Le QUEEN MARY à Long Beach (juin 2008)
Françoise Massard

Des boiseries mordorées partout, des couleurs assez sombres, compensées par une débauche de lumières, rendent l'atmosphère assez curieuse... et les photos ratées !


Une cinquantaine d'essences de bois différentes furent utilisées pour la décoration intérieure.


Beaucoup de pièces sont vides et il est donc difficile d'imaginer la vie, le confort, le luxe, qui pouvaient régner à bord de ce navire amiral de la Cunard, au moment de son lancement. Des ascenseurs desservaient les dix ponts, les cabines étaient insonorisées (avec des standards... toutefois inférieurs à ceux d'aujourd'hui ! ), le chauffage était centralisé. Le QM possédait déja salle de sport, piscine, bibliothèque, cinéma, boutiques, lieux de cultes, etc.


Ci-dessous, l'ancienne salle à manger des premières classes. Les 2 139 passagers étaient répartis en trois classes (776 passagers en première classe dite "classe cabine", 784 en classe touriste et 579 en troisième classe), sans contacts entre elles pratiquement.


Ce sont sans doute les coursives desservant les cabines et les cabines elles-mêmes qui sont restées le plus authentiques... même si le réfrigérateur et la télévision ne sont certainement pas d'origine ! Ma cabine (photos ci-dessous), correspondant sans doute à une classe touriste de l'époque, comprenait outre la chambre, un coin salon (avec hublot) et une salle de bain desservie par un dégagement avec lavabo.


Boiseries omniprésentes donnant un confort un peu triste et déco années 30 assez kitch


Les appareils sanitaires, quoiqu'en parfait état de fonctionnement, signent leur âge


L'électricité, la ventilation et la climatisation aussi ! On l'a déjà vu, la faiblesse de ce paquebot était son roulis; mais tout avait été prévu, d'origine, pour saisir tant dans la chambre que dans la salle de bains. Des stabilisateurs anti-roulis avaient toutefois été installés en 1958.


 

Retour sur quelques faits marquants de la vie de ce paquebot

Comme beaucoup d'autres paquebots pendant la Seconde Guerre mondiale, le QUEEN MARY fut réquisitionné, et ce dès mars 1940. Repeint en "tenue de camouflage" et ses cabines transformées en dortoirs, il fit de nombreux transports de troupes entre l'Europe, l'Australie, l'Inde et Singapour. Une fois les Etats-Unis entrés en guerre, il rallia New York et, après de nouvelles transformations pour augmenter encore sa capacité (pour atteindre 12 000 à 15 000 personnes), il fit une série de traversées entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à partir d'aoùt 1942.

C'est au cours d'une de ces traversées que, malheureusement, il éperonna le CURACOA, un des navires de l'escorte qui l'accompagnait. Sa vitesse était élevée (c'était un atout bien sûr face à l'ennemi), les navires zigzagaient volontairement pour échapper aux U-boots, et le choc fut terrible, l'escorteur coula, entraînant dans la mort les trois-quarts des 430 marins à son bord. Le QM reçut l'ordre de continuer sa route et ce sont les autres navires de l'escorte qui récupérèrent la centaine de rescapés de ce tragique naufrage du 27 septembre 1942.

A partir de mai 1945, il rappatria chez eux les soldats américains, les Etats-Unis se trouvant confrontés à la Guerre du Pacifique. Puis entre janvier et mai 1946, il ramena femmes et enfants de soldats canadiens et américains.

Pendant toutes ces années de guerre, il avait transporté quelque 800 000 personnes.

Il fut rendu à la Cunard en septembre 1946 et, après remise en état, reprit ses traversées transatlantiques à partir de juillet 1947. Mais la grande époque des liners touchait à sa fin, l'aviation se développant rapidement. Il fut donc assez vite transformé partiellement en navire de croisière, seule activité qu'il garda à partir de 1965.

Il appareilla le 16 septembre 1967 pour sa dernière traversée transatlantique. Nous connaissons la suite...

 

C'est un peu triste de voir ce navire à quai (gérant : Queen Mary Hotel), mais cet emploi comme "hötel à quai" a au moins l'avantage de le voir à peu près entretenu. Et il a maintenant un digne successeur... le QUEEN MARY 2.

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© Françoise Massard
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