L'archipel maltais : Malte - Gozo - Comino (09.1996)
Françoise Massard
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Capitale de l'archipel maltais : La Valette

Avant de tenter de comprendre les origines de Malte et de sa capitale La Valette, voici quelques vues générales de la ville. A gauche, vue plongeante, à partir de Lower Barraca Gardens, sur l'Hôpital des Chevaliers et, derrière, le Fort Saint-Elme. A droite, Fort Saint-Ange vu du Fort Saint-Elme.


Sur les deux premières photos, les fortifications du Fort Saint-Elme. A droite, Cospicua et les différentes lignes de fortification des "Trois cités".


A gauche, Vittoriosa Wharf, avec le musée maritime. A l'extrémité droite de la photo, l'Eglise Saint-Laurent, première église de l'Ordre de Malte, avant Saint-Jean. Sur la photo du milieu, le port de Senglea (au fond) vu du Fort Saint-Ange. A droite, les fortifications sous Upper Barraca Gardens.


A gauche, Senglea (cf.carte ci-dessous). A droite, vue sur Grand Harbour, depuis les hauteurs de Hastings Gardens.


Ci-dessous à gauche, le port de plaisance au fond de la rade de Marsamxett. A droite, la côte de Sliema (au fond) vue du Fort Saint-Elme (au premier plan).


La Cottonera… ou les racines de Malte : les "trois cités"
Regroupant les trois cités de Vittoriosa, Senglea et Cospicua, ce vocable de "Cottonera" vient du nom du Grand Maître Nicolas Cottoner et de son frère Raphael, lesquels lancèrent en 1670 la construction de fortifications tout autour de ces terres profondément pénétrées par la mer. Dès que l'empereur Charles Quint fit don de Malte aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (en 1530), ceux-ci comprirent très vite l'enjeu de ces longues bandes côtières et décidèrent immédiatement d'en accroître les défenses, engageant des milliers d'esclaves pour fortifier Birgù, autre nom de Vittoriosa. C'est ainsi que le Fort Saint-Ange (cf, ci-dessous) devint la première résidence des Grands Maîtres à Malte.
Une nouvelle ville fortifiée fut construite à côté de Birgù : Senglea, ainsi baptisée en l'honneur de son fondateur, le Grand Maître Claude de la Sengle. La cité est protégée par le Fort Saint-Michel.

Fort Saint-Ange à Vittoriosa (Birgú)
vu de La Valette
Probablement construit par les Arabes au IXe siècle, il fut agrandi et fortifié par les Chevaliers. Résidence des Grands-Maîtres jusqu'en 1594, il fut le théâtre de dramatiques combats pendant le Grand Siège (1565). La chapelle du fort, Sainte-Anne, conserve une colonne de granit rouge d'origine romaine.
Great Harbour et les Trois Cités
(doc. Wikimedia Commons)

Quelques autres photos de La Valette. A gauche, Old Theatre Street. Au centre, la cathédrale anglicane Saint Paul, construite à l'emplacement de l'ancienne Auberge d'Allemagne (cf. plus loin ce qu'est une "auberge" de l'Ordre de Malte). De style néo-classique, elle possède une flèche de 66 m de haut et des orgues qui proviennent de la cathédrale de Chester (Grande-Bretagne). A droite, Old Bakery Street.


Comme on peut s'en rendre compte, la langue de Shakespeare est encore (en 1996) omniprésente. Et pourtant, la bataille entre Dante et Shakespeare, pour employer une image, n'est pas nouvelle. C'est en effet en 1860 que débuta une virulente querelle linguistique qui opposa pendant des décennies les "anglicistes" aux "italianistes". Selon les premiers, "le maltais ne pouvait être enseigné dans les écoles qu'après avoir été purgé de tout barbarisme et de tout italicisme". Selon les seconds, "le peuple maltais devait se tenir à l'abri des idées serviles de ceux qui mesurent les droits de la Patrie avec le mètre rouillé et sot de leurs mesquins intérêts partisans"… C'est finalement le Comte Gerald Strickland qui va réussir à imposer l'usage de l'anglais à Malte, jusqu'à son adoption en 1921 comme langue administrative officielle. Le maltais fut quand même reconnu plus tard (en 1934) comme autre langue officielle.


Coucher de soleil sur Sliema (à gauche) et le Fort Saint-Elme de La Valette (à droite).
Sliema tire son nom de l'arabe "salam" qui signifie "la paix", mots que les marins maltais prononçaient pour saluer leur entrée dans le port de Marsamxett après un long séjour en mer. Autrefois petit village de pêcheurs, Sliema devint, au milieu du XIXe  siècle un lieu de villégiature pour les habitants de La Valette. C'est actuellement l'agglomération la plus vaste et la plus peuplée de l'île. Le "Sea Front", promenade de 5 km de long, se termine par le Fort Tigné, datant de 1793 et dernier fort construit par les Chevaliers, avec le promontoire du Dragut Point, Dragut étant le nom du célèbre corsaire turc tué par les Maltais lors du "Grand Siège".
Ci-dessous, quelques façades typiques de La Valette, avec leurs traditionnels bow-windows. Celle de droite donne sur "Merchant Street" qui, avec "Republic Street", forment les deux artères principales de La Valette.

Quelques mots de maltais
oui iva merci grazzi livre (une) lira
non le pardon skuzi rue triq
bonjour bongu droite lemin port marsa
bonsoir bonswa gauche xellug plage ramla
au revoir sahha combien kemm tour torri
s'il vous plaît
jekk joghgbok
comment vais-je à
kif immur
je ne comprends pas
ma nifimx

Lauriers roses, palmiers, etc., dans Hastings Gardens, à l'entrée nord-ouest de La Valette
A droite, l'Auberge de Castille, de Léon et du Portugal
C'est la plus grande et la plus belle de toutes les auberges qui ont survécu à la Seconde Guerre mondiale. Elle fut construite en 1574 par Girolamo Cassar. Elle fut presqu'entièrement reconstruite en 1744, sous le Grand Maître Pinto de Fonseca, selon les plans de Domenico Cachia, influencé par le Palais de la Préfecture de Lecce (Italie). C'est le plus bel exemple de l'architecture baroque maltaise. Au-dessus de la porte d'entrée, le buste d'Emmanuel Pinto.


Les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem

En 1530, Charles Quint comprend que l'Espagne n'est pas en mesure de défendre efficacement Malte et offre l'archipel aux Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, pour la sauvegarde de la Chrétienté.

Les membres de l'ordre sont répartis en trois classes : les Chevaliers de justice, qui forment le corps combattant et sont recrutés parmi les plus hautes familles catholiques d'Europe, les Clercs, qui font office de chapelains, et les Servants d'armes, issus du tiers état (roturiers n'appartenant ni à la noblesse, ni au clergé) et qui pouvaient être enrolés comme combattants ou comme infirmiers. Au sommet de la hiérarchie, le Grand Maître, élu à vie par les Chevaliers. Il bat monnaie et entretient un corps diplomatique auprès des souverains d'Europe.

A gauche, le Palais des Grands Maîtres (89 m de façade). A droite, jouxtant le palais, la Royal Malta Library, ou Biblioteca, dominant Republic Square.

Quelques-uns des Grands-Maîtres ayant gouverné Malte
(dates de leurs règnes)
Philippe Villiers de l'Isle Adam (français)
Claude de la Sengle (français)
Jean Parisot de la Valette (français)
Alof de Wignacourt (français)
Antoine de Paule (français)
Nicolas Cottoner (espagnol)
Antonio Manoel de Vilhena (espagnol)
Manoel Pinto de Fonseca (portugais)
Emmanuel de Rohan Polduc (français)


1530-1534
1553-1557
1557-1568
1601-1622
1623-1636
1663-1680
1722-1736
1741-1773
1775-1797

Visite du Palais des Grands Maîtres
Le Palais des Grands Maîtres est construit sur deux étages et occupe tout un quartier de La Valette. C'est en 1571 que le Grand-Maître Pietro del Monte décide de faire bâtir à La Valette une demeure reflétant le prestige des plus hauts dignitaires de l'ordre. Cette résidence, également due à Girolamo Cassar, hébergea l'ordre jusqu'en 1798, date de son départ de Malte. Conformément aux usages en cours dans les palais italiens de la Renaissance, le premier étage était réservé aux salles officielles et aux appartements, tandis que le rez-de-chaussée abritait les cuisines, les communs et les écuries.

Sur les deux photos de gauche, la Cour de Neptune, où se trouve une statue du Dieu de la mer attribuée à Jean de Bologne, sculpteur à la Cour des Médicis. Il s'y trouve également une jolie fontaine à margelle. Sur la photo de droite, l'Horloge de Pinto, réalisée en 1745 par l'artisan maltais Gaetano Villa. Elle comporte quatre cadrans qui indiquent l'heure, le jour, le mois et les cycles de la Lune. Des esclaves mauresques en bronze battent les heures à l'aide de marteaux de forgerons.
Les huit "langues" (ou provinces) de l'Ordre de Malte
Les Chevaliers, présents dans toute la Chrétienté, étaient rassemblés en "Commanderies", elles-mêmes regroupées en "Grands Prieurés" ou en "Baillages". Ces derniers étaient, à leur tour, regroupés en huit langues, sous l'autorité d'un "Pilier" : Provence, Auvergne, France, Aragon, Italie, Castille-Léon-Portugal, Allemagne et Angleterre. Chaque langue avait son "Auberge". Le "Pilier de la langue de Provence" , avec le titre de "Grand Commandeur", était le bras droit du Grand-Maître.
L'un des "baillis" les plus connus est le Bailli de Suffren. Ainsi, Pierre-André de Suffren de Saint-Tropez (1729-1788), l'un des plus grands marins français du XVIIIe siècle, engagé en 1748 dans l'Ordre, en fut Chevalier Commandeur, puis Bailli. Il renouvela les techniques de la guerre maritime en remettant en vigueur la tactique de l'abordage.

Ci-contre, l'Entrance corridor (premier étage). Il est orné d'armures, de blasons des langues et de portraits des Grands-Maîtres, œuvres du peintre français Antoine de Favray (1706-1792) Le plafond (photo de droite), comme celui du plafond du Couloir du Prince de Galles, est l'œuvre du peintre siennois Nicolo Nasoni.
Au centre du plafond, la fameuse "Croix de Malte" bien sûr. Cette croix blanche à huit pointes était, à l'origine, l'emblème des Chevaliers de l'Hôpital, qui la portaient sur leur manteau noir. Quand il s'installèrent à Malte, ils placèrent leur emblème sur l'étendard rouge que l'île avait hérité des Normands de Sicile. Cette Croix de Malte symbolise les huit béatitudes chrétiennes évoquées par le Christ dans son sermon sur la montagne, mais aussi les huit "langues"(ou provinces) de l'Ordre.
Ci-contre, le portrait du Grand-Maître Jean Parisot de La Valette par Antoine de Favray
Grand-Maître de l'ordre entre 1557 et 1568, fut décrit comme "un Chevalier pieux, sage, intelligent, militaire exceptionnel" par Dragut, le corsaire turc de 1565.
Pour mémoire, le "faucon maltais" était le tribut symbolique que les Chevaliers offrait chaque année, à la Toussaint, à Charles Quint, depuis qu'il leur avait cédé Malte (en 1530).

Photo de droite, l'une des douze fresques de Matteo Perez d'Aleccio (vers 1570) dans la
Salle du Conseil
Suprême
dite aussi
Salle du Trône
Ci-contre, le Couloir du Prince de Galles, qui desservait les appartements privés du Grand Maître. Puis l'Armurerie, l'une des plus riches collections d'Europe (6 000 pièces) : arbalètes, lances, boucliers et épées de toutes sortes cotoient mousquets et pièces d'artillerie. Vue partielle de la salle des armures.
Les Chevaliers de l'ordre de Malte n'appréciaient guère les armes à feu, jugées indignes d'une "noble bataille". Le musée conserve l'armure du Grand Maître Alof de Wignacourt, laquelle pèse plus de 50 kg ! Le musée du Louvre (Paris) conserve une peinture du Caravage représentant Wignacourt dans cette armure.
Alof de Wignacourt (par Le Caravage) - © Musée du Louvre / A. Dequier - M. Bard)

Le Grand Siège (1565)
La hâte mise par les Chevaliers à fortifier Malte, dès 1530, était plus que justifiée. C'est ainsi qu'en 1565 les Turcs, sur ordre de Soliman le Magnifique, attaquèrent l'ïle avec des centaines de navires transportant quelque 40 000 hommes armés. Contournant Saint-Elme, les Turcs abordèrent à Marsaxlokk et attaquèrent le Fort Saint-Ange où ils installèrent leur artillerie qui bombarda sans relâche, pendant quatre semaines, le Fort Saint-Elme. Toutefois, les Chevaliers et leurs soldats maltais réussirent à triompher de l'ennemi et, le 8 septembre 1565, les Turcs furent obligés de quitter l'île. Leur tribut fut lourd puisque environ 12 000 Ottomans moururent durant ce siège (dont le corsaire Dragut dont nous avons parlé précédemment). Du côté maltais, les pertes furent également très lourdes : environ 9 000 morts dont un peu plus de 300 Chevaliers.
Cette victoire du christianisme sur l'islam fit des Chevaliers de Saint-Jean les héros d'une Europe dont les familles régnantes allaient rivaliser de générosité vis-à-vis de Malte. Il fallait restaurer l'île et renforcer ce "bastion de la Chrétienté". Le Grand Maître Jean Parisot de La Valette, héros de ce siège de 1565, utilisa intelligemment cet appui politico-financier pour affermir le rôle de l'ordre de Saint-Jean et décida d'édifier une nouvelle ville, plus belle que Birgù (autre nom de Vittoriosa, "la victorieuse") et qui serait le futur siège de l'Ordre. En l'honneur du Grand Maître, la ville fut donc baptisée La Valette (Valletta en maltais)
Cette victoire de Malte sur les Turcs est fêtée chaque année, à la date anniversaire, par une danse dite danse de la Parata : deux groupes d'hommes en armes s'affrontent au cours d'une danse symbolique à la fin de laquelle entre une jeune fille, allégorie de la Victoire.

La co-cathédrale Saint-Jean

"Notre église principale de la Sainte Religion de Jérusalem", ainsi la désignait le Grand Maître Jean L'Evesque de La Cassière lorsque la cathédrale, commencée en 1573, fut consacrée en 1577. Un des chefs-d'œuvres de l'art baroque, cette cathédrale fut construite sur les plans de l'architecte maltais Girolamo Cassar dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises. Simple église lors de sa construction, elle fut élevée au rang de "cathédrale" en 1816 par le pape Pie VII. Elle partage maintenant ce titre avec la cathédrale de Mdina (cf. plus loin), d'où le nom de "co-cathédrale". Derrière une façade plutôt sobre, en accord avec les valeurs originelles de l'Ordre ("rigueur" et "sobriété"), c'est la foisonnante richesse de la décoration intérieure qui frappe le visiteur qui y entre pour la première fois. Une nef centrale de 58 m de long est bordée de chapelles latérales consacrées aux différentes "langues" de l'Ordre.


Sa gigantesque voûte en berceau fut décorée par Mattia Preti, dit "La Calabrais" (cf. infra). Ce travail fut financé par les Frères Cottoner (cf. la "Cottonera" ou les "racines de Malte" vues précédemment). Sculptures, dorures, peintures et superbes marbres colorés offrent une vision fastueuse et glorieuse de la religion catholique et de ses…Chevaliers.
Cette co-cathédrale Saint-Jean est une vaste nécropole. En effet, son pavement est recouvert de 369 pierres tombales en marbres polychromes, comme celle représentée sur la photo de droite ci-contre. Contrairement aux Grands Maîtres qui reposent dans les sarcophages de la crypte, ou dans les magnifiques tombeaux de marbre blanc de leurs chapelles respectives, les chevaliers de grade inférieur sont enterrés sous les dalles de la cathédrale.

A gauche, l'une des voûtes et l'un de ses piliers, témoins de la foisonnante richesse de l'esthétique baroque
A droite, l'un des nombreux tombeaux de Grands Maîtres, dans l'une des chapelles des langues de l'Ordre
Pour perpétuer la mémoire des Chevaliers reposant dans la cathédrale, la décoration baroque mêle des scènes de leur vie militaire et civile à des représentations religieuses. Ainsi, squelettes, crânes et ossements divers côtoient des créatures célestes. La grandeur des Chevaliers, parmi lesquels on retrouve les plus grands noms d'Europe (les Visconti, les Grimaldi, les Rohan, etc.), semble ainsi s'effacer devant l'humilité du simple mortel.
Sur la photo de droite ci-dessus, Saint-Jérôme peint en 1608 par Michelangelo Merisi (1571-1610)… plus connu sous le nom Le Caravage. En contrepoint du saint, en clair-obscur sur fond sombre, les symboles de la "retraite" avant la mort : le crâne traditionnel, la pierre utilisée par Saint-Jérôme pour frapper sa poitrine, un chandelier et un crucifix. Ce tableau a été peint par Le Caravage pour remercier le Grand Maître Alof de Wignacourt de l'avoir réhabilité auprès du Pape. C'est pourquoi l'artiste a peint le saint avec le visage d'Alof. Pendant son court mais tumultueux séjour à Malte, Le Caravage exécuta au moins cinq tableaux, dont deux portraits du Grand Maître Alof de Wignacourt. Mais le grand chef-d'œuvre de son séjour maltais est la Décollation de Saint Jean-Baptiste, normalement exposée dans le musée de l'Oratoire de la co-cathédrale, mais hélas en restauration à Florence lors de mon séjour maltais (septembre 1996).

Mattia Preti (1613-1699)
Ce peintre calabrais installé à Malte, ne cachant pas son désir d'être fait "Chevalier de justice", accepta d'entreprendre, en 1661, la décoration d'une église construite un siècle plus tôt et dont la sévérité ne correspondait plus au goût du jour. Il fit donc effectuer de nombreux aménagements intérieurs et se lança personnellement dans un titanesque travail qui dura cinq ans : une gigantesque fresque qui recouvre toute la voûte de Saint-Jean, illustrant la vie et le martyre de Saint Jean-Baptiste. Il utilisa une peinture à l'huile qu'il appliqua directement sur les parois de la voûte. Il fit largement appel au trompe-l'œil : ainsi, beaucoup de personnages sont réalisés de biais afin de créer une illusion d'optique corrigeant la forme de la voûte.
Le peintre repose à l'intérieur même de ce qui fut sans doute le chef-d'œuvre de son existence. Une simple dalle, près de l'entrée droite de la nef de Saint-Jean, rappelle son souvenir : "Il laisse une œuvre telle qu'elle peut servir de modèle aux générations futures jusqu'à la fin des temps".
Ce bel hommage ne fut pas aussi complet de son vivant puisque Mattia Preti, malgré cet énorme travail fait pour glorifier l'Ordre, n'obtint pas le titre qu'il convoitait tant, mais celui moins prestigieux de Chevalier de grâce.

A gauche, la catéchisme maltais. A droite, un extrait de texte en langue maltaise. Le malti est une langue métissée, probablement issue d'un dialecte d'origine punique ayant subi plus tard de fortes influences arabes. A cette base arabo-punique s'ajoute l'influence des différentes présences européennes au cours de la longue histoire maltaise : mots d'origine normande, sicilienne, italienne, espagnole, française et bien sûr anglaise. L'anglais est encore la langue "culturelle", utilisée dans les établissements scolaires, mais l'histoire locale est enseignée en maltais.
De plus, tout étudiant maltais souhaitant entrer à l'université (environ 7 500 étudiants en 1996) doit parler maltais couramment (l'inscription à l'université est dépendante du résultat d'une épreuve linguistique de contrôle).

Pour teminer cette visite de La Valette, trois œuvres très différentes photographiées au Musée des Beaux Arts. Reconstruit entre 1761 et 1763 sur l'emplacement d'une des premières résidences édifiées par les Chevaliers, ce qui est l'actuel Palais des Beaux Arts était une prestigieuse résidence qui vit se succéder, tout au long de son histoire, des personnages illustres : le Bailli de Suffren à partir de 1785, le frère de Louis-Philippe en 1808, Lord Mountbatten, dernier occupant jusqu'en 1961. Transformé en musée en 1974, ce palais retrace l'histoire artistique de Malte sous les Chevaliers de l'Ordre et abritent de nombreuses toiles du Tintoret, du Caravage, de Preti, de Cassarino, etc., ainsi que des œuvres du sculpteur maltais Antonio Sciortino. Ci-dessous, de gauche à droite : "Christ soutenant la croix" de Guido Reni (1575-1642) - "Buste de femme" en marbre blanc de Antonio Sciortino (1881-1947) - "Crucifixion", panneau de bois de l'Ecole Florentine de la fin du XIVe siècle.

Archéologie maltaise : à suivre…


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Françoise Massard - 22.10.2016

© Françoise Massard
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