1454-1512), cf. biographie précédente. L'étoile au bout du mât de beaupré est l'emblème de la nation italienne. Sur la photo de droite, le pavillon de la Marina Militare. Le blason situé au milieu du drapeau italien (avec le vert de l'espoir, le blanc de la foi et le rouge de la charité selon Dante) fait référence aux quatre anciennes Républiques maritimes qui ont existé du milieu du XIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle : la République de Venise (en haut à gauche), reconnaissable au "Lion ailé de Saint Marc" (sur fond rouge), Saint Marc étant comme on le sait le Saint Patron de la Sérénissime / la République de Gênes, la Superbe (en haut à droite), repérable par la croix rouge sur fond blanc, laquelle fait sans doute référence à la croix perdue par l'archevêque de Pise (mauvais présage) lors de la Bataille de la Meloria où s'affrontèrent en 1284 Pisans et Gênois, bataille gagnée par ces derniers / la République d'Amalfi (en bas à gauche), représentée par la croix dite de Malte, blanche sur fond bleu (c'est en effet de cette république amalfitaine qu'étaient originaires les premiers Hospitaliers, on peut lire ici un résumé de l'histoire de ces Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem) / la République de Pise (en bas à droite) caractérisée par sa croix pommetée (croix grecque, avec les quatre branches identiques terminées par une boule) blanche sur fond rouge.

AMERIGO VESPUCCI
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Visite à bord de l'AMERIGO VESPUCCI
Invitée à visiter l'AMERIGO VESPUCCI, je ne me fais pas prier ! Seul le pont principal et le gaillard d'avant sont ouverts à la visite des personnels du port et de leurs invités. Les emménagements restent privés. La visite est libre, mais le sens du parcours est imposé. Je commence donc ma visite du pont principal par l'arrière bâbord et la poursuivrai par tribord, tour du gaillard d'avant, puis bâbord avant du pont principal, avant de redescendre à quai. Sur la première photo, on voit les fixations basses des haubans du mât d'artimon (mât arrière), vissées dans la muraille de la frégate. J'admire au passage le râtelier de pied de mât d'artimon (deux photos de droite), où les différentes glènes de cordages sont tournées autour des cabillots (pièces de bois verticales) fixés autour du râtelier.
AMERIGO VESPUCCI AMERIGO VESPUCCI AMERIGO VESPUCCI AMERIGO VESPUCCI
Ci-dessous quelques vues de la petite passerelle de l'AMERIGO VESPUCCI, avec sa barre triple. A noter que la navigation se fait à l'ancienne, tous les ordres sont donnés par le commandant, par l’intermédiaire du maître d’équipage, au sifflet de manœuvre.
AMERIGO VESPUCCI
AMERIGO VESPUCCI
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L'équipement de cette petite timonerie est très dense car, à côté des instruments d'époque, elle a bien sûr été équipée de systèmes de navigation répondant aux normes actuelles (GPS, transmissions par satellites, etc.).
AMERIGO VESPUCCI
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Couverture du pont, château, roof et finitions sont en bois de teck. Les apparaux de pont sont en cuivre rutilant, comme ce croisillon (bitte en forme de croix).
AMERIGO VESPUCCI
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Deux des onze canots embarqués (pour l'instruction des cadets et pour les services portuaires), vus de près (par tribord).
AMERIGO VESPUCCI
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Je ne résiste pas à l'envie de photographier ce superbe chaumard ouvert droit, en cuivre parfaitement astiqué, vissé sur le plat-bord tribord du voilier. Cette pièce, à demi refermée par des oreilles, est bien sûr utilisée pour le guidage des amarres. Ses formes sont arrondies pour éviter le ragage (usure par frottement).
AMERIGO VESPUCCI
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On ne dirait pas, mais cet enchevêtrement apparent du gréement (photos de droite), en particulier des manœuvres courantes et dormantes, est pourtant rigoureux. Rappelons qu'il y en a 36 km en tout sur l'AMERGO VESPUCCI (toutes les manœuvres sont en fibres végétales naturelles) ! On voit également, sur ces deux photos de droite, une vigie ou nid de pie, qui est plutôt une hune, c'est-à-dire une plateforme située à l'extrémité supérieure d'un bas-mât pour donner l'épatement (l'écartement en langage vernaculaire) des haubans du mât supérieur.
AMERIGO VESPUCCI
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Sur les deux premières photos, les armes des fusillers-marins. A droite, la cloche de bord pour piquer les heures (marquer les quarts). On en meut le battant avec la "corde" (la seule du bord) aux couleurs vert, blanc, rouge du drapeau italien.
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Sur la deuxième photo ci-après, on voit l'un des nombreux râteliers (en métal et bois) fixés sur le pont, à l'intérieur du pavois, et comprenant plusieurs cabillots (pièces en bois verticales) sur lesquels on tourne les manœuvres et autres drisses. Certains cordages sont partiellement entourés de bandes de toile (les limandes) suifées, cérusées ou goudronnées, ce fourrage ayant pour but principal de minimiser l'usure par ragage (ou raguage, les deux orthographes existent), c'est-à-dire par frottement. Sur la photo de droite, joli cordage à double tressage.
AMERIGO VESPUCCI
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Sur la deuxième photo, l'incontournable paillasson que tout bon matelot doit savoir réaliser.
AMERIGO VESPUCCI
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Sur la deuxième photo ci-dessous, on voit bien les enfléchures, ces échelons disposés horizontalement entre les haubans (manœuvres dormantes étayant le mât par triangulation) pour permettre aux gabiers (matelots de pont affectés à la manœuvre de la voilure) de grimper dans la mâture. Ces enfléchures sont réalisées en quarantenier, c'est-à-dire en petit cordage fait de quatre torons commis de gauche à droite, chaque toron étant lui-même composé de dix fils de caret (soit 40 fils de caret en tout, d'où son nom). Ce type de cordage très serré est extrêment solide, et donc plus sécurisant pour les matelots qui doivent monter dans ces échelles de corde y compris par mauvais temps.
AMERIGO VESPUCCI
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Sur la première photo, l'ancre tribord. A l'extrémité du mât de beaupré (mât oblique situé tout à l'avant), le pavillon de la Marina militare (voir plus haut).
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En marchant sur le pont, il faut faire attention à ne pas buter sur les nombreux pitons (à plaque) noirs dont l'œil dépasse bien du bois de teck sur lequel ils sont vissés. Sur la tête des bittes d'amarrage, de belles plaques de bronze portent l'insigne de l'AMERIGO VESPUCCI.
AMERIGO VESPUCCI
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Voici, vu de près, l'un des très beaux cabestans (treuils verticaux servant à virer les aussières ou les chaînes de mouillage), ici sur la plage avant de l'AMERIGO VESPUCCI. Les matelots engagent des barres d'anspects (ou anspects ou embarrants) dans les mortaises (orifices peints en rouge dans le haut du cabestan, encore appelés amolettes), puis poussent dessus pour virer les manœuvres. Selon Jean Merrien (de son vrai nom, René de la Poix de Freminville), le terme "anspect" viendrait du néerlandais ancien "handspecke" qui signifiait "épieu à main" (j'ai déjà assez de mal avec l'apprentissage du néerlandais moderne pour ne pas m'attaquer à l'ancien !). Le dessus du cabestan s'appelle le chapeau, tandis que le corps cintré (noir et or ici) s'appelle la cloche. Sur les deux photos de droite, on aperçoit l'ancre bâbord avant, partiellement couchée en dehors du vaisseau. On en distingue que l'un des deux bras et une patte, et l'on en voit à ras du pont la tige (ou verge), une partie du jas et, en bout, l'organeau (gros anneau, encore appelé cigale, sur lequel est étalingué — ou frappé — le câble).
Sur un voilier de plaisance, on dit souvent que l'aspect des manœuvres sur le bateau est très révélateur du sens marin de son propriétaire. Ici, sur ce grand voilier de la marine militaire italienne, aucun doute n'est permis quant à la rigueur et au professionnalisme de ses marins. Les drisses (manœuvres courantes servant à hisser les voiles), écoutes (manœuvres courantes servant à border les voiles), etc., sont bien tournées sur le ratelier de bas de mât comme on le voit sur la première photo ci-dessous. Les pièces peintes en blanc (les cadènes) sont de fortes pièces métalliques fixées ici directement sur le pont (dans d'autres cas, barres fixées directement sur la muraille) qui servent de dormant inférieur pour régler la tension des cordages (et haubans, etc.) par l'intermédiaire de différents types de poulies. Sur la photo de droite, une poulie à deux réas l'un en dessous de l'autre et dans des plans perpendiculaires, appelée dans ce cas poulie olive (je ne crois pas que ce soit deux poulies réunies par la tête ou collet, auquel cas ce serait un bouquet et non pas une poulie olive).
AMERIGO VESPUCCI
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Pouliage varié sur ce trois-mâts carré : on voit ici de belles poulies constituées d'une cage (ou caisse) en bois, contenant un, deux ou trois réas (roulettes avec gorge) coaxiaux — les poulies sont alors dites simples, doubles ou triples — tournant autour d'un axe horizontal (l'essieu). Lorsque les cages sont en bois, comme ici, les poulies sont dites "havraises" (au moins en France…). Les côtés des poulies sont les joues, tandis que leur sommet est la tête ou le collet.
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Autres vues (extérieures, celles-là) de la timonerie. Sur la photo de droite (avec reflets), on devine à droite la table à cartes (avec, au-dessous, ses longs tiroirs dans lesquels les grandes cartes sont conservées bien à plat). Sur les deux photos centrales, la cloche du bord qui sonne les quarts.
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D'autres canots, embarqués ceux-là (et non suspendus à l'extérieur de la coque). On notera la défense d'étrave en cordage.
AMERIGO VESPUCCI
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Imposant guindeau (à poupée horizontale) pour virer les manœuvres en acier.
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Comme on le voit sur la photo ci-dessous (crédit Marina Militare), l'AMERIGO VESPUCCI est bien un trois-mâts carré, c'est-à-dire à trois phares carrés (le phare, quand il ne s'agit pas de la tour de maçonnerie portant la lanterne ou feu, désigne l'ensemble des voiles d'un mât). Toutes les voiles sont carrées (en fait trapézoïdales), sauf les focs (trinquette, petit et grand focs, clinfoc), à l'avant du mât de misaine, et les voiles d'étais (voiles triangulaires qui sont enverguées sur les étais, ces manœuvres dormantes qui soutiennent les mâts).
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Arrivée à La Rochelle ce 31.08.2018 à 06h30 du voilier-école AMERIGO VESPUCCI — Photos Francis Le Corre

Le trois-mâts carré italien AMERIGO VESPUCCI arrive de Porstmouth (Grande-Bretagne). La Rochelle est son avant-dernière escale avant son retour en Italie. Il avait appareillé début juillet d'Italie, cap sur l’Espagne, puis détroit de Gibraltar, les Açores, Reykjavik (Islande) et Hambourg (Allemagne) avant de rejoindre l'Angleterre puis la France, où on le voit ici, à La Rochelle ce 31.08.2018.
AMERIGO VESPUCCI
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Les premières photos ont été prises vers 07h30. Les trois chaloupes que l'ont voit sur la première photo appartiennent à l'AMERIGO VESPUCCI. Elles ont été mises à l'eau dans l'avant-port, donc à l'aval de l'écluse, de façon à minimiser la largeur hors tout du voilier, pour en faciliter la manœuvre de sassement. Ce sont deux vedettes de la station de lamanage de La Rochelle-Charente qui ont pris en remorque l'AMERIGO VESPUCCI.
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Le pilote Jean-Pierre Hémon (que je salue) est à la manœuvre.
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Lors de la traversée de l'écluse et au moment de l'accostage / amarrage, la "marina militare" est très attentive… Sassement sans encombre (fin à 08h00).
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Amarrage terminé à 08h30 dans le bassin à flot. Accueil très officiel (en grand uniforme, un amiral en poste à l'Ambassade d'Italie à Paris).
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Quelques vues complémentaires de l'arrivée de l'AMERIGO VESPUCCI à La Rochelle le 31.08.2018 (photos faites par Samuel Daguenet)

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